‹ La flore pharaonique d'après les documents hiéroglyphiques et les spécimensChapitre 129 sur 160 · CItras Cedra Ferr · texte numérisé non relu

CItras Cedra Ferr

Kunth, étudiant les fruits de la collection Passalacqua, avait cru pouvoir en attribuer un à l'Orange amère. La chose était curieuse, car c'est seulement au ix" siècle de notre ère, que l'on rapporte ordinairement l'apparition de l'Oranger dans la région méditerranéenne, et son nom grec, vepiv^wv, dont on ne connaît qu'un seul exemple, se trouve dans un texte dont la date est impos^ sibleà déterminer (Scolies de Nicandre, Alexiph., 533). Malheureusement, un examen plus approfondi du fruit égyptien, fait plus tard par Braun, lequel avait obtenu la permission de le couper, a prouvé que ce fruit est tout simplement une vulgaire figue de Sycomore (A. Braun, Die Pflanzem^este, pp. 299-300).

Un second fruit, exposé au Musée du Louvre, est ainsi décrit dans le catalogue de Champollion (L., 165) : « Fruit du Citrus medica, L. ». Cette détermination a été faite par le chimiste M . Bonastre, et confirmée plus tard par le botaniste Decaisne. Mais la provenance de ce fruit est inconnue, de sorte qu'on ne sait s'il appartient aux dynasties pharaoniques ou à l'époque grécoromaine. Dans tous les cas, ce n'est pas du Citron qu'il s'agit ici, mais du Cédrat, car c'est le Cédrat et non le Citron que connais-

saient les Grecs et les Romains et qu'ils nommaient xtrpov et citrum.

J'ai étudié très longuement la question dans une étude sur le Cédratier dans V antiquité. Il résulte de cette étude, à laquelle je renvoie le lecteur, que le Cédrat paraît avoir été connu des Hébreux, dès le temps de Moïse, sous le nom de Hadar; que larbre semble avoir été importé d'Asie en Egypte à l'époque de la XVIIP dynastie ; que rien encore ne nous permet d'en déter miner le nom hiéroglyphique ; enfin, que ses noms coptes, Ghitré, Djedjré, Kétri et Kithri, dérivent bien certainement d'un ancien nom égyptien et que, par conséquent, Tuxpov et citrum, et, par suite, nos mots Cédrat et Citron, dérivent du nom que portait le Cédrat chez les anciens Egyptiens.

Il reste à souhaiter ardemment qu'un botaniste expert vienne élucider cette intéressante question en étaidiant de très près le fruit exposé au Louvre et en établissant nettement l'espèce à laquelle il appartient.

OLAGINEES

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