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La flore pharaonique d'apres les documents hieroglyphiques et les specimens decouverts dans les tombes

Depuis plusieurs années, je me suis occupé à relever dans les textes hiéroglyphiques tous les noms de plantes, en vue de reconstituer la flore de l'ancienne Egypte et de combler une lacune qui subsiste encore dans les dictionnaires égyptiens où, en regard de chaque mot désignant un végétal, on ne trouve la plupart du temps que l'indication vague « nom de plante ».

Mais un tel travail n'avance que bien lentement. En cinq ou six ans, je n'ai encore réussi qu'à identifier une cinquantaine de noms de plantes.

La méthode à employer ne permet pas, en effet, d'aller bien vite. Etant donné un nom hiéroglyphique dont le déterminatif nous assure qu'il désigne une plante, quelle est la marche à suivre pour arriver à déterminer l'espèce de cette plante ?

D'abord, il faut voir ce que peuvent donner les recherches philologiques.

On sait que, si l'écriture des anciens Egyi-tiens a cessé d'être employée dès les premiers siècles de l'ère chrétienne, leur langue du moins s'est conservée à peu près intacte jusqu'au siècle dernier. La langue copte n'est autre chose que l'égyptien écrit avec des lettres grecques. Or, la Bible a été traduite en copte. Donc, tous les noms de plantes cités dans la Bible ont leur équivalent en copte, c'est-à-dire en égyptien.

D'autre part, les Coptes, à l'époque où l'arabe s'est répandu en Egypte, ont produit un certain nombre de Sca.lx, ou lexiques coptico-arabes, dans lesquels les noms de plantes sont

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traduits en arabe. Nous avons ainsi une assez longue liste de noms coptes de plantes que l'on peut traduire sûrement, soit à l'aide de la Bible, soit à l'aide des lexiques coptico arabes. La première recherche à faire est donc de voir si le mot égyptien désignant une plante se retrouve en copte.

Si on ne le retrouve pas en copte, il reste la ressource de le trouver en hébreu ou en arabe. Beaucoup de radicaux sont communs aux trois langues. Les Hébreux, ayant connu certaines plantes en Egypte, ont pu leur conserver leur nom égyptien ; les Arabes d'Egypte ont pu également arabiser à leur usage les désignations anciennes des végétaux qui ne croissaient qu'aux bords du Nil.

Enfin, un dernier recours nous reste. Dioscoride et Apulée ont donné dans leur écrits les noms égyptiens d'un grand nombre de plantes. Ces noms, il est vrai, ont été une première fois déformés par leur transcription en lettres grecques, puis dénaturés encore par les copistes et les éditeurs successifs qui nous ont transmis les ouvrages de ces auteurs. Mais on peut espérer que certains noms ont échappé à trop de mutilations, et, en fait, il se trouve que quelques termes égyptiens, de Dioscoride surtout, sont la transcription presque exacte de mots hiéroglyphiques.

Cinq ou six fois sur dix, le nom d'une plante hiéroglyphique se retrouve en copte, en hébreu ou en ai-abe. 11 reste alors à consolider ces données, fournies par la pliilologie, au moyen de recîierches d'autre nature. C'est là surtout que la tâche devient délicate et périlleuse. Pour chaque plante, la méthode diffère.

S'il s'agit d'une plante médicinale, dont le nom se retrouve plusieurs fois dans les traités de médecine égyptiens que nous possédons, on peut comparer les propriétés indiquées dans ces traités avec celles qu'indiquent pour les mêmes plantes les médecins grecs et latins.

J'ai pu remarquer que, pour les quelques plantes médicinales égyptiennes dont les noms nous sont bien certainement connus, les propriétés que leur attribuent les Égyptiens correspondent

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