DE LA SECONDE EDITION
Depuis la première édition de cet ouvrage, — qui s'est trouvé rapidement épuisé, — de nouveaux documents sont venus à ma connaissance. J'en donne plus loin la liste complète. Deux d'entre eux, surtout, m'ont rendu d'inestimables services.
C'est, en premier lieu, la belle Illustration de la Flore (V Egypte, de P. Ascherson et G. Schweinfurth, qui est le catalogue le plus complet et le mieux ordonné que Ton possède maintenant sur les végétaux propres au pays des Pharaons. L'index des noms arabes populaires, des plantes, qui termine ce volume, sera le bienvenu auprès des philologues et les aidera à pénétrer plus avant dans l'étude des termes hiéroglyphiques relatifs à la botanique.
En second lieu, les découvertes de M. Flinders Pétrie au Fayoum nous ont suscité un nouvel explorateur des restes antiques delà flore égyptienne. M. Percy E. Newberry, directeur des Jardins botaniques de Kew, s'est chargé d'examiner minutieusement et d'identifier les plantes, les fruits et les légumes retrouvés dans les tombes par son infatigable compatriote. Cette étude a même séduit le botaniste anglais au point que, quittant pour quelques mois les bords de la Tamise, il s'est rendu sur les rives du Nil afin d'y continuer de plus près ses recherches sur la flore de l'Egypte ancienne. 11 est là-bas au moment où j'écris et, si ses trouvailles répondent à son attente, son retour ne manquera pas de nous valoir la publication d'intéressants mémoires.
D'autre part, mes premiers travaux sur la flore pharaonique ont dirigé l'attention de deux jeunes docteurs allemands, MM. Moldenke et Lûring, vers Texamen de la même question, et les thèses qui sont le résumé de leurs études renferment certains résultats heureux, qui ne pourront que les encourager à persévérer dans leurs recherches.
Enfin, continuant moi-même la restitution patiente du lexique botanique des Egyptiens, j*ai eu l'occasion de publier quelques monographies nouvelles et, surtout, d'amasser assez de documents pour pouvoir, dans cette seconde édition, proposer plusieurs identifications de noms, dont l'exactitude ne me parait pas pour le moment suffisamment démontrée, mais que j'ai tenu pourtant à donner telles quelles, afin que des confrères puissent les rectifier, ou les confirmer, par leurs recherches personnelles.
Grâce aux publications dont je viens de donner un aperçu, la Flore pharaonique est devenue de moitié plus volumineuse qu'elle l'était en 1887. Au lieu de 134 espèces, — car dans cette nouvelle édition j'ai cru devoir supprimer les plantes fossiles, — elle en énumère 202. Au lieu de 156 noms scientifiques, elle en mentionne 264. Enfin, l'index hiéroglyphique, qui se composait de 95 mots, s'est augmenté de 61 termes récemment identifiés.
De plus, j'ai ajouté au volume quatre nouveaux index. L'un, comprenant les noms français et vulgaires des plantes, sera utile à ceux d'entre les lecteurs qui ne sont pas familiers- avec la nomenclature botanique. Les index hébreu, arabe et copte permettrontde retrouver facilement, sous leur orthographe originale, les noms que je n'ai cités, au cours de l'ouvrage, qu'en transcription française. D'ailleurs, les index arabe et copte renferment beaucoup de mots que l'on ne rencontre pas dans les dictionnaires usuels, ou que Ton n'y rencontre qu'imparfaitement traduits.
Je souhaite que ces additions et ces perfectionnements puissent mériter à cette seconde édition l'accueil favorable que l'on a bien voulu témoigner à la première.
Lyon, 29 janvier 1892.