‹ La flore pharaonique d'apres les documents hieroglyphiques et les specimens decouverts dans les tombesChapitre 55 sur 157 · CaitnabîK sativa L · texte numérisé non relu

CaitnabîK sativa L

Unger cite le Chanvre parmi les plantes égyptiennes, mais en s'appuyant uniquement sur ces deux arguments : 1° La déesse syénite Anouki a la tête ordinairement couv3rte d'une coiffure dans laquelle Birch voit une botte de tiges de Chanvre, et cette coiffure sert à déterminer le mot égyptien Hemâ, « lin » ; 2" Po lydamna, épouse de Thonos, offrit en Egypte, à Hélène, un breuvage qui faisait oublier les maux passés (Odyssée, IV, 229) et qui ne peut être autre chose que le Hashish, boisson faite avec les graines du Chanvre.

Que la boisson de Polydamiia ait été le Ilashish, c'est là une pure hypothèse impossible à discuter scientifiquement. Quant à la coiffure d'Anouki, elle représente non une botte de tiges, mais un faisceau de plumes liées par la base et s'évasant au sommet. D'ailleurs, cette coiffure fût-elle composée de tiges, je ne vois pas comment on pourrait y voir les tiges du Chanvre plutôt que celles de toute autre plante. Le déterminatif du mot Hemâ est effectivement une botte de tiges, mais Hernà, — si ce mot est le nom d'une plante, ce que je ne crois pas, — ne pourrait désigner qu'une Graminée, d'après les peintures de Zaouïatel-maïetin (L.D., II, 106-107), au-dessus desquelles il se trouve inscrit. 11 me paraît d'ailleurs certain que He^nâ, dans ces scènes, désigne la partie du Froment qui reste en terre après qu'on l'a fauché à mi-hauteur, c'est-à-dire la moitié inférieure du chaume.

Enfin, Passalacqua, dans le catalogue des antiquités qu'il a découvertes en Egypte, cite, sous le n" 465, un peigne de bois, à manche, encore garni de filasse de Chanvre. Ce fait serait suffisant pour nous prouver que les anciens Egyptiens connaissaient le Chanvre; mais, malheureusement, Passalacqua n'est pas botaniste, et son témoignage en perd toute son importance. Du

URTICACKKS, K Ul' 11 OR I5l ACKES 49

reste, cette filasse a été, dans la suite, soigneusement étudiée au microscope par Braun, Ascherson et Magnus, et il est résulté de ces recherches qu'elle appartient au Lin et non au Chanvre. La plus ancienne mention du Chanvre en Egypte est relativement récente: le moi Pi- erbisi, dansles Scalx (Kir., 122), est rendu par le nom arabe du Chanvre. Mais il n'existe, que je sache, aucune matière textile pharaonique dont le nom présente quelque rapport avec Erhisi.

ErPHORBIAGEES

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