LA FOI ET LA RAISON
Cette :/-"s8ité de la participation divine à l'œuvre oc: toute conversion, étant d'abord admise, nous pouvons à l'aise, mesdames et messieurs, réservant pour une prochaine conférence les relations de la foi et de la volonté, aburder la première partie de notre dissertation qui traite des rapports de la foi et de la raison, et tout d’abord étudier quel est le rôle de la raison humaine dans la foi catholique pour expliquer ensuite quels sont les services que la foi catholique rend à la raison humaine.
Au dire de ces apologistes externes, dont je parlais tout à l’heure, et qui du dehors de l'Eglise se croient en état de juger son œuvre, la foi et la raison ne peuvent pas s'entendre. « Quelle que soit donc l'insuffisance de mon éducation philo- « sophique, écrit M. Brunetière, je persiste à penser que l'on « ne démontre ni l'immortalité de l'âme, ni l'existence de 4 Dieu, » et Jules Lemaître affirment, en parlant de Montsabré, que « la vérité de la religion catholique ne se démontre pas. » Mais ce que ces fiers littérateurs admettent volontiers, ce qu'ils soutiennent brillamment, c'est l’utilité morale et sociale
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de la religion. Cette region catholique, la science positivistea voulu lui donner congé, sa morale, on l'a voulu remplacer par une morale nouvelle, fondée sur des principes moins surnaturels, et l’éloquent académicien, que nous avons eu l'avantage d'entendre et d'admirer ici même l'an dernier, a. répondu, au grand scandale de tous les chimistes de la libre pensée : messieurs vous faites erreur, votre science est en. banqueroute !
Sans doute, il y a lieu de se réjouir en entendant des hommes d'une valeur incontestable, reconnaître, quoique n'étant pas des nôtres, la supériorité morale de notre doctrine ;. mais en faut-il conclure, même en songeant « aux yeux mala- « des de nos contemporains, » que la bonté et la beauté intrinsèques de la doctrine du Christ sont les seuls appuis, sur lesquels il soit possible d’asseoir les bases de notre argumentation. Certains catholiques sont peut-être allés trop loin dans la voie des concessions à ce sujet. Au risque de voir notrefoi se balancer vague et indécise au-dessus des abîmes du. doute, sur lé point d'être entraînée par la violence des vents. contraires, il nous faut remonter jusqu’à la hauteur des principes traditionnels qui ont toujoure été la base de la solide apologétique,
1o La raison dans la foi
La raison ne donne pas la foi, sans la grâce de Dieu ; maiselle prépare à la foi, mais elle défend et soutient la foi, à son tour la foi aide puissamment la raison en élargissant le champ des connaissances humaines et en rendant accessible aux plus. humbles la possession des plus grandes vérités. D'où il est. permis de conclure que la foi et la raison, loin de se combattre, se soutiennent et s’entr'aident, que loin de se contredire, elles se complètent et se perfectionnent. C’est le sommaire des idées que j'aurai l’honneur de développer. devant: vous, monseigneur, mesdames et messieurs. Ce sujet n’est pas-