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Le L. inermis donne la poudre rouge-orange connue en arabe sous le nom de Henné; cette poudre s'obtient en broyant les feuilles desséchées de Tarbre et sert aux Arabes à se teindre les ongles et l'intérieur des mains; On a découvert un grand nombre de momies dont les mains étaient teintes à l'aide du même procédé ; de plus, Schweinfurth a reconnu dans quelques tombes égyptiennes des fragments de L. inermis. FI. Pétrie en a également rapporté de ses fouilles dans la nécropole grécoromaine de Hawara, au Fayoum. Prosper Alpin, le premier qui nous parle de la poudre de Henné, la nonàme Archenda (De plant, JEgypt., XIII).
Le L^ inermis porte en grec le nom de Yxmpoq, Ce mot xuTrpo; dérive de l'ancien égyptien par l'intermédiaire des langues sémi^ tiques. Le nom hébreu de la plante est Kopher, son nom copte est Khouper ou Kouper, et les habitants d'Assouan, au dire de Delile, la nomment Kafra. Les arabes appellent le Lawsonia FaghoUy Fàghîah ou Shagarat-el-Henné y « l'arbre au Henné ». Le mot hiéroglyphique d'où dérive cette série de noms est Pouqer^ qui est devenu en hébreu Kopher par transposition de lettres. L'arabe Faghou ou Fàghîah semble dériver plus directement de l'égyptien, sans transposition, mais avec chute de la lettre finale R, fait extrêmement commun dans toutes les langues sémitiques, et dont nous venons justement de voir un exemple dans le nom copte du Tamaris, Osi^ qui vient de l'égyptien Aser, Un fait qui semble démontrer la possibilité de la chute du R en Arabe est qu'Aboulqasim-el-wizir considère les mots Fàghîah et Fàghirah^ — qui dans son ouvrage s'appliquent à une autre espèce, — comme synonymes l'un de l'autre, D'ailleurs, un détail qui indique bien que le copte Kouper dérive
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de rôgyptien Pouqer par transposition, c'est que cette transposition se rencontre déjà dans les textes déraotiques, qui donnent au Henné le nom de Kapra.
Le L, inermis n*est cité, à ma connaissance, que quatre ou cinq fois dans les textes égyptiens, et toujours dans des recettes de parfumerie, entre autres dans la recette du Kyphi. Nous avons vu que, d'après l'examen de quelques momies, les Egyptiens se rougissaient les mains au Henné, ainsi que les Arabes. Dioscoride ^Z)^ mat. med., I, 124) nous apprend qu'à l'aide de la même poudre, diluée dans du suc de Saponaire, les Egyptiennes d'autrefois se teignaient les cheveux en blond, et Pline (Hist. nat.y XXIII, 46) reproduit la même assertion. Comme on le voit, l'idée de se teindre les cheveux date de bien loin. Depuis quelques années, on vend à Paris du Henné pour rendre les cheveux blonds ; c'est là une découverte pharaonique remise au jour. Le L. inermis est originaire de l'Asie jrientale. Les Egyptiens paraissent l'avoir introduit assez tard dans leur pays, au plus tôt à l'époque des Bamessides. Le nom de la plante ne se rencontre que dans des inscriptions ptolémaïques; Schweinfurth et FI. Pétrie n'en ont retrouvé des fragments que dans des tombes postérieures à la XX^ dynastie.
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