‹ La flore pharaonique d'apres les documents hieroglyphiques et les specimens decouverts dans les tombesChapitre 127 sur 157 · Vltls vlnlfcra L · texte numérisé non relu

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On sait depuis longtemps déjà que la Vigne était connue des anciens Égyptiens. Dès l'époque des pyramides, c'est-à dire trois ou quatre mille ans avant notre ère, les peintures des tombeaux égyptiens nous retracent le tableau de la culture de la Vigne et de la fabrication du vin. Les tombes les plus anciennes contenaient, parmi les offrandes funéraires, des grains de raisin détachés de leur grappe.

Tous nos musées en possèdent, et les sépultures qu'on ouvre journellement ne cessent d'enrichir nos collections de spécimens antiques de ce fruit. Schweinfurth a trouvé récemment, dans un tombeau de Thèbes, des paquets de feuilles de Vigne en parfait état de conservation. Ces feuilles ont pu être amollies par l'eau tiède et étalées dans l'herbier pharaonique du Musée de Boulaq. Une remarque est à faire au sujet des raisins déposés auprès des morts comme offrandes funéraires : tous ces raisins sont noirs et ont été détachés de leurs grappes avant d'être offerts. Peut-être peut-on en conclure qu'on les laissait sécher au soleil avant de les offrir aux défunts. On en a trouvé plusieurs espèces. Kunth décrit ainsi les raisins de la collection Passalacqua : « Vifis vinifera L , var. monopyrena, Chasselas ». Pourtant, Braun et Ascherson, qui ont examiné de très près ces raisins, et ont obtenu l'autorisation de les couper, déclarent qu'ils renferment ^roz5 graines, et non une seule. D'autres, au Louvre et au Musée de Leide, sont classés comme « Raisins de Damas » et « Raisins de Corinthe «. Newberry, dans les raisins rapportés par FI. Pétrie de la nécropole de Hawara, qui date de l'époque gréco-romaine, a reconnu le V. vinifera L., var. corinthiaca. Une tombe delà XIP dynastie renfermait, d'après Schweinfurth, des raisins « appartenant à la variété noire à grosses baies

recouvertes d'un duvet bleuâtre ■». D'autres, provenant d'une tombe plus récente, découverte à Gébéleïn, sont ainsi décrits par le même auteur : « Raisins appartenant à une variété noire à peau épaisse et avec trois à quatre graines. Malgré leur état rétréci et le froncement profond de l'écorce, ils ont toujours 10 à 17 millimètres de longueur sur 10 à 11 de lai'geur. Les graines sont abruptement atténuées en pointe tronquée et mesurent en longueur, largeur et épaisseur, 7, 4 et 3 millimètres. Le sucre s'est parfaitement conservé dans la pulpe de ces raisins. » Quant aux feuilles de Vigne trouvées à Thèbes, «elles ne didèrent pasr, — écrit Schwciniurtli, — « de l'espèce cultivée aujourd'liui en Egypte, mais k la surface intérieure elles sont couvertes d'un feutre de poils blancs, ce qui n'est pas le cas chez les variétés indigènes de la vigne que j'ai pu comparer jusqu'ici. » En somme, on voit que les Egyptiens connaissaient plusieurs variétés de raisins, qu'il serait intéressant de chercher à retrouver parmi nos variétés modernes.

D'après les représentations égyptiennes, la Vigne était toujours cultivée sur tonnelles ou sur treillages disposés dans les jardins en rangs parallèles assez espacés. Le jardin funéraire d'Anna, personnage de la XA^IIP dynastie qui fut enterré à Thèbes, renfermait, d'après le catalogue qui nous en est parvenu, quatre-vingt-dix Sycomores, cent-soixante-dix Dattiers, trois Mimosas, cinq Grenadiers, deux Moringas, etc., et douze Vignes.

Plusieui-s vins égyptiens étaient célèbres k l'époque grécoromaine. D'abord, le vin des côtes voisines d'. Alexandrie, qu'on appelait vin maréotique; puis le vin de Sebennytus, dans le Delta. 11 était fourni par trois espèces de Kaisins : le thasien, l'sethale et le peucé. La Vigne thasienne produisait un raisin très doux, relâchant le ventre. Un autre raisin égyptien, l'écbolas, passait pour provoquer les avortements. Athénée mentionne en outre les vins de Tanis, les vins de Thébaïde, particulièrement ceux de Goptos, et surtout le vin d'.\nthylla, petite ville du Delta, voisine d'Alexandrie, vin qu'il place avant tous les autres.

AMPELIDEKS, A L K AN T 1 AGEES 101

Le nom de la Vigne et du Raisin, en égyptien, est Arouri, mot conservé en copte sous la forme Aloli. Le Raisin séché au soleil se nommait A5/^e/3 ou Shep. Le Raisin vert, ou verjus, se nommait Gangani, en copte Slielslunli. Le vin portait le nom de Arp. Voici les dix espèces de vin qu'il m'a été donné de relever en dépouillant les textes hiéroglyphiques : Vin blanc. Vin rouge, Vin supérieur, Vin second, Vin sj^énite, Vin du nord, Vin du centre. Vin Tekhes, Vin Neha et Vin Seklii. La plupart de ces vins étaient déjà disliiiguês à l'époque des pyra mides.

AURANTIAGEES

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