RE RAR RS DRE
rs ape at
Un concile œcuménique est une assemblée de prélats, représentant toute l'Eglise catholiqne. Un concile général est pour l'Eglise ce que les corps exécutif et législatif de Washington, sont pour les Etats-Unis.
Jusqu'à nos jours, dix-neuf conciles œcuméniques ont été tenus, y compris le concile du Vatican ; les onze derniers en Occident, et les huit premiers en Orient. Je ne m'arrête pas aux conciles d'Occident, puisque personne ne nie qu'ils ne soient soumis à l’autorité du Pape.
Je dirai en peu de mots quelle a été l'autorité du Saint-Siège dans les huit conciles orientaux.
Le premier concile général a été tenu à Nicée en 325; le second, à Constantinople en 381; le troisième, à Ephèse, en 431; le quatrième, en Chalcédoine en 451; le cinquième, à Constantinople en 553; le sixième, dans la même ville en 680; le septième, à Nicée en 787; et le huitième, à Constantinople en 860.
Les évêques de Rome ont convoqué ces assemblées, ou au moins ont consenti à leur convocation, ils les ont présidées toutes par leurs légats, si l’on en excepte le premier et le second concile de Constantinople, et ils en ont confirmé tous les décrets par leur autcrité. Avant d’avoir force de loi, les actes du concile des aient être sanctionnés par la signature du Pape, comme les décrets du Congrès n’ont aucune valeur sans la signature du Président.
N'est-ce pas une preuve frappante de la primatie? Le Pape convoque, règle, sanctionne les synodes, non par pure courtoisie, mais par autorité, Un dignitaire qui réunit une assemblée, qui préside à tous ses actes, a sûrement une plus haute autorité que les autres membres,
IV. Je me reporterai une fois de plus à un fait historique pour confirmer la juridiction du Pape sur toute l'Eglise, Ce fait très remarquable c’est que toutes les nations converties jusqu'ici du paga . me au christianisme, depuis le jour des apôtres, on: eçu les lumières de
la foi de ceux qui avaient été spécialement délégués par le siège de Rome, ou qui avaient été envoyés par des évêque: «.. communion ouverte avec cette Eglise. Ce fait h.-torique n'ad:.:2t pas d'exception. Particularisons.
Sai :: Patrick est ‘’apôtre de l’Irlande, Qui lui a donné sa mission ? Le pa,-e saint Célestin au cinquième siècle.
Saint Palladius est l’apôtre de l’Ecosse. Qui l’a envoyé ? le même pontife Célestin.
Les Anglo-Saxons ont reçu la foi de saint Augustin, moine bénédictin, comme tous les historiens catholiques ou non en font foi, Qui a donné à Augustin le pouvoir de prècher ? Le pape Grégoire I* à la fin du sixième siècle.
Saint Remi a affermi la foi en France, vers la fin du cinquième siècle, Il était en communion active avec le siège de Pierre.
La Flandre a reçu l'Evangile au septième siècle de saint Eloi, qui reconnaissait la suprématie du pape régnant.
La Germanie et la Bavière vénèrent comme leur apôtre saint Boniface qui est si populaire en Angleterre, son pays natal, par son nom de baptême Winfrid. I] reçut sa mission du pape Grégoire IT, au commencement du huitième siècle, et il fut consacré évêque par le même pontife.
Au neuvième siècle, deux saints frères, Cyrille et Méthode, évangélisèrent la Russie, la Sclavonie et la Moravie et autres parties du Nord de l’Europe. Ils reconnaissaient la suprême autorité du pape Nicolas I‘, et de ses successeurs Adrien II et Jean VIII.
Dans le onzième siècle, la Norwège fut convertie par des missionnaires envoyés d'Angleterre, par le roi Norwégien saint Olave.
La conversion de la Suède fut consommée dans le même siècle par les apôtres bretons saint Ulfrid et Eskill. Deux de ces nations, immédiatement après leur conver-
sion, commencèrent à payer un tribut à Rome, ou une petite redevance annuelle au Saint-Siège, preuve évidente qu'ils étaient en communion avec la chair de Pierre (1).
Toutes les autres nations de l’Europe converties avant la Réforme, ont reçu également les lumières de la foi, de missionnaires catholiques romains, parce que l’Europe reconnaissait alor un seul chef chrétien.
Passant d'Europe en Asie et en Amérique, on ne saurait nier que saint François-Xavier et les autres apôtres, qui, au seizième siècle, étendaient le royaume de Jésus- Christ dans l’Inde et dans le Japon, ne fussent en communion avec le Saint-Siège, et que les deux apôtres qui, au seizième et au dix-septième siècle, convertirent les tribus indigènes de l'Amérique du Sud et du Mexique, n'aient reçu leur mission de la chaire de Pierre.
Mais, me direz-vous, le peuple des Etats-Unis se donne pour une nation chrétienne: la revendiquerezvous aussi comine un bien qui vous est propre? Très certainement ; car même ces chrétiens d'Amérique, malheureusement séparés ds l'Eglise catholique, sont avant tout redevables de la connaissance de l'Eglise aux missionnaires qui étaient en communion avec le Saint- Siège.
Les races blanches de l’Amérique du Nord descendent d'Angleterre, d'Irlande, d'Ecosse et des nations du continent. Ces nations européennes ont été converties par des missionnaires soumis au Saint-Siège. De quelque partie de l’Europe que vous descendiez, quel que soit votre Credo particulier, vous êtes donc tous redevables à l'Eglise de Rome de la connaissance du christianisme.
Ces faits ne prouvent-ils pas la suprématie des Papes ? Les apôtres de l'Europe et des autres contrées ont reçu leur autorité de Rome. L'autorité qui envoie un ambas-
(1 Voyez lu Vie des Saints de Butier. S. Olave, 29 juillet.
sadeur n'est-elle pas plus élevée que l’ambassadeur lui-même.
Aussi voyons-nous que le nom du Pape est imprimé d'une manière ineffaçable à chaque pag de l'histoire ecclésiastique. Le souverain Pontife reste toujours debout comme le commandant en chef de la grande armée de l'Eglise, Les évêques d'Orient se sentent-ils maltraités chez eux par leur patriarche ou par les pouvoirs civils? Ils se tournent vers Rome comme vers l'étoile de l'Espérance. Les Pères et les Docteurs de l'Eglise orientale sont-ils consultés ? Tous, d'une commune voix, rendent hommage à l'évêque de Rome comme à leur chef spirituel, Le nouvelles nations doivent-elles être converties à la foi? Le Saint-Père délègue aux missionnaires son autorité, et il leur donne sa bénédiction avant qu'ils n'entreprennent leurs travaux. Faut-il condamner de nouvelles erreurs dans telle ou telle partie du globe ? Tous les veux se tournent vers l’orarle de Rome pour attendre ses anathèmes, et le juger t sulennel qui est rendu retentit d’une extrémité du monde chrétien à l’autre.
Il vous serait plus facile de rejeter la lum ‘re du jour, et de vous soustraire à l'influence de l'at: osphère dans le cours de votre marche quotidienne, que d'enlever au Pape le rang suprème qu’il occupe dans la hiérarchie de l'Eglise. L'histoire des Etats-Unis se comprendrait mieux sans Président, que celle de l'Eglise en dehors du Vicaire du Christ. Comment, je vous le demande, cette grande autorité aurait-lle pu durer si longtemps si elle était due à une usurpation ?
‘Mais, me direz-vous, la suprématie du Pape a été contestée dans tous les âges.” On a mis également en question l'autorité de Dieu; bien plus, son existence même a été niée; car l’insensé a dit dans son cœur: ‘‘I] n'v a pas de Dieu (1).”’ Est-ce que ces négations dé-
(1) Psaume, ii.
EE DIE mb AG ER TS CREME 2555 2 Re diet LH D Frs
Lee engeennn ecrans 22 ES
truisent l'existence et le souverain domaine de Dieu ? L'autorité des parents n’a-t-elle pas été attaquée dès le commencement ? Des enfants indisciplinés ont essayé de la détruire, David a-t-il cessé d’être roi parce qu’Absalon s’est révolté contre lui ?
Il en est ainsi des Papes. Leur autorité paternelle n’a été rejetée que par leurs fils rebelles qui n’ont pu supporter le joug de l'Evangile. Photius, l’auteur du schisme grec, est resté un fils obéissant du Pape, jusqu’à ce que Nicolas refusât de reconnaître son autorité usurpée. Henri VIIT fut un vigoureux défenseur de la suprématie du Pape, jusqu'à ce que Clément VII se fût refusé à légaliser son adultère. Luther professa la plus humble soumission envers le Saint-Siège, jusqu'au moment de sa condamnation par Léon X.
Vous ne pouvez pas, mon cher lecteur, être un loyal citoyen des Etats-Unis, tant que vous niez l’autorité constitutionnelle du Président. Vous avez vu que l’Evéque de Rome n’est établi par aucun homme sur la terre, mais par Jésus-Christ, seul chef de la grande république chréticnne. Vous ne pouvez donc être un vrai citoyen de la république qui s’appelle l'Eglise, tant que vous méprisez la suprématie légitime de son chef, divinement constitué. ‘‘Celui qui n’est pas avec moi est contre moi,” dit le Seigneur, ‘‘et celui qui ne cueille pas avec moi dissipe.”” Comment pouvez-vous être avec Jésus-Christ si vous êtes contre son Vicaire ?
Le grand mal de notre époque, ce sont les divisions oujours subsistantes parmi ceux qui professent le christianisme. De mille poitrines s'échappe un cri ému pour l'unité de la foi et l’union des églises. Il ne faut pas en douter, c’est dans un but louable que l'alliance évangélique s’est constituée à New-York, vers la fin de 1873. Les représentants des différentes communions religieuses espéraient opérer une réunion. Leur échec fut éclatant et lamentable. Toutefois, le seul résuitat qui fut
la conséquence de l'alliance, ce fut la création d’une nouvelle secte sous les auspices du docteur Cummins. Ce digne gentleman, avec la modestie qui caractérise tous les réformateurs religieux, était déterminé à mettre la main à l’œuvr: pour perfectionner l'ouvrage de Jésus- Christ. Comme tous les autres réformateurs, il disait avec ceux qui bâtirent la tour de Babel: ‘Rendons notre nom fameux (1)°’ avant que notre cendre ne soit dispersée aux quatre vents.
L'alliance a été détruite, parce que ses membres n’avaient pas de terre ferme pour se tenir debout. Pas un membre qui, dans cette assemblée, pût dire avec autorité : ‘‘C’est ainsi que le Seigneur a parlé.”
Je me joins de tout cœur à cette prière en faveur de l'unité chrétienne, et je livrerais avec bonheur ma vie afin de la consommer. Mais, je le répète, Jésus-Christ a donné le seul et vrai moyen de maintenir l'unité, c’est de reconnaître Pierre et ses successeurs comme chefs de l'Eglise. En bâtissant sur ce fondement, vous n’élevez pas une tour de Babel, vous n’édifiez pas sur le sable. Si toutes les sectes chrétiennes étaient réunies dans le centre de l’unité, alors les hôtes dispersés du christianisme formeraient une armée à laquelle l’athéisme et l’infidélité ne pourraient pas longtemps résister. Nous pourrions alors nous écrier avec Balaam: ‘Qu'ils sont beaux tes tabernacles, à Jacob! Qu'’elles sont belles tes tentes, Ô Israël (2) !”?
Prions pour qu'ariive bientôt le jour où toutes les dissensions religieuses cesseront, où tous les chrétiens marcheront sur une même ligne, sous un conducteur commun, pour planter la croix dans toutes les régions, et gagner de nouveaux royaumes à Jésus-Christ.
(1) Genèse, xI, 4.
(2) Genèse, x1, 4.
rt