‹ La foi de nos pères, ou, Exposition complète de la doctrine chrétienneChapitre 48 sur 59 · CEREMONIES DE LA MESSE · texte numérisé non relu

CEREMONIES DE LA MESSE

Seigneur. accepta avec gratitude les trésors des mages, quoiqu'il eût pu s'en passer. Quelques personnes en voyant nos sanctuaires si somptueusement décorés, s'écrient : N'eùt-il pas mieux valu donner aux pauvres l'argent qu'on a dépensé pour se procurer toutes ces choses? Ainsi se plaignait Judas, quoiqu'il n'eût aucun souci des pauvres^ Lorsque Marie répandit de son vase d'albâtre son précieux onguent, notre Sauveur n'eut garde de la blâmer. Pourquoi n'imiterions-nous pas Marie, en plaçant aux pieds du divin Maitre et autour de son sanctuaire, nos vases avec leurs pures et odoriférantes fleurs, afin que l'église soit remplie de leurs parfums, comme la maison de Simon le fut par l'odeur de cette liqueur précieuse? A certaines saisons le Très-Haut n'orne-t-il pas de fleurs et de lis très variés cette terre le grand temple de la nature? Qu'y a-t-il de plus convenable qu'à certaines occasions, nous embellissions son sanctuaire, ce lieu qu'il s'est choisi pour son habitation parmi nous? Il est doux de ravir aux champs leurs plus beaux trésors, pour rendre plus magnifiques les temples bâtis par la main des hommes.

Les vêtements sacrés dont vous voyez l'officiant revêtu, ont dû vous frapper comme très antiques et hors de saison. A cela rien de surprenant ; car si vous voyiez une dame dans l'église avec une coiffure semblable à celle que portait la reine Elisabeth, son costume vous paraîtrait singulier. Les vêtements de nos prêtres sont d'une époque bien plus ancienne que celle où vivait Elisabeth, bien plus ancienne que l'empire anglais. Eusèbe et d'autres écrivains du quatrième siècle en parlent comme existant déjà de leur temps. Il n'est donc pas étonnant qu'ils paraissent bizarres à des yeux qui ne sont pas accoutumés à les voir.

» s. Jean, Xll, 6.

Dans la loi ancienne, Dieu avait prescrit aux prêtres les habits sacrés qu'ils devaient porter en remplissant leurs fonctions saintes : « Tels seront les ornements qu'on fera (pour les prêtres) : un rational, unéphod, une tunique et d'étroits vêtements de lin, une mitre et une ceinture. On fera des vêtements sacrés pour votre frère Aaron et pour ses enfants, afin qu'ils puissent remplir Foffîce du sacerdoce en maprésence^» Conduite par le Ciel, l'Eglise elle aussi a prescrit des vêtements sacrés pour ses prêtres exerçant le saint ministère. Il est, en effet, éminemment convenable que le ministre de Dieu, tandis qu'il célèbre, soit paré des ornements qui lui rappellent fortement le caractère sacré dont il est revêtu, lui redisent aussi bien qu'aux fidèles les sublimes fonctions qu'il remplit.

Le costume que porte le prêtre tandis qu'il célèbre la messe comprend il'amict, ou blanc vêtementautourducou; l'aube, ou habit blanc qui descend jusqu'au talon et est rattaché autour de lui par une ceinture; le manipule, suspendu au bras gauche; l'étole, placée sur les épaules et se croisant sur la poitrine ; la chasuble, ou vêtement extérieur plus ample.

La chasuble, l'étole et le manipule varient de couleur selon les occurrences. Ainsi on emploie les vêtements blancs à Noël, à Pâques et aux autres fêtes qui nous rappellent la joie; à la Pentecôte, aux fêtes des apôtres et des martyrs, on se sert des ornements rouges; on revêt les ornements verts au dimanche de la Sainte-Trinité; on se sert des ornements violets pendant l'avent et le carême, et l'ornement noir sert aux messes des morts.

Un mot seulement de plus sur ce sujet. 11 y a quelques années à peine, tout le monde protestant flétrissait, d'un commun accord, l'usage des fleurs dans la décoration de nos autels, de l'encens, des vêtements sacrés et de l'autel

1 Lévitique, XXVm, 4.

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