‹ La Flore du TemiscouataChapitre 45 sur 45 · I. Provancher, abbé L*., Flore canadienne ^ p · texte numérisé non relu

I. Provancher, abbé L*., Flore canadienne ^ p

Caps ", dans les Laurentides, et nous avions cru de suite que c'était l'espèce acerifolium^ lorsqu'au mois d'octobre dernier nous trouvant au même endroit, nous remarquâmes que les fruits, au lieu d'être noirs étaient d'un beau rouge pourpre, assez semblables à ceux du Pimbina ; nous en goûtâmes et nous ne trouvâmes presque pas de différence avec ces derniers. L'échantillon desséché que nous en avions dans notre herbier ne montrant pas en effet d'étamines saillantes ni d'appendices stipulaires, nous pûmes donc nous convaincre que c'était bien l'espèce pauciUortim de Pylaie. MM. Torrey et Gray qui la décrivent d'après des notes à eux fournies par un M. McRae, de Montréal, et M Tuckerman, de Boston, disent qu'ils n'en connaissent pas les fruits, les autres botanistes qui ont décrit la plante gardent tous le silence à cet égard, nous pouvons donc affirmer avec certitude que les fruits sont tels que nous les décrivons plus haut (ovales oblongs, d'un beau rouge, juteux). Les cymes étant pauciflores, et quelques fleurs manquant encore par avortement, nous avons rarement trouvé plus de 3 à 4 fruits à chaque cyme."

Viola renifolia Gray.

var. Brairierdii (Greene) Fernald.

Rivière-du-Loup; Lac Saint-Hubert. Bois. La violette à feuilles réniformes appartient à la flore des bois froids, particulièrement des cédrières. La forme typique à feuilles pubescentes sur les deux faces ne se rencontre que dans la partie méridionale de sa distribution : Michigan, Pensylvanie, etc. La forme du Témiscouata, de la Gaspésie, du Labrador, est une variété à feuilles luisantes et glabres, dont la distribution est boréale-alpine. D'après Fernald (i), au nord du détroit de Belle-Isle elle est abondante

I. Fernald, M. Iv., Viola renifolia and Viola Brainerdii. Rhodora XIV : 87.

sur les falaises exposées, en compagnie de plantes arctiques notoires: Poa alpiiia L., Salix vestila Piirsli, Cerastmvi alpinum L., Saxifraga cœspitosa L. Dans les montagnes de la péninsule gaspésienne, elle atteint l'altitude de iioo mètres sur les calcaires arides et exposés, en compagnie de Car ex 7'tcpesiris Ail., Dry a s integrifolia Vahl., Pedicularis flanimea L., Cavipamda tiniûora L.

Dans les montagnes du Colorado, cette forme glabre se retrouve à de hautes altitudes, 2500 mètres, et de là, sur les hauteurs, jusqu'au nord de la Colombie-Anglaise. La var. Brailler dii^ que Brainerd lui-même s'est refusé à reconnaître spécifiquement, doit donc être considérée comme une variété géographique de la très intéressante Viola renifolia.

Woodsia ilvensis (L.) R. Br.

N.-D. du Portage. Au flanc des falaises d'ardoise exposées au vent de la mer. Dans l'Est, commune sur les ardoises, les quartzites et les calcaires. Rivière-du-Loup, Bic, Capucin, Grosse-Roche, Rivière Sainte-Anne-des-Monts, etc. (Feruald.) Fréquente sur le gneiss laurentien au nord de Montréal.

Zannichella palustris L.

Cacouna (Fontaine-Claire). Paraît peu répandue sur le rivage de Témiscouata. Les stations de Fernald sont toutes dans la Gaspésie : Sainte-Anne-des-Monts, Ile Bonaventure, et vers l'est. Habitat de Zostera marina.

Zizia aurea (L.) Koch.

Lac Témiscouata. Rochers siluriens au bord du lac. Commune dans la vallée du Saint-Jean, et le lac Témiscouata semble être sa limite au nord. Nous ne croyons pas que l'on ait auparavent signalé cette plante dans l'est de la Province.

Zostera marina L.

Cacouna (Fontaine-Claire). Nous ne la trouvons pas dans 1' A.nse à Persi, oii sa place est prise par Spartina glabra pour je ne sais quelle raison écologique.

Cette plante, sous le nom de '' Mousse de mer ", fait l'objet d'un certain commerce.

Provancher dit en parlant de la Zostère: "Dans les pays du nord, ou se sert de cette plante pour couvrir les maisons, pour confectionner des matelas, des paillassons, etc. On dit même qu'employée en matelas, elle agit hygiéniquement et peut fortifier des individus débiles." (i) Nous ignorons où Provancher a puisé ce dernier détail et n'osons pas en garantir l'exactitude.

La biologie de la Zostère a fait l'objet de récentes études au Danemark. D'après Ostenfield (2), bien que la plante demande l'eau salée, elle prospère aussi bien là où le pourcentage de chlorure de sodium est très faible (3/5 % "3 ^/3 %) ^^^ ^^ ^^ ^^ ^^^ ^^^^ élevé. Elle n'envahit que les lieux où Peau est relativement calme, et descend à de plus grandes profondeurs en eau claire qu'en eau trouble, pouvant aller jusqu'à 11 mètres là où l'eau est très transparente.

Très variable, la forme des feuilles paraît affectée davantage par la nature du fond ; sur le sable ferme, elles sont courtes et étroites, tandis que, sur la vase elles s'élargissent et s'allongent jusqu'à atteindre deux mètres.

Zygadenus ehloranthus Bieharda. ^ --é^«x.*.-'-<--<-<.'«^ • C ' 7 y

N.-D. du Portage ; Trois-Pistoles. Cette liliacée est une plante du calcaire, abondante pour cette raison dans la péninsule gaspésienne, les montagnes-Rocheuses et les Prai-

Page 1