ACTE TROISIÈME
SPÉIIANZA, qui a ouvert doucement la porte.
L'Espérance I
KÉGIXn, qui l'a dévisagée quelques secondes, la recotinaissaot avec ctonneraent.
Mais... c'est la Bohémienne.^ Eh ouil c'est Spéranza!... Quel étrange hasard sur nos pas vous poussa?
s P É R A >" Z A . avec un peu d'embarras.
Je ne sais... malgré moi j'ai suivi votre piste... J'eatendais qu'on plaignait un petit Français triste. Et comme on suit au sang de grands oiseaux blessés^ Je vous suivais aux pleurs que vous aviez versés.
RÉGINE, trislement.
Vous deviez être, vous, l'oiseau de bon augure...
SPÉRAXZA.
Je n'ai pas terminé ma mission obscure...
RÉGINE
Vous m'avez prédit du bonheur pour mes bons soins. Nous sommes quittes...
Non... Et je vous ai rejoints Pour payer le tribut de ma reconnaissance...
RÉf;iNE, doucouient.
Je crois en votre cœur plus qu'en votre puissance.
l38 LA FLEUR MERVEILLEUSE.
SPÉllAlSZA, tandis que Régine l'écoute curieusement.
Vous connaissez mon cœur, mais pas mon art eiicor.
L'occasion manquait de les mettre d'accord,
Mais voici le moment... Dans votre ombre tapie.
Depuis six jours ici partout je vous épie,
Et, sans beaucoup d'elTorts, j'ai vite, à votre insu.
Deviné le projet que vous avez conçu :
Vous mettez votre espoir en l'efTct salutaire
D'un renouveau d'amour, et si, dans un parterre,
En choisissant des fleurs on vous voit tressaillir.
C'est que c'est son bonheur que vous croyez cueillir'.
RÉGINE, étonnée.
C'est vrai!...
I )ouloureusemen l .
Mais mon projet sinistrement avorte :
11 fallait la plus belle fleur!...
SPÉI\A>'ZA, simplement.
Je vous l'apporte.
RÉGINE, troublée.
Ma raison est à bout... prenez garde!...
SPÉRANZA.
Écoutez.
Parmi les talismans dans ce sac emportés, Et que les miens, au cours de leurs lointains exodes, Ont dérobés jadis aux temples, aux pagodes, — Scarabée, amulette, et certain bloc de fer Que l'on prétend tombé de Mars ou Jupiter —