‹ La Flotte de MisèneChapitre 61 sur 162 · RON 1, RE · texte numérisé non relu

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pourvue d'un bon port ‘ ; Néron en construisit un à grands frais, et sans succès véritable *. Mais les Empereurs de la gens Lulia avaient toujours eu une prédilection particulière pour ce pays; ceux des dynasties suivantes préférèrent Baïes ; à partir de Vespasien, les inscriptions arrivées au jour dans ces parages se font beaucoup plus rares *. C'est d’Antium qu'Agrippine, toutes les fois qu'elle voulait prendre la mer, partait sur une trirème, accompagnée de classiarü de la flotte de Misène *.

Nous avons vu les immenses travaux, assez infructueux finalement, qui avaient été faits à Baïes. Ce port servitil à la flotte de Misène ? Aucun texte ne nous en fournit la preuve, mais comme il a été fait du temps d’Auguste et qu'on a trouvé en ces lieux une foule d'inscriptions qui se réfèrent à des classiarü, nous avons ici une présomption d'une grande vraisemblance. — C'est également le cas de Neapolis.

Pour Terracine, l’ancienne Auxur, il existe des témoignages authentiques. Les classiarii assiégés dans cette ville par L. Vitellius, frère de l'Empereur de ce nom et son amiral, coururent aux vaisseaux qui, selon Dion Cassius, étaient amarrés dans le port *, et purent s’enfuir 5. La rade fut restaurée et agrandie vers le milieu du IT° siècle par Antonin le Pieux *.

A Stabies, lors de l’éruption de Vésuve, il y avait des

: SITaD V3, D, D. 292107.

. Suet., Nero, 9.

A CRCIE EX p- 46060:

. Tac., Ann., XIV, 4.

2 DioCasss LXV-16,2

Tacsaise MIO

. Hist. Aug.: J. Capitol., Anton. P., VII, 3.

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vaisseaux sur lesquels Pomponianus essaya sans succès de se dérober aux atteintes du volcan ‘. Il est difficile de croire qu'ils se seraient trouvés là par hasard, au lieu d’appartenir à la flotte de Misène, qüi devait y avoir un dépôt permanent.

Une des stations les plus importantes fut celle de Centumcellae *. Ce nom vient des cent cellae ou vewcouor dont ce port était pourvu, sortes de cabanes, généralement en bois, où on abritait les vaisseaux, et placées dans le port tout autour de la plage. Il n’y avait pas de bonne rade sur les côtes de l’Etrurie. Trajan, voyant que celle d’Ostie devenait de moins en moins utilisable, fit construire un port tout près de sa maison de campagne de Centumcellae. Pline le jeune nous parle du pays en ces termes *: « L'empereur m'’ayant fait l’honneur de m'appeler au conseil qu’il a tenu à Centumcellae — tel est le nom de ce lieu, — j'y ai passé mon temps d’une manière fort agréable. La maison, qui est fort belle, commande la mer, et le rivage ouvre en cet endroit un large port. De grands travaux ont été exécutés des deux côtés : un môle qui s'élève au-devant des jetées rompt l’impétuosité des flots et facilite l'entrée des vaisseaux dans ce magnifique bassin où ils sont à l’abri de tous les vents ». Ge fut bientôt une ville importante : on frappa une médaille représentant un port entouré de différents édifices, avec ces mots : Portus Traiani. Ptolémée fait mention du port de Trajan ; Rutilius, dans son Jfinéraire, l’appelle Centumcellae.

*APlha run. Eptsr NLAG/11-12:

2. Itin. Anton., 498,4 : Sch. ad luuenal., XI, 76. 3. Plin. :un., Epist., VI, 31.

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Ad Centumcellas forti defleximus Austro ; Tranquilla puppes in statione sedent.

Molibus aequorum concluditur. Amphitheatrum Angustosque aditus insula facta tegit !.

Un lieu de sépulture y fut concédé aux classiarü.

M. Ficbiger, citant * un autre port voisin de Centumcellae, Luna, l’attribue à la flotte de Ravenne, plutôt qu’à celle de Misène, parce qu'il était moins rapproché de cette dernière ville que de l’autre. L’argument paraît singulier : d’abord la question de proximité est-elle, en pareil cas, prépondérante ? Et quand nous l’admettrions, a-t-il jamais été très facile de traverser la chaîne des Apennins, en pleine Toscane ? Le raisonnement est d’autant plus bizarre qu’il s’agit ici de navires qui, en fait de routes, ne connaissent que la mer, et qu’il leur eût fallu, pour rejoindre la station principale, faire tout le tour de la péninsule.

En ce qui concerne les stations de la flotte de Misène hors de l'Italie, nous sommes en pleine hypothèse ; les textes sont rares et peu concluants. Peut-être devonsnous citer avant tout Forum Iuli, que nous connaissons déjà, et le Pirée qui se trouverait dans une situation particulière, en ceci qu’il aurait servi aux deux flottes d’Italie, comme Centumcellae.

Il est probable qu’en Corse les navires de la flotte de Misène ont eu plusieurs stations permanentes. Au nord de la côte orientale était bâtie la ville de Mariana, ancienne colonie établie par Marius, — d’où son nom, — sur l'emplacement de laquelle on a trouvé une impor-

4, Rutil. Namatian., I, 237.

2. Cf Notizie degli scavi, 1877, p. 264. 3. Op. laud., p. 328.

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tante inscription ‘. Son exposition, les avantages de sa rade, sa situation commerciale ont fait légitimement supposer que ce port ressortissait à celui de Misène ”.

On en peut dire autant, et pour les mêmes raisons, du port d’Aleria, situé vers le milieu du même littoral ?. Cette station et la précédente auraient été établies moins encore pour favoriser le commerce que pour protéger le pays et les eaux environnantes contre les nombreuses incursions des bandits de la mer. Quant à ceux du continent, ils ne devaient pas plus manquer dans l’île en ces temps anciens que de nos jours. Tacite, du reste, nous signale des liburnes qui stationnaient en Corse sous le commandement d’un triérarque *

La Sardaigne, si rapprochée de la Corse, se trouvait un peu dans les mêmes conditions. Nous savons qu'on tirait des blés de la région méridionale ; il fallait les défendre contre les pirates et contre la rapacité des Sardes qui habitaient d’autres parties moins favorisées de l’île. Les classiarü, a la fois soldats de terre et de mer, étaient éminemment propres à ce service. Dé plus, on a trouvé à Cagliari (anciennementCalaris)un certain nombre d'inscriptions ° qui nous montrent que, dans cette ville, le

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