DESCRIPTION DES ESPÈCES
PORCANÉRCES
Famille des Renonculacées
S cb
C sont les brillants boutons d’or qui ont été pris comme types pour cette famille nombreuse et bien montagnarde. Elle renferme des plantes généralement vivaces, quelquefois grimpantes ou en forme d’arbrisseaux ; les feuilles y sont alternes (opposées chez les clématites), les fleurs régulières (anémones) ou irrégulières (aconits), ne possédant souvent pas de corolle et de calice distincts mais flanquées d’un involucre ou collerette à mi-hauteur sur Ja tige; étamines nombreuses; ovaires en plus ou moins grand nombre ; le fruit est un akène, rarement une
baie ( Actaea).
ÂAtragene alpina Fr. : Clematite des Alpes ou Atragène ; all. : Alpenrebe ; angl. : Alpine
clematis.
C’est une plante grimpante, à l'aspect de clématite, aux feuilles formées de 7-8 folioles irrégulièrement divisées, aux fleurs grandes, solitaires, à 4 sépales d’un lilas-violet qui ont l'aspect de pétales tandis que ceux-ci sont très petits et forment une couronne serrée à Ja base de Ja fleur où ils constituent des nectaires contenant du miel pour les insectes, auxiliaires de leur fécondation ; graines munies d'une Jongue aigrette plumeuse et blanchître. Mai-juin.
Croît entre les buissons de Ja région alpine (400- 1000 m); plante rare chez nous. Grisons, Fribourg (Salève, hors frontière).
Se cultive aisément à demi-ombre et grimpe jusqu'à 3 m. On en possède des variétés à fleur blanc pur, rouge et rose.
Thalictrum
Fr. : Pigamon,; all. : Wiesenkraute ; angl. : Meadowrue.
Ce groupe de plantes se distingue par ses étamines nombreuses et saillantes qui sont Ja décoration de Ja fleur les pétales étant extrêmement caducs.
T. aquilegifolium (fig. 1). Plante robuste et élevée, à feuilles rappelant en plus fin celles des Ancolies, aux fleurs petites, très nombreuses, disposées en large panicule, avec de nombreuses étamines lilas ou blanches formant comme un nuage au-dessus de la plante. Avril-mai. Lieux frais des montagnes.
Les autres espèces sont: 7. alpinum, petite plante à tige non divisée ne dépassant pas 10 cm., nue, à feuilles de capillaire, à petites fleurs jaunâtres, peu nombreuses, penchées et disposées en grappes non divisées; T. fœtidum, au feuillage visqueux et à forte odeur désagréable, aux petites fleurs d’un vert rougeûtre, en panicules terminales ; 7. saxatile, qui diffère du précédent par son feuil- Jage glabre et non odorant, à nervure saillante en dessous ; enfin les 7. majus et minus, qui diffèrent de la dernière espèce en ce que les segments des feuilles du premier sont grands et minces et ceux du second beaucoup plus petits.
Le Th. aquilegifolium est répandu dans les jardins où on le cultive dans les lieux frais et demi-ombragés, dans un sol léger, où il réussit à merveille et constitue une belle décoration pour les rocailles, les plates-bandes et les sous-bois. On a préconisé l'emploi de certains Thalictrum dans la pharmaceutique contre la jaunisse et les fièvres intermittentes. On se sert aussi de Jeurs racines pour teindre en jaune.
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Anémone Fr.: Anemone; all. : Windrôschen ; angl. : Windflower.
Genre bien distinct par sa fleur régulière dont l’enve- Joppe est un périgone coloré, composé d'au moins six sépales colorés et dépourvu de pétales; les fleurs sont solitaires ou réunies en ombelle; les graines sont des carpelles en tête globuleuse, terminés par une courte pointe ou par une arête plumeuse, ou bien encore entourés d’une enveloppe Jaineuse.
À. alpina (fig. 2). Tige velue, soyeuse, s’allongeant après la floraison jusqu’à près de 50 cm quelquefois, portant à mi-hauteur une coilerette de feuilles assez semblables à celles de Ja base ; fleur grande, blanc pur à l'intérieur, bleuâtre en dehors. Mai-juin. Pâturages et éboulis des Alpes calcaires et du Jura.
Quand la plante croît sur les sols non calcaires, sa fleur prend Ja teinte jaune clair, sa feuille devient moins foliacée et sa tige plus luisante et plus brune. Elle se nomme alors /. sulfurea (fig. 3).
Ces deux espèces, très répandues dans toute Ja chaîne alpine, sont l’un de ses plus brillants ornements. Malheureusement Jeur culture en plaine est plutôt difficile. 1] faut les élever de semis — ce que nous faisons au jardin de Floraire et ce qui nous réussit bien — et les replanter, une fois qu’elles ont atteint 2 ou 3 ans, dans un sol spongieux, profond, dépourvu de calcaire pour sulfurea, au demi-soleil. Si l’on achète des plantes il faut insister pour obtenir des pieds élevés par graines, car Ja transplantation des pieds adultes donne rarement de bons résultats.
A. Pulsatilla. Belle fleur en coupe dressée, de couleur violet foncé avec gerbe d’étamines d’or au centre et un
duvet velu-soyeux en dehors; collerette très velue à mi-hauteur de la tige. Elle fleurit aux environs de Pâques et orne admirablem nt les côteaux montagneux au pied du Jura Vaudois, de Romainmôtiers à Lassaraz, les pentes du Chaumont sur Neuchâtel, où la plante est devenue rare, et va jusque dans le Jura bâlois. Sa congénère, À. montana, du Valais, en diffère par sa fleur lus petite, penchée, d’un violet très foncé, par ses feuilles plus finement divisées et de teinte grisâtre et par le fait que, fleurissant en mars-avril, elle refleurit très souvent à l'automne. Toutes deux sont vénéneuses et utilisées en médecine contre les affections de Ja peau, Ja syphilis, les paralysies et les maladies d’yeux ; l’homéopathie en fait grand usage.
Culture facile; grand soleil; sol profond et pas trop Jourd. Nous cultivons, à Floraire, une belle forme à fleur blanc très pur de |. Pulsatilla.
L’/. Halleri se distingue des deux précédentes par ses feuilles palmées (pennées chez les À. Pulsatilla et monfana), velues-soyeuses, ses fleurs très grandes, d’un beau violet rougeâtre, très velues en dehors. Elle croît dans les pâturages secs et pierreux des Alpes du Valais entre 1500 et 2300 mètres.
A. vernalis (fig. 4). Tige courte; feuilles de la base palmées, velues; collerette velue rapprochée de la fleur qui est grande et dressée et dont Îles divisions sont pourvues à l'extérieur de nombreux poils colorés. C’est June des premières fleurs qui apparaissent après Ja fonte des neiges en mai-juin, sur les pâturages rocheux des Alpes non calcaires, entre 15300 et 2000 mètres d'altitude.
Culture facile dans un sol léger (terreau de feuilles, sable granitique et terre franche) ; situation bien éclairée et sèche.
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À. narcissiflora (fig. 5). Très distincte de toutes nos anémones, cette belle plante, qui se rapproche des espèces himalayennes et nord-américaines, a les fleurs en ombelles, Jes graines glabres, aplaties et lisses, dépourvues d’arêtes plumeuses et fleurit en juin-juillet dans les pâturages des Alpes calcaires et du Jura entre 1000 et 2500 mètres.
Dans nos jardins, il Jui faut un sol poreux, riche en humus végétal, calcaire, et une position au demi-soleil.
A. baldensis. C’est une petite plante à souche trainante et stolonifère, à la tige grêle et velue, portant des feuilles profondément incisées et une fleur solitaire, dressée, à 8-10 divisions blanc pur en dedans, rose tendre à l'extérieur; fruit Jaineux formant un capitule ovoïde. Juillet-Août. Pâturages humides et rocailleux des Alpes entre 1800 et 2500 mètres.
On Ja réussit dans une niche bien draînée du jardin alpin, au soleil avec un mélange de cailloux, de terreau de feuilles et de terre franche.
À. Hepatica (Hepatica triloba) Fr. : Hépatique ou fille avant la mère ; all. : Leberblume ; angl. : Hepatica.
Petite plante des taillis, à feuilles persistantes, épaisses, coriaces, trilobées, rougeâtres en dessous; fleurs bleues, blanches ou roses avec un involucre assez rapproché
our simuler un calice.
Fleurit de mars en mai suivant les altitudes et hante les régions montagneuses de toute Ja Suisse, surtout dans les contrées calcaires. |
Cultivée depuis trois siècles dans les jardins, elle y constitue l’une des plus précieuses décorations vernales, d'excellents sous-bois, des bordures de massifs d’arbres et même de plates-bandes, car elle supporte le plein soleil bien que préférant l’ombre ou la demi-ombre. On en possède des variétés à fleurs pleines dans les trois couleurs.
Ranunculus
Fr. : Renoncule; all. : Hahnenfuss; angl. : Buttercup.
Fleurs solitaires, jaunes, blanches ou roses, à cinq sépales et cinq pétales ou plus; carpelles terminés par une pointe ou un bec court.
KR. alpestris. (fig. 6). Plante glabre à feuilles luisantes, découpées et nervées; fleurs d’un blanc très pur, à pétales un peu échancrés, à étamines jaunes. Fleurit en juinjuillet dans les lieux rocheux des Alpes calcaires et du Jura entre 1200 et 2000 mètres. Cultivée dans la niche fraîche d’un rocher calcaire, elle fleurit assez bien.
K. parnassifolius est une plante basse, à tiges couchées et épaisses, aux feuilles en forme de cœur, épaisses, Jaineuses sur les bords et portées sur de longs pétioles ; fleurs grandes, d’un blanc éclatant, disposées par 2-3 à la partie supérieure des tiges. Fleurit en juin-juillet dans les éboulis pierreux des Alpes calcaires entre 2000 et 2500 mètres. 1] faut, pour la réussir, lui donner un sol un peu Jourd et le plein soleil.
K. pyrenaeus (fig. 7). Tige dressée; feuilles étroites, Jancéolées, glabres et d’un vert bleuâtre, entières, dressées ; fleurs blanches, à pétales caducs, disposées par 1-3 au sommet des tiges. Juin-juillet. Pâturages des Alpes entre 1000 et 1800 mètres. Culture : sol ferme et profond ; mi-soleil ; ne réussit jamais complètement.
R. rufaefolius. Plante naine, à feuilles étalées sur le sol, d’un vert bleuâtre, très divisées et rappelant un peu celles de Ja Rue ; fleurs blanches, petites, à divisions nombreuses et caduques, portées sur de longues tiges grêles. Fleurit en juillet-août, dans les lieux frais des Alpes, surtout granitiques, entre 1900 et 2500 m. Culture de
R. alpestris.
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R. glacialis (fig. 8.) Voici l’une des plantes les plus aimées du grimpeur, car il sait que lorsqu'il Ja trouve c’est Je col qui est bientôt Jà, le col ou l’arête ou la région élevée. Ses feuilles sont épaisses, luisantes et profondément divisées; sa tige est charnue, flexueuse, d’un rouge brun, couchée sur le sol et portant de 1 à 5 fleurs à calice brun et velu, à corolle d’un blanc rose, quelquefois rose vif et passant au rouge cuivre après Ja fécondation ; cette corolle persiste jusqu'à la maturité des graines. Fleurit en juillet-août dans les lieux frais et pierreux des régions nivales où elle a été observée jusqu'à 4000 m. d'altitude.
Elle est utilisée par nos montagnards comme sudorifique et vésicante. Sa culture est difficile. Nous la réussissons à Floraire dans un lieu frais, caillouteux et à demiombre, mais sa floraison est loin d’avoir l'éclat que nous Jui connaissons dans la montagne. En Angleterre, on Ja réussit mieux et je J'ai vue en bel état de floraison dans un jardin des environs de Londres.
KR. aconitifolius (fig. 9.) C’est une plante forte et élevée, atteignant parfois un mètre de hauteur et formant une large panicule de fleurs blanches. Juin-août, dans les pâturages frais, les lieux humides et demiombragés des montagnes de toute la Suisse, entre 500 et 2000 M.
Le À. platanifolius lui est voisin et en diffère par ses pédoncules plus grêles et presque glabres, ses feuilles plus amples, moins profondément divisées, aux segments plus étroits et plus lancéolés. Croît dans les mêmes conditions que sa congénère, mais recherche les situations plus sèches et ne descend pas aussi bas.
Toutes deux sont de culture facile et constituent un bel ornement des jardins alpins, des parcs et des scènes rustiques. 1] Jeur faut une position fraîche et légèrement ombragée.
R. Thora. Plante curieuse par sa racine fusiforme assez semblable à un minuscule tubercule de dahlia, sa tige grêle, ferme et glabre, portant à mi-hauteur une ou plusieurs feuilles sessiles, l’inférieure ample et orbiculaire, coriace, veinée, sciée sur les bords, plus large que Jongue ; fleur petite, d’un jaune vif, généralement solitaire. Juin-juillet. Régions montagneuses des Alpes calcaires et du Jura entre 1000 et 2000 m.
De ses racines gonflées de sève les anciens guerriers tiraient un poison violent dont ils fourbissaient et imprégnaient les pointes de leurs flèches qui devenaient ainsi très vénéneuses.
R. montanus et À. Villarsi sont de petites espèces à fleurs jaune vif; la première a des tiges de 5-15 cm., des feuilles glabres à cinq divisions et des fleurs disposées par 1-3 à l'extrémité des rameaux, tandis que la seconde offre une tige plus élevée, plus divisée, multiflore et des carpelles dont le bec se recourbe en forme de hache. Pâturages frais et boisés des Alpes et du Jura entre 1000 et 2000 M.
Ces trois dernières espèces se cultivent facilement dans un sol sain au soleil. €
Trollius europaeus (fig. 10.)
Fr, : Trolle ou Boule d'or ; all. : Trollblume ou Rollen ; angl. : Globeflower.
C’est une plante bien connue de tous les coureurs de montagnes; elle hante les prés frais et humides de toute Ja Suisse dès qu’on est dans la zone montagneuse et jusqu’à l'altitude de 2000 m. Sa fleur a l’aspect d’un globe jaune qui ne s'ouvre jamais et répand un délicat parfum ; elle est formée d’un certain nombre de sépales colorés qui donnent au calice l'aspect d’une corolle alors que les pétales sont de petits organes tubuleux, cachés à Ja base
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des étamines où ils constituent autant de poches renfermant le nectar qui doit attirer les insectes, auxiliaires de Ja fécondation.
Le Trolle se trouve, sous des formes et des teintes différentes, répandu dans tout l’hémisphère boréal. Sous des noms divers et des aspects assez semblables ; on le rencontre sur le Caucase, l'Atlas, l'Himalaya, en Sibérie, au Japon, en Chine, en Amérique. À Floraire, où nous cultivons une dizaine de types provenant des diverses montagnes du globe, ils se sont si bien hybridés et modifiés que nous ne pouvons plus les identifier aux espèces décrites, ce qui nous pousse à croire que c'est une seule et même espèce — quelques types américains exceptés — qui a été modifiée par des influences locales.
Dans nos montagnes suisses, la racine du Trolle a été Jongtemps utilisée comme purgatif. Le révérend Friend, dans son beau travail sur la mythologie des fleurs! affirme que le nom Trollius nous vient des Scandinaves dont le dieu Troll était un mauvais esprit. Etant donnés les principes légèrement vénéneux de cette plante, il pense que les vieux Suédois l’ont appelé Fleur du diable. Cette belle plante réussit bien dans nos jardins où elle recherche les positions plutôt fraîches et mi-ombragées et les sols poreux.
Caltha palustris Fr. : Populage; all. : Dotterblume ; angl, : Marsh Marigold. C’est ce grand bouton d’or aux larges fleurs étalées, d’un jaune orangé vif, aux tiges creuses, aux larges feuilles d’un vert gai, qui croît aux bords des eaux dans les régions montagneuses et qui descend quelquefois jusque dans
nos plaines. J] fleurit au premier printemps et constitue June des plus riches décorations vernales des paysages
1 Flowers and flowerlove, Rev. Hilderic Friend, vol. 1, p. nue
montagneux. Dans les jardins, où l’on cultive surtout sa variété à fleurs pleines, il produit un effet brillant.
Aquilegia Fr. : Ancolie; all. : Akelei; angl. : Columbine. Genre très bien caractérisé par ses fleurs régulières, à 10 divisions dont 5 sépales colorés ovales ‘Jancéolés
et cinq pétales en cornet et prolongés en éperons qui contiennent le nectar.
A. alpina (fig. 11.) C’est la plus délicate et la plus gracieuse des fleurs de nos Alpes, avec ses feuilles minces, légèrement découpées en gracieuses folioles, avec ses fleurs très grandes, penchées, d’un bleu superbe chez les sépales, azur clair chez les pétales, le tout encadrant une gerbe d’étamines d’or. Elle fleurit en juillet. Croît sur les pentes ombragées des Alpes entre 1200 et 2000 m.
Au flanc des verts ravins j'aime à voir l’Ancolie À Ja robe d’azur cachant un anneau d’or,
Vivre comme perdue en sa mélancolie, Poursuivant loin des bruits son eternel essor.
De sa fleur qui se penche humblement vers la terre On ne voit que du bleu, le bleu fonce des cieux, Mais du fond du calice où se cache un mystère ” S’echappe un rayon d’or mille fois gracieux.
La culture de cette plante superbe n'est point aisée. J] Jui faut un sol pierreux, bien draîné et une exposition fraîche et demi-ombragée. En Angleterre, je l'ai vue très belle à Warley et ailleurs, même dans le Surrey. Au Jardin botanique alpin de la Linnaea, à Bourg-Saint- Pierre, elle fait merveille et prend un développement considérable, produisant jusqu’à30 fleurs sur un même pied.
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A. vulgaris. C’est le type des plaines et des régions montagneuses; sa fleur est plus petite, sa tige atteint 60 cm.et même davantage et se divise fortement, produisant parfois de grandes panicules de fleur bleu foncé avec étamines jaune d’or au centre. Sa variété atrata a les fleurs brun foncé.
L’/Æ. vulgaris est très polymorphe et, dans les jardins, s’hybride facilement avec les ancolies de l’ancien monde, jamais avec celles à longs éperons de l’Amérique du Nord. On obtient, par ces croisements, une foule de formes, de teintes et de types divers qui, dans un jardin artistiquement construit, font l'effet le plus admirable. A Floraire, où nous cherchons à harmoniser les formes et les couleurs, à les faire valoir en les plaçant dans un cadre qui leur convient et fasse ressortir leurs charmes, nous avons vu des amateurs du beau se pâmer d’aise en face des simples tableaux formés par la belle nature dans notre jardin alpin. Et, comme les Ancolies se reproduisent spontanément, sans le secours du jardinier, on arrive vite, dans les taillis et les lieux frais des jardins, à obtenir des tableaux merveilleux et des effets considérables qui font pâlir de jalousie les grosses masses rouges, ou jaunes, ou roses des corbeilles antiesthétiques dont nous saturent les jardiniers modernes.
L'Ancolie joue un rôle important dans Ja mythologie des fleurs. Elle fut autrefois J’emblème de l'amour malheureux et Shakespeare Ja mentionne dans Hamlet. Le fameux dessinateur anglais Walther Crane, dans ses Masque of flowers (Flora’s feast), représente J’ancolie formant de ses feuilles élégantes un chariot qui porte Vénus ornée de fleurs de cette plante et traînée par deux groupes de cinq colombes chacun (le nom anglais de l’ancolie étant Columbine) : « Fair Columbines that drew the car of Venus from her distant star. »
Actaea spicata
Fr. : Acteée ou Herbe à St-Christophe ; all. : Christophskraut ; angl. Baneberry ou Herb Christopher.
Cette plante offre cette particularité que, seule des Renonculacées européennes, son fruit se présente sous forme de baie. C’est une plante robuste, pouvant atteindre 60-80 cm., à tige dure et divisée, à feuilles amples et rappelant celles de Ja Reine des bois ou Spirée, à fleurs petites, blanchâtres et insignifiantes, disposées en grappes et auxquelles succèdent de beaux épis de baies d’un noir luisant. Elle croît dans les lieux ombragés et frais des montagnes.
Sa racine est vénéneuse et purgative et remplace parfois en pharmaceutique celle de l’Éllébore noir. On Ja cultive dans les lieux frais et ombragés des rocailles et jardins.
Delphinium
Fr. : Dauphinelle ou Pied d’Alouette ; all. : Rittersporn ; | angl. : Larkspur.
Le caractère du genre est d’avoir un calice irrégulier, à 5 sépales pétaloïdes, caducs, inégaux, le supérieur prolongé en éperon; 4 pétales dont les deux supérieurs sont prolongés en appendices enserrés dans J’éperon du calice comme un couteau dans sa gaine.
La seule espèce de nos Alpes est une grande plante vivace herbacée, aux tiges dépassant 1 m. de haut, portant des feuilles velues, pubescentes et se terminant par un Jong épi de fleurs bleu foncé. Juillet-septembre. Croît dans les pâturages pierreux et frais des Alpes calcaires.
Culture facile; mi-ombre.
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Aconitum Fr.: Aconit, Char de Vénus; all. : Eisenhut ; angl. : Monkshood.
Fleur à calice irrégulier, à cinq sépales pétaloïdes, le supérieur dressé et recourbé en forme de casque phrygien recouvrant la corolle; pétales très irréguliers, au nombre de 2 à 5, les deux supérieurs simulant deux tritons attelés à un char et qui sont des nectaires pleins de miel.
7. napellus (fig. 12.) Tige simple, dressée, quelquefois ramifiée à son sommet; feuilles glabres, vert foncé, palmées ; fleur d’un bleu d’indigo violacé en grappes serrées, longues et droites. Fleurit de juillet en octobre dans les pâturages rocheux et buissonneux des Alpes et du Jura.
A. paniculatum en diffère par ses tiges amplement ramifiées, ses feuilles profondément dentelées, ses fleurs à casque en demi-lune, en grappes courtes et formant une Jarge panicule. Août-septembre, dans les lieux rocheux et ombragés des Alpes entre 1200 et 2000 m.
A. Lycoctonum (fig. 13) est une plante haute et forte, aux rameaux étalés, aux feuilles palmées, divisées en 5-7 lobes, aux fleurs jaune d’ocre, avec le casque allongé et légèrement resserré à son milieu et disposées en grappes terminales. Fleurit en juillet-août dans les bois de Ja région montagneuse.
71. anthora, en diffère par sa tige moins élevée, plus droite et plus roide, garnie de feuilles divisées en minces Janières, par ses fleurs plus grandes, d’un jaune verdâtre, en grappe serrée ou en plusieurs grappes courtes formant une panicule compacte. Août-octobre. Pâturages pierreux du Jura méridional (900-1400 m.)
Culture : tous les Aconits réussissent dans un sol frais et à mi-ombre ou à l’ombre ; l’anthora seul exige le soleil.
Usages : Les Aconits et plus spécialement le Napellus sont très vénéneux et redoutables pour le bétail qui, d’aill urs ne s’y attaque pas à l’état frais tandis qu’il en mange impunément à J'état sec. Les racines — qui affectent généralement la forme d’un navet ou d’un fuseau — sont gorgées de sucs qui contiennent l’aconitine, substance vénéneuse très utilisée en médecine et plus spécialement en homéopathie.
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FAMILLE DES PAPAVÉRACÉES 271
e P 72 Famille des Papavéracées SE
Plantes annuelles ou vivaces, à suc lJaiteux; feuilles alternes, généralement découpées ou lobées ; fleurs régu- Jières, terminales ; calice à 2 (rarement 3) sépales concaves et caducs; corolles à 4 (rarement 8-12) pétales plans, caducs, à préfoliation chiffonnée ; étamines innombrables ; Je fruit est une capsule ovoïde couronnée par les stigmates ou bien une silique assez semblable à celles des Crucifères.
Papaver alpinum (fig. 14.) Fr.: Pavot des Alpes; all. : Alpenmohn; angl. : Alpine Poppy.
Délicate et charmante petite plante saxatile, formant des touffes plus ou moins serrées de rameaux courts, garnis dans le haut de feuilles d’un vert bleuâtre, plus ou moins finement divisées et incisées et portant de nombreuses tiges grêles, penchées, hautes de 4-15 cm. et portant une grande fleur à 4 pétales ondulés, d’un blanc de neige aux reflets soyeux et répandant un parfum délicat.
1 Une espece tres voisine qui nous vient de la Sibérie et des régions boréales arctiques, le Papaver nudicaule, s'est vulgarisee dans les environs immediats des jardins botaniques alpins de la Linnaea à Bourg-Saint- Pierre et de Ja Rambertia aux Rochers de Naye. Leurs graines nous avaient ete, soit rapportées. de l'Asie centrale par le voyageur Bonvalot, soit expédiées du Nord par des amis de ces deux jardins et les fleurs se sont hybridées avec le Pap. alpinum et ont donné naissance à une infinité de couleurs et de teintes merveilleuses. Nous les avons introduites dans l'horticulture par le moyen de notre jardin d’acclimatation de Floraire et elles se sont, depuis quelques annees, répandues dans les jardins.
La fleur est jaune pâle sur Îles terrains granitiques. Mai-septembre. Pierriers et fentes des rochers dans les Alpes, entre 1200 et 2000 m. Plante plutôt rare.
Culture : c’est l’une des plus délicieuses fleurs alpines pour la décoration des rocailles et des pentes graveleuses dans les jardins où elle recherche un sol pauvre, caillouteux, frais et une exposition au soleil. Elle varie beaucoup dans la forme des fleurs et l’on en possède des variétés à fleur rose tendre, jaune pâle, orangé vif, rouge vermillon, rouge brique, blanc pur avec toutes les nuances intermédiaires.
Petit pavot des monts qui fleuris sur la pente Au sein des blocs épars,
Bravant les froids autans, la neige, la tourmente Et les sombres brouillards,
J'aime à voir, au matin, briller fraîche et joyeuse Ta fleur d'or et d'argent, :
À la voir frissonner sur l’arête neigeuse Et sous les coups du vent.
Est-il vrai que ta coupe, au fond de son calice, Cache un secret venin,
Que ton parfum produit une ivresse factice, Mauvaise au genre humain?
Est-il vrai que ta fleur, perfide enchanteresse, Contient dans son encens
Un narcotique obscur qui sait, avec adresse, Engourdir tous nos sens ?
Quoi? Ton cœur cacherait un malfaisant génie Couvert par tes appas ?
Allons! je ne veux pas croire à Ja calomnie : Ta beauté ne ment pas.
S CB
Famille des Crucifères
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Plantes annuelles ou vivaces, à feuilles alternes, à fleurs régulières; calice à quatre sépales; corolle à quatre pétales munies d’un long onglet et disposés en croix alternativement aux sépales; six étamines dont deux courtes; style simple terminé par deux stigmates adhérents.
Cette famille, qui nous a donné les choux, les navets, le raifort, le cresson, le colza, la moutarde, etc., doit son importance à un principe sulfureux, âcre et stimulant qui Jui communique ses propriétés antiscorbutiques.
Draba
Fr. : Drave; all. : Hungerblume; angl. : Whitlowgrass.
Ce genre se distingue par ses feuilles généralement entières et simples, velues ou ciliées, ses sépales dressés, égaux, les pétales entiers, échancrés ou bifides, le fruit en silicule ovale et non plus en silique allongée et ses graines non ailées.
D. aizoides (fig. 15). Touffe naine, à feuilles étroites, fortement ciliées sur les bords, ramassées en rosettes compactes; fleurs d’un jaune vif, en grappes courtes sur une tige nue et glabre. Mars-juillet. Rochers des Alpes et du Jura, de 500 à 2000 m.
D. affinis, en diffère par sa fleur plus grande, ses fruits de 10 mm. de long (4-6 chez aizoides). Hautes-Alpes.
D. Hoppeana, à la feuille ciliée en forme d’arête de poisson, la grappe de fleurs jaunes grêle et peu fournie. Alpes granitiques, de 2200 à 2500 m.
D. tomentosa. Petite plante à feuilles cotonneuses, petites, formant une rosette serrée qui naît du centre des anciennes rosettes desséchées; fleurs blanches. Juilletaoût. Hautes-Alpes dans les fissures des rochers calcaires.
D. frigida, s’en distingue par ses fruits oblongs et glabres (ovales et ciliés chez fomentosa), par ses feuilles un peu plus petites et moins blanches. Juillet-août. Hautes- Alpes, dans les fentes des rochers granitiques.
D. pyrenaica (Petrocallis pyrenaica) (fig. 16). Petite plante formant des touffes serrées formées d’une infinité de rosettes de feuilles coriaces et luisantes, anguleuses, fortement nervées et terminées au sommet par 3 dents bien accentuées; l’ensemble offre l'aspect d’une pelote de verdure compacte et pressée; fleurs lilas, par petits bouquets à tige courte et souvent nulle. Juillet-août. Alpes calcaires, dans les éboulis et les fissures de rochers (2000 à 2500 m.).
Les Draves sont de jolies petites plantes vivant dans les rochers, au port nain et compacte, de vraies plantes niva- Jes ; les espèces à fleurs jaunes sont particulièrement recommandables et animent les rochers: toutes sont de culture facile. Le D. pyrenaica est extrêmement gracieux ; il exige une pente ensoleillée dans le calcaire.
Kernera saxatilis
(Cochlearia saxatilis). Petite touffe saxatile aux feuilles ovales allongées, velues, entières ou dentées et réunies en grosses rosettes ; tige grêle, divisée dans sa partie supérieure et portant un nombre plus ou moins grand de petites fleurs blanc pur, disposées en panicules. Juin-août. Fissures des rochers calcaires.
Se cultive dans les fentes des rochers et des vieux murs.
Vesicaria utriculata
Fr. : Vésicaire.
Plante saxatile, formant comme un petit arbrisseau aux rameaux courts et terminés par des touffes de feuilles oblongues, s’atténuant en Jongs pétioles, recouverts de poils couchés et formant de larges rosettes; fleurs grandes, d’un jaune pâle, en grappe dressée et auxquelles succèdent des fruits gros et globuleux. Mai-juin. Fentes des rochers calcaires du Bas-Valais.
Culture : Dans les fentes des murs ou des rochers calcaires, au plein soleil.
Érysimum ochroleucum (fig. 17) Fr. : Velar; all. : Hederich; angl. : Hedge mustard.
C’est une sorte de petit quarantain touffu et gazonnant, aux rameaux relevés, longs de 10-30 cm., tantôt terminés par un bouquet de feuilles vertes, poilues, oblongues, étroites, tantôt par une tige portant un bouquet de fleurs d'un beau jaune pâle, très odorantes. Mai-juin. Croît exclusivement dans les éboulis rocheux du Jura, du Chassera] à la Dôle. Les EË. pumilum et bhelveticum sont des formes basses différant peu d’ochroleucum et qui vivent exclusivement sur les Alpes.
Le Velar est une belle plante d'ornement qu’on cultive en rocailles ou en plates-bandes, au soleil, et dont on peut constituer des bordures dans les jardins d’ornement!.
1 L'Erysimum, au dire du D' Hermary, de Tours {Gazette Médicale du Centre) est un remede de premier ordre dans les laryngites simples et fut très employé comme tel autrefois. On a grand tort de l'oublier, car il n'y a pas de remède qui soit meilleur.
Dentaria Fr. : Dentaire; all. : Zahnkraut ; angl. : Toothwort.
Fleurs et feuilles grandes, sépales dressés, stigmate entier ou à peine échancré; gousse dure, grosse, Jancéo- Jée-linéaire, à valves planes s’ouvrant avec élasticité et se roulant de bas en haut à Ja maturité des graines.
D. digitata. Plante de 30-50 cm., à souche souterraine dentée et articulée; feuilles digitées, palmées, grandes, ayant un fort goût de cresson; fleurs grandes, violet lilas, en grappes terminales penchées. Régions montagneuses et boisées des Alpes calcaires et du Jura.
D. pinnata (fig. 18) s’en distingue par ses feuilles non pas digitées, mais pennées, (aux folioles disposées Je long du pétiole comme les barbes d’une plume), à 5-7 folioles, et ses fleurs lilas pâle ou blanchâtres. Mêmes régions.
Culture : Lieux frais, sol riche en humus et position ombragée.
Usages : On préconise leurs rhizomes très épais et écailleux contre la phtisie et le scorbut.
Hugueninia tanacetifolia
Plante de 50 cm. à 1 m., à feuilles grisâtres, profondément divisées en fines folioles incisées et dentées ; tiges dressées, rameuses dans Je haut, très feuillées ; fleurs petites, d’un beau jaune, légèrement odorantes et formant de grandes panicules. Juillet-août. Lieux frais et ombragés des vallées d’Arolla et de Bagnes, entre 1800 et 2200 m.
Cardamine resedifolia
Petite plante gazonnante, de 5-15 cm. ; feuilles de la base arrondies et oblongues, celles de Ja tige profondément
incisées, à 2 ou 3 paires de folioles linéaires obtuses; fleurs blanches, petites, en épis dressés. Juillet-septembre. Hautes-Alpes, entre 2200 et 3000 m. Le C. alpina en diffère par ses feuilles non divisées ou indistinctement trilobées. Mèmes régions.
Arabis
Fr. : Arabette; all. : Gansekresse ; angl. : Rockcress.
Fleurs blanches, roses, violettes ou bleuâtres, aux sépales dressés, égaux, à stigmate entier ou à peine échancré ; siliques (gousses) étroites linéaires et comprimées.
A. alpina (corbeille d'argent) (fig. 19). Plante touffue, aux nombreux rameaux rampants et diffus, aux feuilles grisâtres, grossièrement dentelées ; fleurs blanc pur, nombreuses, en épis allongés. Fleurit d'avril en août, dans les lieux frais et rocailleux des montagnes calcaires, entre 500 et 1500 m.
On en cultive dans les jardins une variété à fleurs pleines qui forme de grosses touffes et fait grand effet.
JA. arenosa est une plante bisannuelle, non gazonnante, à tige dressée, grêle et rameuse, aux feuilles inférieures profondément découpées, aux fleurs roses ou violacées, assez grandes. Fleurit de mai à septembre dans les lieux rocheux et frais du Jura septentrional et central.
A. bellidifolia (fig. 20). Plante touffue, à feuilles Juisantes, ovales allongées, entières ou dentées ; fleurs d’un blanc de lait, nombreuses, disposées en une grappe roide. Juin-juillet. Lieux humides des Alpes entre 1000 et 2000 M.
Se cultive dans les rocailles au frais.
A. pumila, en diffère par ses feuilles poilues, son port beaucoup plus ramassé et croît dans les Alpes, entre 2500 et 3000 m.
A. coerulea, diffère du bellidifolia par sa tige ne dépassant guère 10 cm., ses feuilles de la base terminées par 3 dents, ses fleurs petites, à pétales bleuâtres et caducs. Fleurit en juillet-août dans les pierriers des hautes Alpes, entre 2400 et 3000 m.
Matthiola valesiaca
C’est une petite giroflée à fleurs violettes, en épis dressés, qui croît sur les pentes chaudes de la route du Simplon et du Binnthal.
Hutschinsia alpina (fig. 21)
Petite plante touffue, naine et gazonnante, glabre, d’un vert foncé Juisant, à feuilles rapprochées en rosettes ou disposées le long des tiges et composées de petites folio- Jes oblongues et entières; tiges grêles, portant de petites fleurs d’un blanc pur en épis dressés et serrés. Juin-juillet.
Lieux frais et rocheux des Alp s calcaires et du Jura entre 1000 et 2700 m.
Culture : Rocaille au frais et, si possible, à demi ombre ; Je Thlaspi rotundifolium, au contraire, veut le plein soleil et Ja fent d’un mur ou d’un rocher calcaire.
Thlaspi rotundifolium (fig. 22)
Fr. : Tabouret des Alpes ; all. : Rundblättriges Taeschelkraut ; angl. : Alpine Bastardcress.
Plante rampante et gazonnante, à feuilles charnues, glabres, ovales-arrondies, réunies en rosettes :; fleurs violetrougeûtre, odorantes, en grappes serrées et aplaties au sommet. Juin-août. Pierriers calcaires des Alpes.
Biscutella Jaevigata
Fr. : Biscutelle; all, : Brillen-Kraut; angl. : Buckler mustard.
Plante à feuilles rudes, au limbe grossièrement denté et s'atténuant insensiblement en pétiole; fleurs nombreuses, petites, d’un jaune clair, en grappe étalée au sommet d’une tige grêle et cassante; fruits assez semblables à une paire de lunettes avec une pointe entre les deux moitiés. Juillet-septembre. Pâturages rocailleux des Alpes entre 1000 et 2000 m.
Culture : Sol léger et profond; demi-soleil ; rocaille ou pleine terre.
SE
Famille des Cistinées
SEP
Petits sous-arbrisseaux à feuilles généralement opposées et simples; fleurs régulières, assez semblables à de petites fleurs d’églantines; 5 sépales, dont deux extérieurs plus petits; 5 pétales caducs, tombant généralement vers le soir ; étamines en nombre indéfini.
Helianthemum
Fr. : Hélianthème ; all. : Sonnenrôschen ; angl. Rockrose.
Les caractères du genre sont ceux de Ja famille.
H. vulgare (fig. 23). Petite touffe à tiges dressées, penchées à leur sommet, garnies de feuilles ovales oblonques, vertes en dessus et grisâtres dessous et terminées par une longue grappe étroite de fleurs jaune vif auxquelles succèdent de grosses capsules renflées. Fleurit de mai en octobre sur toutes les pentes ensoleillées de nos régions montagneuses.
H. grandifiorum s'en distingue par ses fleurs très grandes et ses feuilles vertes sur les deux faces; F. alpestre (fig. 24) par ses feuilles vertes en dessous et couvertes de poils sur Ja nervure médiane et sur Île pétiole.
H. canum est une espèce bien distincte aux feuilles ovales étroites, blanchâtres et velues surtout en dessous; fleurs petites, jaunes et réunies en grappes courtes et peu fournies. Juin-août. Pentes rocheuses du Jura et du Salève (hors frontière).
FAMILLE DES CISTINÉES 281
H. Fumana. Arbuste nain et grêle aux rameaux dressés ou étalés sur le sol, garnis de feuilles alternes et fines comme de courtes aiguilles; fleurs jaunes, ne s’ouvrant qu’au soleil. et aux pétales tombant au moindre choc. Juin-septembre. Coteaux arides de la Suisse occidentale et méridionale.
Les Hélianthèmes sont d’entre les meilleures plantes de décoration pour les rochers, les pentes arides et enso- Jeillées; on en fait des bordures, des tapis de fleurs; on en garnit les murs, les rochers, le bord des massifs d'arbres, au soleil; ce sont les plus solides d’entre Îles plantes saxatiles et leur floraison se succède du mois de juin à l'hiver si l’on a soin de couper les tiges fleuries et d'empêcher les graines de mürir. On en possède de superbes variétés aux fleurs roses, rouges, carmin, vermillon, cramoisi, blanc pur, jaune pâle, et aussi à fleurs pleines. J1s n’exigent aucun soin et se contentent d’un sol pas trop Jourd et d’une exposition au soleil.
SE
Famille des Violariées
SE
Herbes à feuilles le plus souvent alternes, à fleurs irrégulières, à pédoncules pourvus de deux bractées; 5 sépales Jibres; 5 pétales libres ou un peu cohérents, l’inférieur élargi en tablier et se prolongeant en arrière en un éperon plus ou moins long; 5 étamines à filets très courts.
Viola
Fr. : Violette ou Pensée suivant que la fleur est petite ou grande ; all. : Veilchen ou Stiefmuütterchen ; angl. : Violet ou Pansy.
Les caractères du genre sont ceux de la famille.