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précis d’Ulpien : Magistrum nauis accipere debemus cui totius nauis cura mandata est ‘. Pourquoi faut-il nécessairement que ce mot ait eu la vie aussi longue dans un cas que dans l’autre ? Ne sommes-nous pas, au contraire, autorisés à croire que, sous la République, alors que l’organisation maritime était si négligée, il y avait souvent identité de dénominations techniques sur les vaisseaux de guerre et sur les bâtiments de commerce ; tandis que, plus tard,cette administration se développant, des termes distincts et officiels furent créés pour les mêmes emplois ?
Mais alors, dira-t-on, quel pouvait être le rôle des praefecti nauium ? Tite-Live, qui nous fait connaître cette fonction *, désigne par ces mots les chefs des navires ennemis. Il serait naturel qu'il leur eût donné le nom réservé pour les officiers romains du même ordre ; ilfaudrait donc les identifier avec les magistri nauium. Tite-Live a-til bien voulu distinguer les uns et les autres ? C’est un problème évidemment insoluble; il est possible qu'au cours d’un rapprochement une négligence de langage l'ait fait user d’une expression inexacte.
Convenons d’ailleurs, une fois pour toutes, que cette terminologie, répondant à des besoins momentanés, intermittents, a dû rester longtemps flottante et sans détermination réelle. Aujourd’hui même, en France, le chef d’un bâtiment s'appelle officiellement capitaine de vaisseau ou de frégate ; l'équipage lui dit : commandant. Ce sont les circonstances qui ont attribué, sur les flottes de la République, tels titres à telles fonctions ; les circonstances aussi lesauront probablement défaits et transformés.
1:"Dig:, AIV; 1, De exercitoria actione, 1. 1,$ 1. 2, Liu., XXXVI, 44.
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Nous aurons la plus belle occasion de le constater si nous cherchons à dénommer d’une façon invariable le chef d’une escadre entière. Sans doute, en droit, « le commandement sur mer est, sous la République, une fonction nécessaire du commandant en chef terrestre ; il revient done, à l’époque ancienne, exclusivement aux consuls, et plus tard, depuis qu'il y a des provinces d'outre-mer, à côté d'eux, aux gouverneurs, chacun dans sa circonscription » ‘. Le consul ou le gouverneur de province, si cela leur paraît opportun, exercent ce pouvoir ; mais presque
personnellement, sans intermédiaire * toujours ils nomment, pour diriger les flottes, des représentants spéciaux. Or la nature de ces chefs en sous-ordre était essentiellement variable : leur commandement pouvait ne constituer qu'une fonclion accessoire dans laquelle ils étaient délégués pour un temps donné. Comment appelait-on ces sortes de vice-amiraux ? M. Ferrero propose : praefecti classis. Mais, et C. de la Berge le remarque avec raison, le terme de praefectus classis n'apparaît que dans les dernières années de la République ; on ne le lit même pas dans César, et, si Tite-Live l’applique à des personnages antérieurs *, c'est visiblement chez lui un de ces abus de langage dont il est si coutumier. Nous rencontrons cette désignation pour la première fois, sous la forme Erxpyos orokov, sur une inscription grecque en l'honneur de Decimus Laelius *. Puis nous trouvons des monnaies au nom des praefecti
{. Mommsen, Dr. publ. rom., trad. fr., IV, p.284-287.