‹ La foi de nos pères, ou, Exposition complète de la doctrine chrétienneChapitre 39 sur 59 · LE BAPTÊME · texte numérisé non relu

LE BAPTÊME

mieux qu'il vive sans moi que de périr sous mes yeux. Je serai toujours sa mère quoiqu'il ne me connaisse pas.

Anabaptiste, mon frère, vous pensez que le baptême n'est pas nécessaire au salut de votre enfant. L'Eglise enseigne le contraire. Vous admettez que vous pouvez être dans l'erreur. Prenez le parti le plus sûr. Faites profiter votre enfant du doute. Baptisez-le... Le baptême efface le péché originel et les péchés actuels que les adultes pourraient avoir commis. L'évidente efiQcacité du baptême a été clairement montrée par le prophète Ezéchiel dans ces paroles : « Je jetterai sur vous une eau limpide et vous serez purifiés de toutes vos souillures K »

Quand les Juifs demandaient à saint Pierre ce qu'ils avaient à faire pour être sauvés, l'apôtre répondait: « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour la rémission de vos péchés ^ »

Ananie dit à Saùl après sa conversion: « Levez-vous, soyez baptisé et purifié de vos péchés ^ » « Nous étions par nature enfants de colère, dit saint Paul, mais par notre régénération ou par notre nouvelle naissance dans le baptême, nous devenons des chrétiens, enfants de Dieu. Car nous sommes tous les enfants de Dieu par la foi en Jésus-Christ. Tous ceux d'entre nous qui ont été baptisés dans le Christ ont été incorporés à lui \ » Nous sommes adoptés dans la même famille avec Jésus-Christ. Ce qu'il est par nature, nous le sommes par la grâce, enfants de Dieu et par conséquent les frères du Christ. Bien plus notre union avec Jésus est plus intime. Nous devenons les vrais membres de son corps mystique qui est son Eglise, et sa divine image est imprimée en notre âme.

Le baptême nous revêt également des habits de sainteté,

1 Ezéchiel, XXXVI, 25.

2 Actes, n, 38.

3 ma., XXII, 16.

* Galates, UI, 26, 27.

à tel point que notre âme devient une demeure, une habitation convenable pour le Saint-Esprit. L^Apôtre, après avoir donné une épouvantable énumération des vices des païens, dit aux Corinthiens : « Ainsi étaient un grand nombre d'entre vous ; mais vous êtes purifiés, vous êtes sanctifiés, vous êtes justifiés au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et par l'esprit de notre Dieu \ »

Le baptême, enfin^ nous donne des droits au ciel et nous rend cohéritiers de Jésus-Christ. « Nous aussi, dit saint Paul, nous étions jadis insensés, incrédules, dans l'erreur, esclaves de désirs et de plaisirs divers, vivant dans la malice et dans l'envie, haineux et pleins de colère les uns contre les autres. Mais quand la bonté et la tendresse de Dieu notre Sauveur ont paru... il nous a sauvés par les eaux de la rénovation et de la régénération da Saint-Esprit, qu'il a déversées sur nous en grande abondance, par Jésus-Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par sa grâce, nous devenions héritiers, ainsi qu'il a été promis, de la vie éternelle -. »

Nous voyons pleinement ici que la rémission du péché, l'adoption dans la famille de Dieu, la sanctification de l'âme et le gage de la vie éternelle sont attribués à la réception convenable du baptême; non toutefois que l'eau ou les paroles du ministre aient la vertu intrinsèque de guérir l'âme, mais parce que Jésus-Christ, dont la parole est créatrice, a daigné attacher au rite sacramentel la merveilleuse efllcacité de guérir l'âme, comme il avait accordé à la piscine de Bethsaïde le pouvoir de guérir le corps \

Après tout ce qui a été dit, je vous demande candidement ce que vous devez penser de la décision rendue en 1872 par les évêques de l'Eglise épiscopale protestante,

1 Corint., VI, 11.

2 Tite, III, 3-7.

3 s. Jean, V.

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qui, dans leur réunion à Baltimore, déclarèrent que, par le mot régénération, nous ne devions pas comprendre un changement moral. Si le baptême ne produit pas un changement moral, il n'y a pas du tout de changement, car, à coup sûr, le baptême n'opère pas de changement physique dans l'âme.

N'est-ce pas changer que de passer du péché à la vertu; de devenir, d'enfant de colère, enfant de Dieu ; de passer de la corruption à la sanctification ; de la condition d'héritier de mort à l'héritage du ciel? Si en tout cela nous ne voyons pas de changement moral, les mots ont alors perdu leur signification.

Différentes manières de baptiser : Les Anabaptistes se trompent en affirmant que le baptême par immersion est le seul mode valide. Le baptême peut être validement administré par l'un de ces trois moyens, à savoir : par mw^mow, c'est-à-dire en plongeant le néophyte dans l'eau, par infusion en versant l'eau sur sa tête, par aspersion en la faisant tomber successivement et goutte à goutte. Notre divin Sauveur n'ayant prescrit aucun mode spécial pour conférer le sacrement, l'Eglise exerce son pouvoir discrétionnaire, en adoptant le mode qui lui paraît le plus convenable, eu égard aux circonstances de temps et de lieu. Pendant plusieurs siècles après l'établissement du christianisme le baptême était habituellement conféré par immersion; mais, depuis le douzième siècle, la pratique de baptiser par infusion a prévalu dans. l'Eglise catholique, comme offrant moins d'inconvénients que le baptême par immersion ou par aspersion, qui est aussi légitime que le baptême par immersion. Il est seulement nécessaire de faire observer que, bien que l'immersion ait été plus fréquemment en usage dans la primitive Eglise, le sacrement était, même alors, souvent administré par infusion et par aspersion.

Après le premier discours de saint Pierre « trois mille

personnes furent baptisées *. » Il n'est pas probable que, pour un si grand nombre, le baptême ait été donné par immersion en un jour, surtout quand nous considérons le temps employé à instruire les néophytes. Enlisant le récit du baptême de saint Paul et du geôlier, nous sommes portés à croire, par l'impression qui reste de l'ensemble du récit, que tous les deux ont reçu le baptême par aspersion ou par infusion. L'histoire ecclésiastique des premiers siècles rapporte un grand nombre d'exemples où le baptême a été administré aux malades dans leur lit, 2m\ prisonnier s dans leurs fers et aux voyageurs sur le vaisseau. Les Pères de l'Eglise n'ont jamais révoqué en doute la validité ou la légitimité d'un tel baptême. Or il est presque impossible de croire que les néophytes aient pu, dans une semblable situation, recevoir le baptême par immersion.

Nous avons vu de plus, que le baptême a toujours été nécessaire pour le salut. Il est donc raisonnable de croire que Notre-Seigneur a offert la plus grande facilité pour la réception d'un sacrement si essentiel.

Mais si le baptême par immersion était seul valide, combien de malades ou de personnes délicates, combien de prisonniers ou de gens de mer, combien d'hommes vivant sous ^a zone glaciale, ou même sous la zone tempérée, pendant un hiver rigoureux, combien dis-je qui, tout en implorant la grâce de la régénération, seraient privés du caractère d'enfants de Dieu, ou ne le pourraient recevoir qu'au péril de leur vie ! Assurément Dieu ne nous intime pas ordinairement ses ordres sous de si rigoureuses peines.

De plus, si l'immersion est la seule forme valide de conférer le baptême, que deviendront ces millions d'àmes qui, dans tous les âges et dans toutes les contrées, ont été régénérées par l'infusion ou par l'aspersion de l'eau dans l'Eglise chrétienne?

» Actes, II, 4i.

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