LES ILES PÈLERINS
Le "Gros Pèlerin" et le " Pèlerin du Milieu" sont les seules oii nous avons pu aborder. Comme il est dit plus haut, ce sont les prolongements insulaires de la formation de Karaouraska. La flore, on pouvait s'y attendre, y est analogue à celle des collines de quartzite, mais avec un caractère arctique-alpin beaucoup mieux défini. (Figs. 7 et 8.)
Les Cryptogames sont abondantes et merveilleusement développées. Ci-dessous quelques éléments de la flore de cette formation :
Nephronia ardica (L.) Fr.
Cladonla decorticata (Flk.) Spreng.
" uJLcialis (L.) Web. & Hoffm.
Peltigcra aphtosa (L.) Hoffm.
" ^«7zzwa (L.) Hoffm.
Usnea dasypoga (Ach.) Nyl.
Frulla7iia Asagrayana Mont.
Idypmnn imponens Hedw.
" fertile S^xA\..
'' pallesce7is (Hedw.) B. & S.
Leskea polycarpa Ehrh.
Leucodo7t sciuroides (L.) Schwaegr.
Myurella Careyajia Sulliv.
Pohiia cruda (L.) Lindl.
Amblysiegiella adnata (Hedw.) Nichols.
Grimmia apocarpa (L.) Hedw.
Viburnum paucifiorum Pylaie,
Cornus suecica L.
Solidago sefnpervireyis I,.
Senecio ^seudo- Arnica Less.
Juniperus horizontalis Mœnch.
Prenanthes trifoliata (Cass.) Fernald.
Ribes hirtellum Michx, var. saxosum (Hook.) Fernald. Draba arabisans Michx, var. orthocarpa Fernald & Knowlton.
La flore des îles Pèlerins paraît subir quelque peu l'influence calcaire des nodules dolomitiques, ainsi que semble l'indiquer la présence des mousses calcicoles : Myurella Careyana Sulliv. et Pohlia cruda (L.) Lindb.
TOURBIERES
Nous avons visité rapidement celles de Cacouna et de la Rivière-du-Loup. Elles viennent toutes deux d'être étudiées au point de vue économique par la Commission Géologique du Canada, et le rapport qui sort des presses du gouvernement nous fournit quelques détails d'un certain intérêt, (i)
La tourbière de la Rivière-du-Loup, située à environ un mille de la ville, occupe une étendue approximative de 7,220 acres. Klle s'est déposée dans l'une des dépressions dont la succession forme les anses témiscouatiennes. Exceptionnellement soulevée {hochmoré) elle présente d'importants gonflements locaux autour desquels circule un ruisseau qui alimente la croissance des Spliaignes. Malgré la fréquence des feux de tourbe, certaines parties supportent des Conifères {Picea^ Larix),
I. A. von Anrep, Investigation of the Peat Bogs and Peat Industry qf Canada. 1911-1912. Bulletin No. 9. Department of Mines. Ottawa,
Ml
D'après les explorateurs officiels, les facteurs principaux de la tourbe ont été Sphag7iuni fuscum et Sphag^iiim acutifoliinn. Nous n'avons pas vérifié ces déterminations, mais nous avons observé davantage la végétation des abords de la 1-nnrhièrp • C^pitm. T^yçÊlp. -T..^ Carex stricta Lam, Car ex riparia W. Curtiss., Carex cannescens L. Cette zone périphérique, à peu près dépourvue de Sphaignes, est fort distincte de la partie centrale. C'est un marais à végétation nettement hydrophile. Les conditions qui régissent l'apparition de l'un ou l'autre type de tourbière sont encore mal connues.
D'après Duggeli (i) le facteur principal serait la présence ou l'absence de sels minéraux dans les eaux d'alimentation. Transeau (2) croit que l'histoire physiographique détermine la distinction. D'après ce botaniste quand l'habitat remonte aux temps pleistocènes et n'a pas été remanié, nous aurions une tourbière proprement dite, à végétation spéciale et xérophytique ; quand la formation végétale est récente ou occupe un terrain transformé d'une manière quelconque, l'on trouve un marais dont la flore se compose surtout d'hydrophytes.
Les parties centrales de la tourbière de la Rivière-du- Loup sont parvenues au stade des arbrisseaux éricacés. Avec Kalmia angustifolia L., Ledum groenlandicum Oeder, Lonicera cœriiUa L., var. villosa T. & G., croissent les diverses formes de Vaccinium peniisylvanicum Lam. parmi lesquelles nous distinguons :
var. nigrum Wood
var. angustifolium (Ait.) Gray
1. Dnggeli Max., Végétation of ihe Sihl Valley, Zurich, 1903.
2. Transeau, Bogs and Bog flora of Huron Valley. Bot. Gaz. 41 ; 18,
A noter aussi la présence de Rubus chajnœmorus L., type boréal et de Solidago ttlis^inosa Nutt., forme spéciale aux tourbières.
Le rapport de la Commission Géologique signale de plus, avec force coquilles typographiques : Eriophorum callitrix^ Cham., Aitdromeda glaucophylla Link., et les Cryptogames suivantes : PolyhichuTn commune h. ^ Clado nia rangiferina L., LladoJtia gracilis (L.) Willd., Icmadophila œruginosa (Scop.) Mass., Peltigera sp.
La tourbière de Cacouna couvre une étendue approximative de 845 acres. Orientée comme la précédente, elle semble due aux mêmes conditions physiograpliiques. La flore, en autant que nous avons pu en juger, n'ofïie rien de particulièrement remarquable sinon qu'elle semble plus riche en Vaccmium que la précédente.
Enfin, à cinq milles de la Rivière-du-Loup, dans le canton Leparc, se trouve une autre tourbière de moindre étendue, 614 acres. Nous ne l'avons pas visitée.
RIVIÈRK-DU-LOUP
Les environs immédiats de cette ville, les bords de la rivière, les bois environnants, les prairies humides ont été visités à différentes périodes. Cette zone est peuplée d'une flore relativement riche dont nous noterons les éléments en détail dans la liste générale.