PREFACE DU TRADUCTEUR
Le livre dont nous publions aujourd'hui la traduction française a pour auteur Mgr Gibbons, archevêque de Baltimore, qui vient d'être promu à la dignité cardinalice dans le consistoire du 7 juin 1886.
Cet ouvrage paraissait pour la première fois en 1876 ; quelques semaines seulement après son apparition, il obtenait déjà le plus grand succès dans les divers diocèses des Etats-Unis. Depuis cette époque, le succès est allé toujours croissant; vingt-huit éditions ont été données et une lettre particulière nous apprend qu'on vient d'imprimer le cent-quarante-cinquième mille du texte anglais. De plus il a été successivement traduit en plusieurs langues, en allemand, en norwégien et en espagnol; partout dans les pays étrangers, comme dans les Etats-Unis et en Angleterre, il est toujours accueilli avec une très grande faveur.
Cependant l'ouvrage n'était pas connu en France : c'est pour aider, c'est pour contribuer à sa diffusion que nous avons composé notre traduction. Une première lecture dans le texte original nous avait singulièrement frappé ;
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plus nous avancions dans notre lecture, plus nous étions captivé ; plus aussi nous étions intimement convaincu qu'il pourra faire un très grand bien, et parmi les fidèles qui y trouveront une exposition claire, nette, précise, complète de la doctrine de l'Eglise catholique, et parmi nos frères séparés, à qui il donne la solution de toutes les objections qu'ils opposent à nos croyances doctrinales. Nous nous sommes donc mis à l'œuvre et nous publions la traduction du livre que Son Eminence le cardinalarchevêque de Baltimore a très judicieusement et très exactement intitulé: la Foi de nos pères.
Nous ne pouvons, en effet, mieux comparer cet ouvrage qu'à V Exposition de la doctrine de VEglise catholique sur les matières de controverse, par Bossuet. L'éminent auteur se propose le même but, il traite le même objet, il suit presque la même marche, la même méthode ; nous croyons pouvoir affirmer qu'il a également réussi. Dans l'avertissement qui précède la seconde édition de son Exposition, Bossuet écrivait: « Après plusieurs siècles de contestation « avec messieurs de la religion prétendue réformée, les « matières dont ils ont fait le sujet de leur rupture « doivent être éclaircies, et les esprits disposés à concevoir « les sentiments de l'Eglise catholique. Ainsi il semble « qu'on ne puisse mieux faire que de les proposer sim- « plement et de les bien distinguer de ceux qui lui ont été « faussement imputés.Eneffet, j'ai remarqué, en différentes « occasions, que l'aversion que ces messieurs ont, pour la « plupart de nos sentiments, est attachée aux fausses « idées qu'ils en ont conçues, et souvent à certains mois « qui les choquent tellement, que, s'y arrêtant d'abord.
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« ils ne viennent jamais à considérer le fond des choses. « C'est pourquoi j'ai cru que rien ne pouvait leur être « plus utile que de leur expliquer ce que l'Eglise a défini « dans le concile de Trente, touchant les matières qui les « éloignent le plus de nous, sans m'arrêter à ce qu'ils ont c accoutumé d'objecter aux docteurs particuliers, ou « contre les choses qui ne sont ni nécessairement ni uni- « versellement reçues. »
Le vénérable archevêque de Baltimore, Mgr Gibbons, s'est inspiré du même sentiment et il se propose le même but que Bossuet. Une longue expérience des missions, données, pendant plusieurs années, aux fidèles catholiques répandus dans les diverses contrées des Etats-Unis, lui avait appris que bon nombre de nos frères séparés nourrissent des préventions et des haines contre la véritable Eglise, l'Eglise Romaine, uniquement parce qu'ils ne la connaissent ni en elle-même, ni dans ses dogmes, ni dans ses pratiques disciplinaires ; il a pensé que le meilleur et le plus efficace moyen de leur ouvrir les yeux et de dissiper leurs préjugés était de leur exposer simplement la Foi de nos pères. Seulement, écrivant pour les catholiques et les chrétiens du dix-neuvième siècle, trois cents ans après la Réforme, quelques années seulement après la célébration et les définitions du concile du Vatican, il devait être plus complet que Bossuet. Il commence par établir que l'Eglise Romaine, seule, est la véritable Eglise, parce que, seule, elle possède l'unité, la sainteté, la catholicité etl'apostolicité, essentielles à lasociété visible fondée par Notre-Seigneur ; il en conclut naturellement qu'elle est perpétuelle et infaillible. Ce point fondamental une fois solidement