Suet., Tib
2. Néanmoins, en Espagne même, Auguste crut pouvoir se passer d’un
port militaire sur la côte méditerranéenne, et il négligea les autres rivages, car il n'avait jamais pensé à une domination complète sur toutes les mers. Un port de guerre dans la région de Lisbonne aurait bien facilité la soumission des Asturiens et des Cantabres, mais à condition que les vaisséaux de guerre romains pussent affronter l'Atlantique : or on ne pouvait lancer sur cet Océan des galères à rames. Pendant la guerre d’Espagne, une flotte romaine parut accidentellement dans le golfe de Biscaye, mais composée exclusivement de vaisseaux de transport empruntés aux ports gaulois voisins. L’insuccès de la flottille du Rhin, qui s’aventura sous Drusus et Germanicus dans la mer du Nord, découragea les Romains de toute entreprise analogue. — Cf V. Gardthausen, op. laud., [, 1, p. 648.
3. Et cependant cela ne supprima pas radicalement les stations éloignées des flottes prétoriennes, puisqu’en 166, d’après le document publié
c'était diminuer d'autant la tâche des classes practoriae, et du reste l'essentiel devait être que les pirates fussent informés de la surveillance active désormais faite. Même avec un très petit nombre de ports d'observation, les flottes d’Italie pouvaient exercer une très sérieuse influence ; elles constituaient en tout état de cause une force considérable en comparaison de l’ancien ordre de choses, de l’absence presque complète de police maritime.
Outre les stations côtières, la flotte de Misène possédait, dans l’intérieur des terres, comme un certain nombre de garnisons poursesclassiari. Ces soldats, en effet, pouvaient quelquefois bénéficier de loisirs excessifs dans les ports, quand la navigation était libre et offrait au commerce une sécurité complète. Ils trouvaient alors à terre divers emplois que nous avons à étudier. Mais ces garnisons de- Yaient cependant être établies à proximité du littoral, pour qu'en cas d'alerte 1ls fussent à même de monter à bord et d’appareiller sans retard. Nous ne pouvons dresser la liste de ces villes: dans plusieurs localités, on a découvert, quelquefois en abondance, des inscriptions relatives à des classiarü; mais on ne saurait y voir un témoignage suffisamment clair et indubitable. C. de la Berge s’est fondé sur un passage obscur de Suétone ‘ pour affirmer qu'à Pouzzoles et à Ostie Claude avait placé deux cohortes de classiar, en vue d'assurer l’extinction des incendies. Mais M. Fiebiger a montré qu'il s'agissait là de véritables cohortesdes Vigiles, formées sur le modèle de celles de Rome.
Pour la capitale toutefois, le fait est certain : 11 8° trou-
en appendice à ce travail, la flotte de Misène en avait une encore à Seleu cia Pieria, en Syrie.