HI] EST-IL PERMIS DE L’IMITER COMME MODÈLE
Tandis que les magnifiques privilèges de Marie lui méritent notre vénération, tandis que son crédit toutpuissant justifie notre invocation et nos prières, sa vie privée nous est constamment présentée comme un modèle digne de notre imitation. Si elle occupe un si haut rang dans notre Evangile, cette élévation est moins due
(1) S. Luc, xxn, 29, 30.
(2) I Corint., vi.
à ses prérogatives de mère ou à la puissance de sa médiation et de son patronage, qu’à l'éclat de sa sainteté et de ses exemples.
Après Notre-Seigneur Jésus-Christ personne n'a exercé une influence aussi salutaire et aussi féconde sur la société, sur la famille et sur l'individu, que la bienheureuse Vierge Marie.
La mère de Jésus exerce dans la république chrétienne cette influence de sainteté qu'une bonne mère a dans toute famille vraiment chrétienne.
Quels temples, quelles chapelles si pauvres qu'on les suppose, ne sont pas ornés du tableau ou de la statue de la Vierge? quelle maison n’est pas décorée et embellie par l'image de Marie ? quel est l’enfant catholique qui ne connaît pas ses traits augustes? Le prêtre et le laï. que, le savant et l’ignorant, le prince et le paysan, mère et la fille, connaissent son doux pouvoir.
Si le christianisme comparé au paganisme a relevé la foi conjugale, la pureté de la femme, le respect qui lui est dû, tous ces beaux résultats doivent, dans une large mesure, être attribués à l'influence et à l'exemple de Marie qui a tout pénétré, tout envahi par son action. Depuis que le Fils de Dieu a choisi une femme pour sa mère, l’homme a conçu pour la femme un respect qui approche de la vénération.
Le poète Longfellow paie ainsi son tribut à l'influence sanctifiante de Marie:
“Voici la terre de la bienheureuse Vierge Marie, mère de notre cher Rédempteur! Ce nom seul touche et attendrit tous les cœurs. Le brigand dont la main est ensanglantée, le prêtre, le prince, le savant, l’ignorant, l’homme d'action, le rêveur visionnaire, lui paient leur tribut d’hommages.... Et si notre foi ne nous avait donné que ce modèle de toutes les femmes, modèle si doux, si miséricordieux, si fort, si bon, si patient, si calme, si loyal, si aimant, si pur, il suffirait pour établir
qu'elle est bien plus élevée et bien plus vraie que tous les Credo répandus dans le monde Le
Saint Ambroise nous a tracé le beau tableau qui suit de la vie de Marie avant ses fiançailles : ‘Que la vie de la bienheureuse Vierge Marie, dit-il, nous soit toujours présente ; nous y voyons briller comme dans un miroir la beauté de la chasteté et l'éclat de la vertu. Elle fut vierge, non seulement dans sor corps, mais dans son esprit et dans les pures affections de son cœur. Elle était grave dans sa conversation, plus prompte à écouter ou à lire qu'à parler. Elle mettait sa confiance dans la prière du pauvre, et non dans les richesses incertaines de ce monde. Elle fut toujours appliquée à rendre Dieu et non les hommes, témoin de ses pensées, Elle souhaitait du bien à tous. Elle respectait la maturité de l'âge, elle évitait toute jactance; elle suivait la raison: elle aimait la vertu.
‘‘A-t-elle jamais contristé ses parents même par un regard? Elle n'avait rien de présomptueux dans ses yeux ; rien de rude dans ses paroles ; rien de désordonné dans sa conduite; dans son port, rien de heurté: dans sa démarche, rien de mou: dans à voix, rien de pétulant; à tel point que tout son exterieur était l’image de son âme et l'expression de la piété."
Sa vie d'épouse et de mère était une copie de ses jeunes années. L’Evangile rapporte une simple circonstance qui met dans le plus grand jour la sainteté suréminente de Marie, et nous la montre comme un beau modèle pour ceux qui sont appelés à gouverner une maison. L’Evangéliste nous dit que ‘Jésus leur était soumis (2) ;"” il obéissait à Joseph et à Marie, il exécutait Spécialement tous les ordres de Marie, accombplissait ses volontés, prévenait ses moindres désirs, En un mot, il s’acquittait envers elle de tous les devoirs qu'un fils
(1) Longfellow, Légendes dorées.
(2) S: Luc.
dévoué est heureux d'accomplir envers la plus sage des mères. Ces relations se prolongèrent depuis son enfance, jusqu'à sa vie publique et ne furent dans la suite jamais interrompues,
Jésus étant le fils de Dieu, ‘‘la splendeur de sa gloire et la figure de sa substance (1),'’ ne pouvait pécher. I] était incapable de remplir un précepte injuste, La conclusion à tirer de tout ce qui précède c'est que Marie n'a jamais péché par commandement, puisque Jésus ne pouvait pécher en obéissant; que tous ses conseils et tous ses préceptes étaient marqués au sceau de l'approbation divine; que son fils n'a jamais exécuté les ordres de sa mère sur ‘- terre sans qu'ils aient été préalablement ratifiés par s Père éternel dans le ciel.
Voilà le magnifique portrait que l'Eglise présente à l'admiration de ses enfants. Puissionsnous, en étudiant ce divin modèle, l'admirer chaque jour davantage, en l’admirant l'aimer, en l'aimant l'imiter, et devenir ainsi plus chers à Dieu en ‘‘nous conformant à l'image de son fils (2)°’ dont Marie est le plus parfait miroir.
(*) Hébr., 1, 3.
(2) Rom., vint, 29.
Ed
rer seins