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tres, la seule partie des Ecritures où l’on rapporte les actions accomplies avant l’ascension de Notre-Seigneur, saint Pierre nous apparaît comme Saül au milieu des tribus, dépassant de la tête et des épaules ses frères, pour la part importante qu’il prend dans tout l'exercice du saint ministère.
Les douze premiers chapitres des Actes sont consacrés À saint Pierre et à quelques-uns des apôtres; les autres nous racontent souvent les actions de l’Apôtre des Gentils. Dans ce court fragment historique, comme dans les Evangiles, le nom de Pierre est mis en évidence en mille endroits.
Dans l’énumération générale, son nom est toujours cité le premier, comme celui de Judas Iscariote }”: invariablement le dernier (1). Saint Matthieu appelle toujours Pierre le premier des Apôtres. Pierre n’est ni le plus ancien par l’âge, ni le premier par l'élection; son frère aîné, André, ayant été choisi avant lui. Le sens de cette expression veut donc dire que Pierre a été le premier par le rang et l'honneur, mais aussi par l’auto.ité.
Saint Pierre est le premier des apôtres qui ait opéré un miracle (2). Il est le premier à s’adresser dans Jérusalem aux Juifs, tandis que ses frères les apôtres se recueillent autour de lui. C’est dans cette circonstance qu'il convertit trois mille âmes (3).
Saint Pierre est le premier à faire des conversions parmi les Gentils dans la personne de Corneille et de ses amis.
Quand il faut donner un successeur à Judas, Pierre parle seul. Il indique aux apôtres et aux disciples qu'ils ont l£ devoir de choisir celui qui doit succéder au traf-
Ga) S. Matth., x, 2; S. Marc, mm, 16: S. Luc, vi, 14; Actes, 1, 14. (2) Actes, ur.
(3) Actes, 1.
tre. Les apôtres acquiescent en silence aux instructions de leur chef (1).
Dans le concile apostolique de Jérusalem, saint Pierre est le premier dont on rappelle le sentiment, Avant son discours ‘il y avait une grande discussion”? Quand il eut fini de parler, la multitude entière garda un profond silence (2).
Saint Jacques et les autres apôtres se rangent à l’avis de saint Pierre sans proférer un mot d'opposition.
Saint Jacques est jeté en prison par Hérode, et peu après décapité. C’est un des trois apôtres les plus favorisés. Il était cousin de Notre-Seigneur et frère de saint Jean. Cependant les fidèles ne firent pas d’extraordinaires efforts pour l’arracher à la mort.
Pierre est mis en prison vers le même temps. Toute l'Eglise se soulève. Des prières pour sa délivrance montent vers le Ciel, non seulement de Jérusalein mais de toute la famille chrétienne répandue sur la terre CE, L'armée du Seigneur peut supporter la perte d’un chef particulier dans la personne de saint Jacques, mais elle ne peut se résoudre à perdre celui qui a le commandement général. Les ennemis de l'Eglise avaient espéré que la mort du premier Pasteur amènerait la destruction du troupeau. Voilà pourquoi ils redoublèrent de fureur contre le prince des apôtres. Aujourd'hui encore les ennemis de cette même Eglise dirigent tous leurs traits contre le Pape, son successeur, Cette conduite ne proclame-t-elle pas éloquemment l'autorité Supérieure de Pierre? De fait, Pierre paraît d’une manière si éclatante à chaque page, que non seulement sa primauté doit être admise, mais qu’elle force tout lecteur impartial à l’accepter.
Quelles sont 1 s principales objections dirigées con-
(1) Actes, 1.
(2) Actes, zxv.
(3) Actes, xl.
tre la primauté de Pierre? Elles se ramènent, on peut le dire sans restriction, aux trois suivantes: 1° Notre- Seigneur a réprimandé saint Pierre; 2’ saint Paul a critiqué sa conduite non sur un point de doctrine, mais de discipline; l’Apôtre des Gentils blâme saint Pierre de s'ètre séparé un moment des paiens convertis, de peur de scandaliser les Juifs nouveau-convertis (1): 3° la suprématie de Pierre est en contradiction avec la souveraineté de Jésus-Christ,
Pour moi, Je ne vois pas comment ces objections infirment les titres de Pierre, Jésus n'étaitsil pas supérieur à Pierre? Un maitre ne peut-il réprimander son disciple sans lui ravir ses prérogatives ?
Et pourquoi saint Paul ne pourraital critiquer la conduite de saint Pierre, sans mettre en question l'autorité de son supérieur 2 Estail inouï que des ecclésiastiques d'un rang inferieur aient fait des remontrances au Pape ? Saint Bernard, simple religieux, a écrit un ouvrage dans lequel, avec une liberté tout apostolique, il donne des conseils à Eugène Tlet le prévient contre les dangers auxquels l'expose sa haute position. V eut-il jam is homme plus soumis à un pape que ne fut Bernard à un aussi grand pontife ? Notre gouvernement ne peutil faire de remontrances sur la conduite du président saas diminuer son autorité ?
Bien plus, de cette seule circonstance, je tre avec évidence la conclusion que saint Pierre à eu la primauté. Saint Paul rapporte comme digne d'être citée l'action
par laquelle il a resisté en face à Pierre. Pensez-vous que
le souvenir de cette action méritàt d'être conservé, si Paul avait fait des remontrances à facques, à Jean et à Barnabe ? Non certes, Si un frère réprimande son frère, le fait n'est digne d'aucune attention. \u contraire, si un his fait des remontrances à son pere, ou un prêtre à
(1) Galates, 1, 11.
son évêque et en face, nous comprenons que le fait m-rite d’être mentionné. Ainsi, quand saint Paul s'humilie jusqu'à nous dire qu'il a reproché à saint Pierre sa conduite, il le mentionne comme l'exercice extraordinaire de la liberté apostolique, et nous laisse naturellement conclure que Pierre était son supérieur,
Dans la même épître aux Galates, saint Paul insinue clairement la prééminence de saint Pierre, ‘‘J'allar, ditil, à Jérusalem pour voir Pierre, et je restai avec Jui quinze jours (1). Saint Jean Chrysostome, saint Jérôme et saint Ambroise nous disent que ce ne fut pas une visite de pure cérémonie, mais que saint Paul, dans ce voyage, avait pour but de protester de son respect et de son obtissance envers le chef des apôtres.
Il en est d'autres qui, en dépit des déclarations de Notre-Seigneur, nient la puissance de Pierre, Pour eux, obéir à Pierre c'est désobéir à Jésus-Christ, et réconnaitre Pierre comme le rocher sur lequel l'Eglise est bâtie, c'est rejeter notre Sauveur. Bien loin de la, nous reconnaissons Jésus-Christ comme ‘‘la pierre anculaire fondamentale" ct comme le divin architecte de l'Eclise,
Le meilleur témoignage de soumission à Jésus ne consiste pas seulement à l'adorer, mais encore à vnérer les représentants qu'il s'est choisis, Quelqu'un viendrat-il me dire que ma soumission au délécu du gouverne ment, est un acte de rébellion contre le gouvernement lui-méme! Le chef de notre pouvoir exécutif aurait peu de confiance dans le CHoven qui viendrait jui dire:
‘Gouverneur, je vous honore personnellement, mais je
méprise les ordres de votre représentant." On donne à saint Pierre le nom de premier évéque de Rome, parce qu'il a transféré son siège d'Antioche à
Rome, eù il a soufiert le martyre avec Saint Pau.
Nous n# sommes pas surpris que le s épUuCISMme mo-
(1) Galates, 1, 18
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derne qui rejette la divinité du Christ, et nie même l’existence de Dieu, mette en doute le fait de la vie et de la mort de saint Pierre à Rome.
L’objection commune alléguée pour contester cet événement, d'ailleurs bien prouvé, s'appuie sur le livre des Actes des Apôtres qui ne mentionne ni les travaux de Pierre ni son martyre à Rome. Pour les mêmes raisons, nous devrions nier que saint Paul ait été décapité à Rome, que saint Jean soit mort à Ephèse et que saint André ait été crucifié. Les Ecritures se taisent sur ces faits historiques et pourtant personne ne les nie.
L'autorité de la première épiître de saint Pierre, le témoignage de ses successeurs immédiats sur la chaire de Rome, les aveux de plusieurs commentateurs protestants, tout concourt à fixer le siège de Pierre à Rome.
‘Babylone’ d'où Pierre écrit sa première épiître, est entendue par les savants commentateurs protestants et catholiques, comme désignant la ville de Rome. Le mot Babylone signifiait symboliquement la corruption qui régnait alors dans la ville des Césars.
Ciément, quatrième évèque de Rome, dont saint Pierre parle en des termes élogieux; saint Ignace, évèque d’Antioche qui mourut en 105; saint [rénée, Origène, saint Jérôme, Eusèbe le grand historien, et d'autres écrivains tout à fait dignes de foi, attestent la résidence de Pierre à Rome, tandis qu'aucun écrivain ecclésiastique n'a jamais contredit le fait.
Jean Calvin, un témoin hors de soupçon, Cave, critique anglais très instruit, Grotius et d’autres écrivains protestants distingues n'hésitent pas à se faire sur ce point l’echo de la grande voix de la tradition ca holique.
Desormais aucun fait historique ne pourra échapper aux traits de l'incrédulité, si la résidence de saint Pierre, et son glorieux martvre dans Rome sont révoaués en doute. |