USAGE DES CEREMONIES RELIGIEUSES
Dans le jardin de Gethsemani, « il tombe le visage contre terre* ,» c'est l'attitude de la plus humble supplication.
Il vient en procession à Jérusalem accompagné d'une grande multitude qui chante: «Hosannaaufilsde David^I»
A la dernière cène, il bénit le pain et le vin et, après le souper, il chante une hymne avec ses disciples^
Quand on lui amène le sourd-muet, avant de le guérir, il lui met les doigts dans les oreilles, il touche sa langue avec de la salive. « Et levant les yeux vers le ciel, il pousse un soupir et dit: Ephphetah, ce qui signifie ouvrezvous*.»
Quand il communique le Saint-Esprit à ses apôtres, il souffle sur eux\ Les mêmes apôtres, dans la suite, communiquent le Saint-Esprit en étendant les mains sur la tête des fidèles^
L'apôtre saint Jacques conseille aux malades d'appeler le prêtre pour se faire oindre avec de l'huile' au nom du Seigneur.
Tous ces actes que je viens de rappeler, la prostration, la procession, l'invocation respectueuse, le chant des hymnes, l'attouchement des oreilles, l'insufflation sur les apôtres, l'imposition des mains, l'onction des malades, tous ces actes, dis-je, ne sont-ils pas des cérémonies servant de modèle à celles que l'Église catholique emploie dans ses adorations publiques et dans l'administration de ses sacrements?
Les cérémonies qui constituent maintenant le culte public sont toutefois plus magnifiques "et plus solennelles
^ s. Matth-, XXVI.
2 /bfd., XXL
3 Ibid., XXVI.
'' s. Marc, VU.
= S. Jean, XX.
^ Actes, VHL ' S. Jacques, V.
que celles dont nous venons de parler; il est naturel en effet, que la majesté des cérémonies croisse, augmente graduellement avec l'extension du Christianisme lui-même.
Où trouvons-nous un rituel plus majestueux que celui qui nous est présenté dans le livre de l'Apocalypse? Les anges,avec leurs encensoirs d'or,se tiennent debout devant le trône, tandis que les vieillards jettent leur couronne d'or aux pieds de l'Agneau qu'on a immolé. On y aperçoit une multitude de toutes les nations, de toutes les langues, de tous les peuples, vêtus d'habits blancs et portant les palmes de la victoire. On y voit aussi des vierges qui suivent de près l'Agneau ; elles tiennent des harpes dans leurs mains, elles chantent des hymnes sacrées, faisant retentir l'air de cantiques nouveaux qu'elles seules peuvent répétera
Quel magnifique tableau I combien les détails en ont été soignés!
Il serait étrange que Dieu, qui, dans la loi ancienne et môme dans le ciel, se présente à nous comme trouvant sa joie et ses délices dans la majesté extérieure,eneùt privé l'Eglise chrétienne, cet anneau vivant qui unit le passé et le futur de la gloire extérieure.» Car, comme le dit saint Paul, « si le ministère de damnation est glorieux, à combien plus forte raison le ministère de justice doit-il abonder en gloire^ »
Il est vrai que Dieu a renouvelé ce reproche contre les enfants d'Israël : « Ce peuple n'approche de moi que de bouche, il m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi^ » Il est encore vrai que leurs sacrifices et leurs fêtes religieuses lui ont déplu'. Il ne les blâme pas de ce qu'ils le louaient, mais de ce que leurs cœurs n'éprouvaient, ne ratifiaient pas le sentiment que leurs lèvres
1 Apocalypse, passim.
2 U Gorint., IH. 9.
3 Isaïe, XXIX, 13.
* Ibid., I, i3.