‹ La foi de nos pères, ou, Exposition complète de la doctrine chrétienneChapitre 6 sur 59 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

h\ SAINTE TRINITÉ. — L'INCARNATION, ETC.

L'Eglise catholique enseigne qu'il n'y a qu'un seul Dieu, dont la science, la puissance, la bonté comme toutes les autres perfections sont infinies ; un Dieu qui a créé toutes choses par sa toute-puissance et qui les gouverne par sa Providence.

Dans ce Dieu unique, il y a trois personnes distinctes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, qui sont parfaitement égaux entre eux.

Nous croyons que Notre-Seigneur Jésus-Christ, la seconde personne de la sainte Trinité, est Dieu parfait et homme parfait. Il est Dieu, car il « est au-dessus de toute chose, et béni dans tous les siècles ^ ». ^ l\ est Dieu et tiré de la substance du Père, engendré avant le temps, et il est homme tiré de la substance de sa mère dans le temps ^ » Par amour pour nous, et afin de nous arra-

1 Rome, IX, 3.

- Symbole de S. Athauase.

cher aux misères dont nous avons été accablés, par suite de la désobéissance de nos premiers parents, le Verbe divin est descendu du ciel, il s'est fait homme dans le sein de la vierge Marie, par l'opération du Saint-Esprit. Il est né le jour de Noël, dans une étable, à Bethléem.

Après avoir mené une vie obscure pendant trente ans environ, principalement à Nazareth, il commença sa carrière publique. 11 s'associa un certain nombre d'hommes appelés apôtres, qu'il instruisit dans la doctrine de la religion dont il jetait les fondements.

Pendant trois ans, il alla faisant le bien, rendant la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, guérissant toutes sortes de maladies, ressuscitant les morts et annonçant dans toute la Judée le nouvel évangile de la paix \

Le Vendredi-Saint, il fut crucifié sur le Calvaire et nous mérita par sa mort la rédemption. Voilà pourquoi Jésus seul porte les titres de Sauveur et de Rédempteur, « car il n'y a sous le ciel aucun autre nom par lequel les hommes puissent être sauvés -. » « Il a été blessé pour nos iniquités; il a été meurtri pour nos péchés... et par ses meurtrissures il nous a sauvés \ »

Jésus souffrant et mourant pour nous, nous ordonne de l'imiter par le crucifiement de notre chair et par des mortifications journalières : « Si quelqu'un veut venir après moi, dit-il, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne tous les jours sa croix et qu'il me suive '\ »

Voilà pourquoi nous nous abstenons de la chair des animaux le vendredi, jour consacré aux souffrances du Sauveur, non parce que manger de la viande serait un péché en soi, mais parce que nous voulons faire un acte salutaire de mortification. Des enfants pieux seraient plu-

1 s. Matth., XI.

a Actes, IV, 12.

3 Isaïe, LUI. 5.

* s. Luc, IX, 23.

LA SAINTE TRINlTi:. — ■ L INCARNATION, KTC. 25

tôt portés, par leur fidèle tendresse, à rappeler l'anniversaire de la mort de leur père par des prières et par des jeûnes que par des festins. Nous nous abstenons encore de la chair des animaux le vendredi, pour donner, dans une faible mesure, des preuves sensibles de notre dévouement envers notre Maître bien-aimé, par la mortification de notre corps, essayant comme saint Paul : « de porter en* notre corps la mortification de Jésus, afin que sa vie paraisse dans nos corps \ »

Les catholiques professent pour la croix un très grand respect, parce qu^elle fut l'instrument sur lequel on crucifia notre Sauveur. Elle domine nos églises, elle orne nos sanctuaires. Nous la vénérons comme l'emblème de notre salut. « Loin de moi, dit l'Apôtre, de me glorifier en autre chose qu'en la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ ^)) Nous ne cherchons pas à attacher une vertu intrinsèque à la croix; il y aurait là péché et idolâtrie. Nous faisons remonter notre vénération jusqu'à Celui qui a bien voulu mourir entre ses bras.

C'est pour les fidèles une très pieuse et très ancienne coutume de faire sur eux le signe de la croix, en disant en même temps : « Au nom du Père, du Fils et du Saint- Esprit. » Tertullien, qui vivait au second siècle de l'ère chrétienne, dit : « Dans toutes nos actions, quand nous entrons, quand nous sortons, quand nous nous habillons, quand nous nous baignons, à nos repas, avant de nous retirer pour prendre notre repos... nous faisons sur nous le signe de la croix. Ces pratiques ne sont pas l'objet d'une loi spéciale dans les Ecritures; mais les traditions nous les enseignent, la coutume les confirme, la foi les observe \ » Par le signe de la croix, nous faisons pro-

1 II Gorint., IV, 10.

2 Galates, VI, 14.

•^ De corona, CIII.

fession de foi à la Trinité, à rincarnation, et nous accomplissons l'acte le plus salutaire de la religion.

Nous croyons qu'un dimanche, de grand matin, Jésus- Christ manifesta sa divine puissance en ressuscitant par sa propre vertu, et qu'après avoir passé quarante jours sur la terre, depuis le moment où il sortit du tombeau jusqu'à celui où il acheva d'instruire les apôtres, il s'éleva de la montagne des Oliviers au plus haut des cieux.

A la fête de la Pentecôte, autrement appelée Whitsunday, dix jours après son ascension^ notre Sauveur envoya, comme il l'avait promis, son saint Esprit à ses disciples tandis qu'ils étaient réunis pour prier. Le Saint-Esprit purifia leur cœur de toute souillure et leur communiqua une connaissance complète des doctrines du salut, pour qu'ils pussent ensuite les publier. C'est en cette même fête de la Pentecôte que les apôtres commencèrent leur sublime mission; c'est à ce jour encore qu'on s'accorde à faire remonter les commencements de la vie active de l'Eglise catholique.

Notre Rédempteur donna à ses apôtres la plus grande autorité pour enseigner en son nom ; leur commandant : « de prêcher l'Evangile à toute créature, » et ordonnant à tous, sous les peines les plus graves, de les écouter et de leur obéir : « Celui qui vous écoule m'écoute, celui qui vous méprise me méprise et celui qui me méprise méprise Celui qui m'a envoyé \ »

Et de peur que nous ne soyons induits en erreur, dans le discernement que nous devons faire de la vraie Eglise et des fausses sectes, dont notre Maître a prédit la naissance, il s'est plu à graver sur son église des marques brillantes à l'aide desquelles tout investigateur sincère pourra facilement la reconnaître comme sa légitime épouse. Voici les principales marques ou caractères de la

1 s. Luc, X, 16.

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