‹ La foi catholique dans ses relations avec la raison et la volonté [microforme]Chapitre 3 sur 15 · PART TR · texte numérisé non relu

PART TR

Luther et Calvin eurent voulu calomnier l'Eglise romaine, en l’accusant d'avoir corrompu le cluistianisme primitif, la Providence permit la réouverture de ces anciennes nécropoles, et du sein de leurs murailles la vérité est apparue radieuse, de pariete clamavit /

Je vous demande pardon, mesdames et messieurs, de débuter presque par un hors-d'œuvres ; mais, si je ne m’abuse, vous allez voir q1e cette anecdote vient à mou sujet. J'ai dessein, on vous l'a annoncé, de vous parler de la foi catholique dans ses relations avec la raison et la volonté de l’homme. Je voudrais rappeler quelle heureuse harmonie préside à leurs rapports bien entendus et quelle assistance elles sé peuvent rendre mutuellement. Et si je parle de raison et de volonté, en les distinguant avec soin, ce n'est pas sans motif. Les apologistes de la foi catholique se divisent en effet en deux groupes très distincts : il y a ceux du dehors et ceux du dedans. Ceux du dehors, c'est dire des hommes sérieux et instruits, qui cherchent la vérité dans de patientes études, et, qui ne la trouvent pas complète, parce qu'ils n’ont pas la foi, parce qu'ils n'ont pas la grâce. Je pourrais citer des noms fameux dans le monde scientifique et littéraire, mais ce n'est peut-être pas le lieu de le faire. Disons seulement avec force que ces hommes d'étude, ces chercheurs intelligents rendent indirectement un superbe hommage à la vérité. Vienne l’étincelle sacrée, celle qui ne descend que du ciel, et vous aurez en histoire ce qui s'appelle le mouvement d'Oxford avec des héros comme Newman, Faber et Manniug. Il y a aussi, ai-je dit, il y a surtout les apologistes du dedans, et, ceux-ci se fractionnent encore : les uns s’attachent à la méthode d’apologétique traditionnelle, d'autres s'en remettent à ce qu'ils appellent pompeusement la méthode moderne. Tandis que les premiers, à la suite des vigoureux dialecticiens de la scolastique, établissent les données de la foi sur le fait historiquement prouvé de la venue du Messie promis aux Juifs, de sa vie et de ses miracles, de sa passion et de sa mort, après avoir

démontré rativnnellement la possibilité de ce fait, les derniers affirment que tout cela a vécu, que tout cela manque de couleur et à< ton, que notre siècle de progrès ne s’en peut contenter et qu'il lui faut pour désiller ses yeux rien autre chose que l'exposé complet de la valeur et de la vertu intrinsèques du christianisme, en d'autres termes, que c'est par des démonstrations tirées de sa bonté morale que la religion du Christ peut donner ses preuves. Cette bonté morale, cette vertu intrinsèque, les incrédules, ceux que j'ai appelés les apologistes du dehors, lui rendent souvent hommage. Tandis que les preuves dites scolastiques les laissent indifférents, ils sont facilement partisans de la méthode moderne d’apologétique. Disons-le tout de suite, à notre humble avis, les deux méthodes ont chacune leur valeur, et c’est pour tenter d'exposer notre sentiment à leur sujet, que nous entreprenons ce soir, pour continuer dans une autre conférence, l'exposé d’une thèse qui se subdivise naturellement en deux parties, d’après ces deux courants d'idées, ou si vous l’aimez mieux, d'après ces deux méthodes ; c'est à savoir : lre partie, la foi et la raison, ou démonstration rationnelle de la vérité du christianisme ; 2e partie, la foi etla volonté, ou démonstration morale de la vérité du christianisme.

Mais avant d'entrer en matière, il a fallu rappeler avec force ce principe, qui doit être la base de tout argument d’apologétique et qui consiste en ce que la foi ne saurait être une conséquence des spéculations scientifiques ou des recherches morales. L'esprit et le cœur se peuvent préparer au bienfait de la foi, l'esprit et le cœur ont un rôle important à jouer dans la possession de la foi ; mais la préparation n’est qu’indirecte, le rôle n’est que secondaire ; si vous voulez une comparaison, disons quo le sol de l’esprit peut se travailler, que le champ du cœur peut se cultiver, mais pour que la moisson chrétienne apparaisse, il faut qu'il tombe dans ce champ et sur ce sol une semence divine, la grâce initiale, le don de la foi !

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