Un plébiscite institue quatre classici quaestores
C'est vers cette époque que les Romains entrent en lutte avec Carthage, érivoruv obrore moincaevor Tüc Gardrens, dit Polybe *. Ces mots, remarque avec raison C. de la Berge, ne sont vrais que comme « expression générale d'un changement dans la politique romaine ». Nous venons de le voir, les Romains n'étaient point restés si étrangers aux expéditions maritimes, et l’on s'explique, sachant ce qui précède, que des monnaies d’ancienne date nous présentent déjà une proue de navire : c’est le type de l’as et de ses divisions.
Nous n’avons pas à nous appesantir sur le récit bien connu de Polybe : une quinquérème carthaginoise vient échouer sur le rivage italien ; les Romains se hâtent d’en construire d’autres sur ce modèle. Limitation de cette galère les amena sans doute à des perfectionnements ; mais ce n’était pas une initiation. [ls exercèrent résolu-
1. La question de ces quaestores soulève des difficultés (cf de la Berge, op. laud., p. 11). Il n’y a qu’un texte, obseur et inexact, de Jean le Lydien (De Magistrat., I, 27). On a contesté qu’ils eussent à s'occuper de la flotte ; la chose est probable cependant, car ils résidaient dans des ports. L’un d'eux était à Ostie, pour présider à l’arrivée des blés ; un autre à Calès, pour surveiller la Campanie et la Grande-Grèce ; le troisième à Rimini ; quant au quatrième, on ne sait, mais il demeurait sans doute à Brindisi, car le plan du Sénat était de fermer la mer Adriatique aux vaisseaux venant d'Epire (Cf Mommsen, Hist. rom., Il, 24, et Corazzini, op. cit., p. 67). M. Mommsen a supposé en dernier lieu que ce quatrième questeur pouvait bien être « celui résidant à Lilybée, l’île de Sicile ayant dù forcément, pendant les premières années, être administrée de Rome, et n'ayant reçu que plus tard des magistrats supérieurs propres ». (Cf Dr. publ. rom., trad. fr., IV, p. 274-276). Il devint apparemment plus tard questeur provincial, selon M. Ferrero. Le premier et le troisième fu
rent supprimés par Claude (Suét., Claud., 24 ; Dio Cass., LX, 24) et à ce
moment déjà il n’y avait plus trace du second. 2. Polyb., 1, 20, 42.
ment leurs rameurs au maniement de l’aviron, sur terre même, les habituant à accomplir avec toute la régularité et l'ensemble désirables les deux mouvements essentiels de leur manœuvre, et à y dépenser le minimum de forces nécessaires, pour ne pas céder trop tôt à la fatigue. L'invention du corbeau, sur laquelle nous aurons à revenir, leur permit de retrouver sur mer, dans une certaine mesure, les conditions du combat sur terre où ils avaient déjà peu de rivaux sérieux. Dès 494, Diulius gagnait sur les Carthaginois la grande victoire de Myles ‘ ; quatre ans après, les Romains l'emportaient encore à Ecnome, mais cette fois avec des pertes considérables. Pour remplacer les marins disparus, il en fallut recruter d’autres qui, ignorants de leur métier, furent cause en grande partie du désastre de Drépane ; quelques années encore, et une violente tempête détruisait les trois quarts d’une flotte romaine. Ces insuccès auraient découragé la vaillante nation, si G. Lutatius Catulus n’avait pris hardiment l’initiative de lui montrer qu'il n’y avait qu’une victoire navale qui pût terminer cette longue rivalité avec le peuple d’Afrique. On avait pris trop peu de soin jusqu’alors de la levée des gens de mer qui n’appartenaient même pas toujours à la population maritime ; l’apprentissage de la manœuvre fut repris et mené avec moins de précipitation : le résultat de ces efforts fut le succès des îles Egates, qui mit fin à la première guerre punique (513).
Dans les campagnes suivantes, la marine joua un rôle moins considérable ou plutôt moins exclusif * ; nous
4. Cf Polyb., I, et la célèbre inscription de la colonne rostrale, CIL, I, p. 38, n° 495.
2. Il est étonnant à constater, mais certain, que Carthage a fait peu
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la trouvons affectée à la défense de l'Italie, au transport des armées dans les provinces : elle eut même encore à livrer des batailles, comme celles gagnées par Flamininus sur Philippe et Nabis et par Scipion sur Antiochus, et d'autres dont les triomphes font foi
Quand l'Espagne, la Macédoine, la Grèce, l’Asie mineure se trouvèrent soumises, Carthage détruite, les autres états d'Orient réduits au repos ou admis dans l’amitié du peuple romain, ce dernier n’eut plus autant besoin de forces navales. Cependant, lorsque Mithridate envahit la Grèce, Sylla, pour l'y combattre, envoya son légat Lucullus chercher auprès des alliés une flotte qui pût transporter ses troupes. Mithridate vaincu, Rome lui imposa de fournir à ses amis une contribution de guerre de soixante grands navires. Donnons enfin une simple mention à l’affaire des pirates, où Marc Antoine échoua d’abord, et qui fut réglée définitivement par Pompée.
À partir de Jules César surtout, la flotte fit œuvre d’utile auxiliaire ”. Ses premières opérations ont lieu sur la côte d’Armorique (56 av. J.-C.). Les Vénètes, habilants du pays actuel de Vannes, avaient organisé une
d'usage de sa flotte dans la deuxième guerre punique; on sait que, deux partis s’offrant à Hannibal pour une invasion en Italie, il choisit la voie de terre, et s’en tint là, alors qu’une action navale, combinée avec les opérations continentales, eût assuré des renforts au général carthaginois et peut-être empêché Scipion d'aborder en Afrique. Quoi qu'il en soit, la flotte romaine n'eut pas à se mettre en campagne.
4. V. les Actu triumphalia Capitolina, CIL, I, (2e éd), p. 43 sqq.
2. Cf sur la flotte de César l’opuscule d'Auguste Jal. I tire ses renseignements de César lui-même et du continuateur de ses Commentaires, mais sans ordre, un peu à bâtons rompus et presque sans citer une date ! Traitant des navires en eux-mêmes, il sort de son sujet et étudie jusqu'aux navires grecs ; il se réfère à des sources d’une tout autre époque, telles que le traité des Zactiques militaires de l'Empereur Léon le Philosophe, qui date du IXe siècle.