‹ La Flotte de MisèneChapitre 66 sur 162 · Claud · texte numérisé non relu

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vait des soldats de marine en permanence. Les gouvernements ont toujours une tendance à faire, dans la mesure du possible, de leur capitale un port de mer et à développer son activité maritime. Il y eut souvent, à Rome même, des naumachies, dans des lacs artificiellement creusés où dans des amphithéâtres où, en temps de paix, on habituait les gens de mer aux exercices maritimes. D’autres servaient seulement de spectacle au peuple, dont c’élait une des plus vives réjouissances : Jules César en avaient donné une en 46, à l’occasion de son triomphe ; l’an deuxième avant notre ère, Augustefit de même. — Claude, comme onsait, voulut faire écouler le lac Fucin dans le Liris, en les reliant l’un à l’autre par un canal. Les écrivains ont beaucoup parlé de cette entreprise : Pline nous dit que trente mille ouvriers furent employés pendant onze ans à percer et à tailler la montagne sur un espace de trois mille pas, et Tacite nous raconte la naumachie célèbre — et sanguinaire — que l'Empereur fit célébrer sur le lac, pour avoir plus de témoins de la magnificence de l’ouvrage. Magnifique peutêtre, mais inutile, car, la bataille terminée, on ouvritles écluses et l’on reconnut que le canal n'était pas assez profond.

De tels spectacles étaient préparés par les soins des classici milites de Rome. Mais en outre ces hommes pourvoyaient à des services de police et de surveillance; de Misène et de Ravenne, les Empereurs appelaient constamment à Rome de petits détachements des équipages pour leur garde ou leur escorte particulière, ou pour veiller à la tranquillité intérieure de la capitale ‘, Ils étaient

1. Suet., Aug., 49 : Ceterum numerum (classis Augustus) partim in

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aussi utilisés comme manœuvres : Commode les prenait pour machinistes au cirque, en raison de leur habileté à manier les voiles et les cordages ‘; ils étendaient le uelarium qui devait protéger du soleil les spectateurs ; des soldats de Misène contribuèrent, avec ceux des cohortes des Vigiles, à une représentation scénique *. En campagne, ils faisaient des travaux de terrassement *. Mais en somme, M. Gardthausen est en droit de dire que les marins à terre avaient d'ordinaire fort peu d’occupations.

Ils avaient à Rome un camp particulier, le castra Misenatium, rappelé par lun des régionnaires, le Curiosum Urbis, et qui se trouvait dans la ITL° région, dite Jsis et Moneta, où s'élevait l’amphithéâtre Flavien. Son emplacement exact est à reporter entre l’amphithéâtre et lesthermes de Titus. Aux soldats de Misène en garnison dans la cité appartenait aussi un cavean mortuaire, qui devait être situé près de la voie Appieune, entre la deuxième et la troisième borne milliaire.

A partir de quelle époque des détachements de notre flotte se rencontrent-ils à Rome ? M. Mommsen a établi sans peine ‘ que leur camp existait déjà sous Commode ; mais Marquardt * conclut d’un passagé de Josèphe ° qu'il avait été créé définitivement sous Claude. Ce sys-

urbis, parlim in sut custodiam adlegit, dimissa Calagurritanorum manu. — On lit sur une épitaphe (CIL, V, 938) : ..... Classicus miles ad latus Augusti annos septemque decemque.....

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