‹ La Flotte de MisèneChapitre 20 sur 162 · XXVI · texte numérisé non relu

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Ainsi, les villes alliées ne restaient pas toujours chargées seules de ces contributions, et les vides dans le personnel de la flotte étaient aussi comblés avec d’autres éléments. D’après Polybe, les citoyens de la dernière classe, exempts du service dans les légions, formaient des troupes de mer ‘. Les affranchis, exclus de l’armée, furent plus d’une fois enrôlés pour le service à bord, dans des circonstances périlleuses ou lorsque la République se voyait engagée dans quelque expédition considérable *. C'est ce qui arriva, par exemple, sous la dictature de Fabius Maximus, dans la guerre avec Antiochus, ou pendant l’épidémie qui s’éleva dans la lutte contre les Celtibériens, et aussi pendant la guerre contre Persée.

Les colonies maritimes étaient encore mises à contribution : dans les préparatifs de la guerre contre Antiochus (563 ab u. c., 191 av. J. C.), une discussion restée célèbre s’éleva entre le préteur C. Liuius Salinator et les populations d'Ostie, Frégènes, Castrum Nouum, Pyrgi, Antium, Terracine, Minturnes, Sinuesse, qui se disaient exemptes de cette charge; elles en appelèrent au Sénat qui condamna leur attitude ‘. En revanche, comme il est naturel, l’obligation pour ces colonies du littoral de fournir, tantôt deshommes, tantôt des vaisseaux, entraînait exemption du service de terre. Les provinces étaient également appelées, dans certaines circonstances, à fournir leur contingent.

4. Polyb., VI, 19,2, C. de la Berge pencherait vers une interprétation analogue du passage suivant de Tite-Live (XXIT, 57) : M.Claudius Marcellus ab Ostia mille et quingentos mililes, quos in classem scriptos habebat, Romam, ut urbi praesidio essent, mittit. Pour nous, il n’est question ici que d'une levée d'hommes en vue du recrutement de la flotte, et l’ancienne signification du mot clussis ne trouve plus sa place.

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