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ligne et retenu comme otages deux Romains qui étaient venus leur demander des vivres pour la continuation de la campagne. Par les soins de P. Crassus, une flotte est construite sur les bords de la mer Noire, et mise sous les ordres de D. Brutus ; elle atteignit la flotte vénète par un vent favorable ; les Romains avaient imaginé un système de faux pour couper les drisses des voiles ennemies ; la manœuvre réussit à merveille : leurs voiles une fois abaissées, les bâtiments des Vénètes se trouvèrent condamnés à l’immobilité ‘.
César fut moins heureux dans les deux années qui suivirent ; il avait réuni une flottille qui devait transporter ses troupes en Bretagne : l’opération réussit finalement, mais elle fut des plus pénibles et n’alla pas sans la perte d’un grand nombre de vaisseaux.
C’est en vue de Marseille que nous retrouvons ensuite la flotte de César; cette ville s’était donnée au lieutenant de Pompée. Domitius. Vingt-deux navires furent construits dans les chantiers d'Arles, et Brutus, à leur tête, battit Domitius, grâce encore à cette tactique des abordages où triomphait toujours la véritable valeurromaine. Cn. Pompeius et Nasidius tentèrent de revenir à la charge avec de nouveaux vaisseaux, mais n’aboutirent qu’à un second échec.
En 49 av. J.-C., nouvelles rencontres navales, cette fois sur l’Adriatique. 11 s'agissait pour Bibulus, amiral de Pompée, d'interdire à César l’abordage en Epire; il n’y réussit pas et la mort le surprit; son remplaçant, C. Coponius, ne fut pas plus heureux ; F. Calenus parvint,
1. Nous devons admettre dès lors qu'au rebours des Romains ce peuple n'amenait pas les voiles avant la bataille, et avait des compagnies de rameurs moins nombreuses et moins exercées.
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sans trop d'obstacles, à transporter au camp de César les légions qui venaient de Brindes.
Deux ans après, vainqueur à Pharsale, César poursuit en Egypte les restes du parti pompéien, qui s’y était fait des amis. Les Rhodiens avaient fourni des vaisseaux au dictateur ; les Alexandrins furent battus, et César entra dans le port d'Alexandrie, malgré les efforts de Ganymède, chef des troupes du roi Plolémée. Ganymède fit plus d’une tentative pour prendre sa revanche, mais toujours sans succès : le Rhodien Euphanor lui infligeait échecs sur échecs et protégeait les évolutions de la flotte de César qui conserva son mouillage au Phare.
Mais la faction pompéienne n’avait pas vu disparaître encore tous ses partisans. Dans les parages d'Epidamme, Octauius faisait de fréquentes incursions en Illyrie : il était urgent de dégager cette province qui commandait en partie l’Adriatique ; Vatinius fit venir une flotte de Brindes, et Octauius, battu, abandonna la lutte.
Enfin, il restait à César à faire passer une armée en Afrique, où Caton et Scipion se trouvaient en forces ; l’embarcadère était sur les côtes de Sicile, aux environs de Lilybée ; l'opération ne fut guère moins longue et moins difficile que celle de Bretagne, et, avant de la me-
ner à bonne fin, César dut voir le gros temps disperser
ses navires, pendant que plusieurs étaient attaqués par Scipion et Varus, et capturés.
Séparé des campagnes sur terre qui alternaient avec elles et qui sont ici hors du sujet, l'exposé de ces diverses manœuvres maritimes du conquérant des Gaules présente assurément quelque chose de uécousu et d’inachevé, mais il a l'utilité de nous montrer la flotte rendant tour à tour
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