‹ La foi de nos pères, ou, Exposition complète de la doctrine chrétienneChapitre 51 sur 59 · DE LA MORALITE COMPARÉE DES PAYS PROTESTANTS ET CATHOLIQUEÔ · texte numérisé non relu

DE LA MORALITE COMPARÉE DES PAYS PROTESTANTS ET CATHOLIQUEÔ

On a sérieusement affirmée que la confession du péché et la doctrine de l'absolution tendent à multiplier le crime et à propager l'immoralité. On nous montre des statistiques établissant que les meurtres et les naissances illégitimes sont bien plus nombreux dans les pays soumis à l'influence catholique ; et on en conclut que cet excès de méchanceté est la suite de la confession et de V absolution trop facile.

Si notre pratique d'absoudre seulement ceux qui, tout à la fois, se repentent et se confessent conduit au relâchement de la morale, combien plus doit y porter le système protestant qui néglige le point le plus humiliant, et admet le pécheur à la réconciliation en n'exigeant que les dispositions intérieures ? Gomme tous nos catéchismes l'enseignent et comme tout catholique le sait, il n'y a pas de rémission du péché sans la douleur du cœur, et sans le ferme propos de s'amender. Ce serait une grave erreur de supposer que le catholique, même le plus ignorant, pense obtenir le pardon de ses péchés en les confessant seulement, sans en avoir une vraie douleur. L'estime qu'un très grand nombre de protestants ont de la vertu de la classe la plus inférieure des catholiques romains, est assez clairement démontrée par la préférence qu'ils font constamment paraître en employant des catholiques, — des catholiques pratiquants, — des catholiques allant à confesse. Je soutiens donc que la confession, loin d'exciter au péché, comme nos adversaires ont l'audace de l'affirmer, est un remède très puissant contre la perversité des hommes, et un des préservatifs le plus efficaces contre leurs criminels excès.

Est-il bien vrai que les meurtres et les naissances illégitimes sont plus nombreux dans les pays catholiques que dans les pays protestants? Je nie absolument l'assertion, et je fais appel aux statistiques pour soutenir le contraire. D'où nos adversaires tirent-ils leurs informations ? A coup sûr du révérend M. Hobart Seymour, « de la nuit parmi les Romains, » et d'autres compilations qui ne méritent aucune croyance, leurs comptes rendus ayant été mille et mille fois réfutés.

Le révérend M. Seymour donne les chiffres suivants des meurtres qui se commettent en Angleterre, en France, en Irlande.

En Irlande. . . 19 homicides pour un million d'habitants. En France. . . 31 id. id.

En Angleterre 4 id. id.

Après avoir lu ce qui précède, le lecteur ne se rejettera-t-il pas en arrière pour s'écrier: « Vraiment l'atmosphère de l'Angleterre est morale! » Mais comment comparer ces comptes rendus imaginaires avec les rapports que je soumets au lecteur impartial? De récents rapports tirés pour la France (du Grand-Livre), et « du directoire officiel de Thom pour l'Angleterre et l'Irlande (1869), » donnent les résultats suivants :

Condamnations et sentences de mort. Exécutions.

1864 France 9 5

1867 Angleterre et Ecosse 27 iO

Id. Irlande 3 0

Ces chiffres, puisés à des sources authentiques, sont loin de confirmer l'assertion de nos accusateurs qui soutiennent que les meurtres sont plus nombreux dans les pays catholiques que dans les pays protestants. Les statistiques de ces crimes sont limitées ou on ne les a pas fait entièrement connaître. Nous avons des informations plus étendues à l'égard des autres grands crimes qui se commettent, on nous en accuse du moins, dans des proportions plus alarmantes dans les contrées soumises à l'influence catholique, l'illégitimité est de ce nombre. Ici encore nous opposerons aux statistiques des contre-statistiques pour réfuter ces injustes accusations. Nous ne voulons pas qu'on nous prenne pour les avocats de l'impeccabilité des communautés catholiques. Nous avouons franchement, et nous déplorons du fond du cœur, les désordres dont les catholiques se rendent coupables, mais nous nions qu'ils soient pires que leurs voisins les protestants; et nous nions avec non moins d'assurance que l'Eglise soit responsable de leurs désordres.

Le Journal de la Société statistique de Londr es, ^onr les années 1860, 62, 65, 67, donne le compte rendu des naissances illégitimes en Angleterre et en Ecosse qui s'élèvent à 6 1/2 pour cent, tandis que dans le royaume catholique de Sardaigne le nombre est un peu inférieur à 2 pour cent, et en Irlande à 3 pour cent. Si, par la statistique de l'illégitimité, on peut juger sûrement de la moralité d'un pays, n'est-il pas très consolant de passer de la protestante Angleterre en Irlande, ou du Continent en Sardaigne !

Afin de pouvoir apprécier d'un seul coup d'œil la vraie condition des contrées d'Europe par rapport à ces sortes de crimes, je vais insérer, aussi correcte que possible, une table tirée des plus récents rapports. (Voyez, Monde catholique, vol. XI, p. 112.)

Comparaison élahlie entre les naissances illégitimes des différentes contrées catholiques et protestantes d'Eu^ râpe, 100 étant pris pour hase.

PROTESTANTS Par 100.

Hollande 4,00

Suisse 5,0

Prusse (protestante) 10,0

Angleterre et pays de Galles 6,5

Suède et Norwége 9,G

Ecosse 10,1

Danemark H ,0

Etats Germaniques, 14,8

"Wurtemberg 16,4

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