ACTE TROISIÈME. I.Sg
Se trouvait, tel un fruit que l'on sécha dans l'atre,
Un oignon de tulipe, un vieux caïeu noirâtre...
Quelqu'un l'avait volé dans l'Inde, tout là-bas,
Où des gens font des tours que l'on ne comprend pas,
Font surgir tout à coup, par exemple, une plante
Dont on sait que la pousse est progressive et lenle...
La légende voulait que cet oignon volé
Eut été par un vieux fakir ensorcelé...
Ayant compris ce que vous cherchiez, cette histoire,
Madame, m'est soudain venue à la mémoire...
Ce prodige, des gens de foi l'ont raconté I
Si j'essayais.^...
RÉGIXE.
Eh bien.^...
SPÉRAXZA.
Eh bien, je l'ai planté...
Et pendant cinq longs jours, haletante, anxieuse, J'ai regardé pousser et fleurir, merveilleuse. Obéissant encore au vieil ensorceleur Après cent ans passés, la plus superbe fleur!
RÉGINE , tout émue.
Avez- VOUS vos esprits.^
SPERANZA, très émue elle aussi, mais s'efforçant de dissimuler son Irouhlo.
.A vous ma bienfaitrice Je donne cette ileur afin qu'd se guérisse. Je veux qu'il soit heureux...
REGIKE, à part, remarquaat l'érnotion de la liohémienne.
Quelle étrange chaleur...
Et quel soupçon me vient...
A Spéranza.
Mais OÙ clone est la fleui?
SPÉRAÎSZA, montrant la fenêtre.
Je l'ai posée ici, dehors, sur la fenêtre,
Comptant que les passants qui doivent s'y connaître
Nous renseigneront mieux sur sa juste valeur...
REGINE, courant à la fenêtre dont elle écarte les rideaux.
Oui, c'est vrai... je la vois!...
SPERANZA, apercevant le groupe de curieux qui, dehors, admirent la
tulipe.
Autour de notre fleur Ils s'arrêtent en foule...
REGINE, anxieuse.
Oui! oui!... prêtons l'oreille..
Laissant éclater sa joie.
Ils disent que jamais ils n'ont vu la pareille! Ma chance de salut on va me la voler!
Elle ouvre vivement la fenêtre et saisit le pot de tulipe.
Bonnes gens! vous viendrez chez moi la contempler!
Murmure approbatif des curieux ; Uégine referme la fenêtre ; en allan