PUE F ACE DE L AUTELH
circuler parmi le peuple, pour qu'il les lise et les examine à loisir.
Gomme nous avons eu pour principal but de faire connaître les vérités de la foi à ceux de nos frères séparés, qui acceptent généralement l'Ecriture comme la seule source de l'autorité en matière religieuse, nous avons essayé de fortifier nos assertions par de nombreux renvois au texte sacré. Cependant il ne nous a pas paru hors de propos d'ajouter aussi de fréquentes citations des Pères du premier siècle. Leur témoignage n'est pas sans valeur pour ceux même qui révoquent en doute leur autorité personnelle; c'est du moins une constatation de la foi de l'époque où ils ont vécu.
Quoique nous nous soyons spécialement appliqué à être très exact dans toutes nos affirmations, il a pu s'y glisser quelques inexactitudes accidentelles. Nous profiterons donc avec reconnaissance, pour les éditions suivantes, de toutes les corrections que les vénérables prélats ou autres membres du clergé voudront bien nous proposer.
Uichciuond, 21 novembre 1876.
Mon cher lecteur,
C'est peut-être la première fois de votre vie, que vous prenez en main un livre où les doctrines de l'Eglise catholique sont exposées par un de ses enfants. Vous avez, sans nul doute, lu et entendu beaucoup de choses concernant notre
1 Nous avons conservé cette Introduction parce que, croyons-nous, elle ne peut manquer de^produire sur l'esprit des lecteurs la plus favorable impression. Ils verront avec quel soin le pieux archevêque de Baltimore a composé son livre, et à n'en pas douter ils seront heureux de constater par eux-mêmes l'esprit de modération qui l'anime et dont il ne se départira jamais. Sans doute ils pourraient être tentés de n'y trouver rien qui puisse convenir à des lecteurs français. Nous les prions de se mettre en garde contre ce premier jugement, de se rappeler les conditions dans lesquelles Mgr Gibbons se trouve. Il s'adresse à des hommes qui sont très prévenus contre nous, il est donc obligé de tenir compte de leurs préjugés et de présenter nos vérités sacrées sous une forme qui soit de nature à piquer leur curiosité et à dissiper leurs préventions. Si, par conséquent, il met en scène un ministre protestant des Etats-Unis et un Américain nouvellement converti, il ne faudrait pas en conclure que la Foi de nos pères ne saurait convenir à une autre classe de lecteurs. Ce livre, nous ne craignons pas de Taffirmer, sera de la plus grande utilité aux simples fidèles et aux personnes même les plus instruites, car elles y trouveront les doctrines chrétiennes présentées avec un talent supérieur. Toutes les difficultés que semblent offrir nos dogmes sont habilement et solidement réfutées de manière à satisfaire les plus difficiles. Pour peu qu'on veuille poursuivre cette lecture, on en sera bientôt intimement convaincu.
Eglise ; mais vos coiniaissances ne vous oiil-cUes pas été transmises par des maîtres justement suspects? Vous demandiez du pain, et ils vous ont donné des pierres; des poissons, et ils vous ont présenté des serpents. Au lieu du pain de la vérité, ils vous ont offert le pain du mensonge. Sans vouloir (Hre injuste, votre esprit n'est-il pas imbu de préjugés contre nous, parce que vous avez prêté l'oreille à des témoignages mensongers? C'est du moins le cas d'une multitude de mes concitoyens que j'ai rencontrés dans les courses rapides de ma carrière de missionnaire.
Les feuilles publiques les plus répandues persistent à présenter sous un faux jour la doctrine de l'Eglise catholique.
On l'attaque dans des romans semblables à ceux de Marie Monk; dans des peintures, comme celles de Harper ; dans des histoires aussi connues que celles de Pierre Parley. Dans la plus grande partie de la presse, dans les pamphlets, mais surtout dans les chaires qui devraient être consacrées à la vérité et à la charité, elle est victime des calomnies les plus insensées. Sur son beau et céleste visage, ses ennemis ont placé un masque hideux, et sous ce déguisement ils l'ont présentée aux insultes et aux railleries de la foule. Ainsi fut traité Jésus son époux : on le revêtit d'un manteau d'écarlate, on le couronna d'épines^ et après avoir été défiguré delà sorte il devint le jouet d'une populace insensée.
Ils ont peur de dire la vérité en ce qui la concerne ; car
Pour attirer à hii le cœur de T homme sage
Le vrai n'a qu'à montrer les traits de son visage ^
Il n'est pas rare de voir s'engager entre un ministre protestant et un converti à l'Eglise catholique, un dialogue comme celui-ci :
Le ministre. — Vous ne pouvez nier que l'Eglise catholique romaine enseigne de grosses erreurs, l'adoration des images par exemple.
Le converti. —Je n'admets pas de telles accusations; car ce n'est pas ce qu'on m'a appris.
' Drv-icu.
Le ministre. — Le prêtre qui vous a instruit ne vous a pas tout dit; il vous a caché quelques points qu'il prévoyait devoir être pour vous la cause d'un grand nombre d'objections.
Le converti. — Il ne m'a rien caché, car j'ai en ma possession des livres traitant à fond de la doctrine catholique.
Le ministre. — 0 àme trompée I Ne savez-vous pas qu'en Europe on instruit différemment I
Le converti. — Gela ne saurait être, car l'Eglise enseigne le même Credo dans tout Tunivers, et la plupart des livres doctrinaux que j'ai lus ont été tout d'abord publiés en Europe.
Les ministres qui font ces accusations diffamatoires sont cependant surpris de notre indignation, et ils nous accusent d'être trop sensibles. Nous avons été vilipendés pendant si longtemps, que nous paraissons (c'est du moins ce qu'ils pensent) n'avoir pas même le droit de nous plaindre.
Il est impossible d'exagérer l'injure de ceux qui calomnient de la sorte volontairement l'Eglise. Il y a un commandement qui dit : « Tu ne porteras pas de faux témoignages contre ton prochain. »
S'il y a péché à porter de faux témoignages contre une personne, comment pouvons-nous qualifier le crime de ceux qui calomnient ainsi, deux cent trente-cinq millions d'hommes, en leur attribuant des doctrines qu'ils répudient et abhorrent ?
Je ne suis pas étonné de voir l'Eglise détestée par ceux qui n'ont appris à la connaître que par ses ennemis. Il est naturel qu'un honnête homme conçoive de l'aversion pour une institution dont il croit l'histoire marquée par le sang, le crime et la fraude.
Si j'avais été, comme eux, élevé et enveloppé dans une atmosphère hostile à l'Eglise, peut-être aurais-je été assez malheureux, pour n'avoir vis-à-vis d'elle qu'aversion et vengeance, au lieu de consacrer ma vie à la détendre.
Ce n'est pas de leur hostilité (jue je me plains, mais de ce que le jugement qu'ils en ont porté est fonde sur les assertions téméraires de leurs ennemis, et non sur des témoignages impartiaux.
Si je voulais bien connaître les peuples du Sud, neserais-je pas injuste de choisir comme seules sources de mes informa-
tiens, certaines feuilles périodiques du Nord et de l'Est qui , pendant nos guerres civiles, ont montré une animosité si hostile à la race et aux institutions du Sud^ Ces journaux nous les ont représentés comme des hommes faisant toujours appel non à la loi, mais au sabre et aux armes à feu pour venger leurs droits. Ils ont dirigé contre vous des accusations que je ne répéterai pas ici.
Au lieu de prendre ces publications comme base de mes informations, je devrais venir chez vous, vivre avec vous, connaître votre vie en étudiant votre caractère public et privé. C'est ce que j'ai fait, et ici je suis heureux de rendre hommage aux nombreuses et excellentes qualités de votre esprit et de votre cœur.
Je vous demande, en retour, d'accorder à l'Eglise cathohque la même mesure de loyauté que vous exigez raisonnablement de moi pour juger les habitants du Sud. Ne demandez pas ce qu'elle est, ni à ses ennemis qui sont aveuglés par la passion, ni à ses enfants ingrats qui l'ont reniée ; car vous n'entendrez jamais un enfant bien parler d'une mère qu'il a abandonnée et méprisée.
Etudiez son histoire dans les pages de la vérité. Examinez son Credo. Lisez les catéchismes et les livres doctrinaux qu'elle a approuvés. Vous les trouverez partout, dans les rayons des hbraires, dans les bibliothèques du clergé, sur les tables des familles catholiques.
L'Eglise catholique n'est pas une franc-maçonnerie; elle n'a pas de secrets à garder. Elle n'a pas un corps de doctrine pour les évoques et les prêtres, et un autre pour les laïques. Elle n'a pas un Credo pour les initiés, et un autre pour ceux qui ne le sont pas. Tout, dans l'Eglise catholique, est comme étalé au grand jour. Elle a la même doctrine pour tous, — pour le Pape comme pour le paysan.
Ne suis-je pas plus autorisé à vous présenter le Credo de l'Eglise que les témoins ennemis dont je viens de parler ?
J'ai sucé sa doctrine avec le lait de ma mère. J'ai fait de son histoire et de si théologie l'étude de toute ma vie. Qu'ai-je à attendre en vous trompant? Aucune récompense temporelle, puisque je ne cherche pas votre argent, mais
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uniquement votre âme, pour laquelle Notre-Seigneur est mort. Je n'ai pas à espérer, en vous précipitant dans l'erreur, une récompense éternelle; je mériterais plutôt une damnation éternelle en faisant des prosélytes aux. dépens de la vérité.
Voilà, cliers lecteurs, le seul et unique but que je poursuis. Je sens au fond de mon cœur qu'en possédant la foi catholique, j'ai un trésor en comparaison duquel toutes les richesses de la terre ne sont que de la rouille. Loin de vouloir Tensevelir dans mon sein, je brûle de le partager avec vous, assuré que je suis de ne rien perdre de mes richesses spirituelles en les communiquant aux autres.
C'est pour moi un besoin (l'amour m'impose cette tâche) de vous dire la vérité sur ma vénérable mère ; je m'y crois d'autant plus obligé que, de nos jours, elle est plus calomniée. S'il fallait admettre comme vrai seulement la dixième partie de toutes les accusations portées contre elle, je ne demeurerais pas attaché un seul jour à son ministère ni à sa communion. Je sais que toutes ces charges sont fausses. Plus je la connais, plus je l'admire et plus je la vénère. Tous les jours elle déploie devant moi de nouveaux charmes spirituels.
Ahl mon cher ami, si vous la voyiez comme ses enfants la voient, elle ne vous apparaîtrait plus sous les traits de la femme de Babylone, mais elle se révélerait à vous « brillante comme le soleil, belle comme la lune, avec la beauté du ciel gravée sur son front, glorieuse comme une armée rangée en bataille ». Vous l'aimeriez, vous vous attacheriez à elle, vous l'embrasseriez. — Avec ses enfants, vous vous lèveriez plein de respect et vous l'appelleriez bénie.
Considérez ce que vous perdez et ce que vous gagnez en embrassant la religion catholique.
Ce que vous perdez n'est rien à côté de ce que vous gagnez. Vous conservez votre dignité d'homme, votre indépendance et les nobles prérogatives de votre raison. Vous ne faites l'abandon d'aucune vérité acquise. Le seul frein qui vous est imposé, c'est celui de l'Evangile, et vous n'avez rien de raisonnable à lui opposer.
Vous faites Tacquisition de tout ce qui mérite d'être possédé. Vous arrivez à une connaissance complète et logique de la révélation divine. Vous entrez en possession de la vérité tout entière, telle qu'elle est en Jésus. Vous ne la tenez plus seulement par fragments, mais elle se présente à vos yeux dans toute sa beauté, comme réfléchie dans un miroir poli. Votre connaissance de la vérité n'est pas Feulement complète et harmonieuse, mais encore stable et ferme. Vous échangez l'opinion contre la certitude. Vous n'êtes plus « agité de tous côtés par tout vent de doctrine ». Vous jouissez alors de la profonde paix que procure la possession consciente de la vérité.
En venant à l'Eglise^ vous n'entrez pas dans un lieu inconnu, mais vous retournez à la maison de votre père. La demeure et son ameublement peuvent vous paraître étranges, mais c'est la même que vos aïeux ont laissée il y a trois cents ans. En revenant à l'Eglise, vous adorez ce que vos pères ont adoré avant vous; vous vous agenouillez devant un autel où ils se sont prosternés; vous participez aux sacrements qu'ils ont reçus, et vous respectez l'autorité du clergé qu'ils ont vénéré. Vous revenez, comme l'enfant prodigue, à la maison do votre père et de votre mère. Ou vous revêt des habits de joie^ le banquet de l'amour est dressé devant vous; on vous donne le baiser de paix comme gaî?e de votre filiation et de votre adoption. Un tendre embrassement de votre alfectueuse mère vous dédommagera de tous les sacrifices que vous vous serez imposés, et vous vous écrierez avec Augustin pénitent : « Trop tard je vous ai connue, ô beauté toujours ancienne et toujours nouvelle, trop tard je vous ai aimée ! »
Si la lecture de cet ouvrage pouvait faire parvenir une seule àme à la connaissance de la vérité et de l'Eglise, mon travail serait largement récompensé.
Souvenez-vous qu'il n'est rien de plus important que le salut de votre àme immortelle. « Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il vient à perdre son àme * ? » Ainsi donc, que ni la crainte d'offenser des parents et des amis, ni la
1 S. Matth., XVI, 20.
persécution des hommes, ni la perte des possessions terrestres ne vous empêchent de rechercher et d'embrasser la vraie religion. « Car le moment si court et si léger des afflictions « que nous souffrons en cette vie produit en nous le poids « éternel d'une souveraine et incomparable gloire ^ . »
Daigne Dieu vous éclairer et vous faire voir la vérité; et surtout, après que vous l'aurez aperçue, qu'il vous donne le courage et la force de la suivre t
1 11 Corint,, IV, 17.