LE SACREMENT DE CONFIRMATION
La confirmation est un sacrement qui, par l'imposition des mains de l'évêque, par l'onction et la prière, communique le Saint-Esprit aux personnes déjà baptisées, afin qu'elles puissent fermement professer leur foi et marcher généreusement dans la vie chrétienne. Ce sacrement est appelé confirmation parce qu'il confirme ou fortifie l'âme par la grâce divine. On l'appelle encore Vimposition des mains parce que l'évêque impose les mains sur ceux qu'il confirme. Il est encore connu sous le nom de chrême parce que le front du confirmé est oint avec le saint chrême en forme de croix.
Dans la sainte Ecriture il est souvent fait mention de ce sacrement. Au livre des Actes, il est écrit que « lorsque les apôtres, qui étaient à Jérusalem, eurent appris que la Samarie avait entendu la parole de Dieu, ils leur envoyèrent Pierre et Jean, qui, aussitôt après leur arrivée, prièrent pour eux afin qu'ils pussent recevoir le Saint- Esprit. Car il n'était encore descendu en aucun d'eux, et ils avaient été seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. Ils imposèrent alors les mains sur eux, et ceux-ci reçurent le Saint-Esprit ^ » On rapporte également que les disciples à Ephèse « furent baptisés au nom du Seigneur
^ Actes, Vm, 14-17.
Jésus; el lorsque saint Paul leur eut imposé les mains, le Saint-Esprit étant descendu sur eux, ils parlèrent plusieurs langues et ils prophétisèrent*. »
Dans son épitre aux Hébreux, saint Paul énumère la confirmation ou l'imposition des mains, avec le baptême et la pénitence, comme faisant partie des vérités fondamentales de la vie chrétienne ^ Dans l'épître aux Corinthiens il écrit : « Celui qui nous a confirmés dans Jésus-Christ et qui nous a oints, c'est Dieu; il nous a marqués de son sceau, et il nous a donné le gage de l'Esprit dans nos cœurs ^ » Dieu nous a confirmés dans la foi ; il nous a oints d'une onction spirituelle par le signe qu'il a imprimé sur nos fronts.
Il nous a scellés d'un caractère inefi'açable imprimé dans nos âmes, ce qui est signifié par le signe de la croix formé sur nous. Il nous a donné le gage du Saint-Esprit dans nos cœurs, par le témoignage d'une bonne conscience, comme un avant-goùt de la gloire future. L'évêque forme l'onction extérieure, mais Dieu est celui « qui opère tout en tous » et sanctifie l'àme par ses secrètes opérations.
On ne saurait aflirmer que l'imposition des mains et les grâces qui en découlent, telles qu'elles sont rappelées dans les Actes, dussent continuer après le temps des apôtres; car rien ne confirme une telle assertion. Mais cette fonction d'imposer les mains, formait une partie régulière et commandée du ministère des apôtres, comme le devoir qu'ils exerçaient en prêchant, en baptisant, en ordonnant. Les successeurs des apôtres, au seizième siècle, avaient donc la même autorité et la même obligation de confirmer, comme ils l'avaient de prêcher, de baptiser et d'ordonner.
1 Actes, XIX, 5, 6.
2 Hébr., VI, 1, 2.
3 Coriut., I, 21.