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est venu nous sauver tous par lui, tous ceux dis-je qui sont nés de nouveau (ou baptisés) en lui — les enfants, les jeunes gens et les vieillards (1).
Origène, qui vivait quelques années après, écrit ‘‘que l'Eglise a reçu des apôtres la tradition de conférer le baptême aux enfants (2). La primitive Eglise d’Afrique nous apporte un témoignage triomphant en faveur du baptême des enfants. Saint Cyprien et soixante-six prélats suffragants tinrent un concile dans la ville métropolitaine de Carthage en l’année 253. Tandis que le concile tient ses sessions, un évêque du nom de Fidus écrit aux Pères, pour leur demander s’il faut baptiser les enfants avant que le huitième jour de leur naissance se soit écoulé, ou le huitième jour d'accord avec la pratique de la circoncision. Les évêques souscrivent unanimement la réponse suivante: ‘Pour ce qui concerne le baptême des enfants, nous avons tous décidé que la miséricorde et la grâce de Dieu ne devaient être refusées à aucun être vivant depuis le jour de sa naissance, Si, aux plus grandes fautes, la miséricorde est nécessaire, combien moins doivent être repoussés des enfants nouveau-nés en Adam, qui ont contracté, dans leur première naissance, la contagion de l’ancienne mort (3).”
Le concile d'Afrique affirme deux faits d’une importance capitale: la contagion universelle par la faute d'Adam, et aussi la nécessité du baptême sans distinction d'âge. A l’occasion de cette décision je ferai deux observations :
1° Fidus n’interroge pas sur la nécessité du baptême des enfants, qu'il admettait, mais sur la convenance de le conférer le huitième jour, à l’imitation de la loi Juive sur la circoncision, 2° Les évêques assemblés en concile étaient aussi nombreux que l’épiscopat des Etats-Unis
(1) Livre n1, Ad Hæreticos.
(2) Epist. ad Romanos.
(3) Ebpist. ad Fidum.
qui compte environ cinq mille prêtres et plus de six millions de catholiques. Nous pouvons donc raisonnablement conclure que le jugement du concile d'Afrique représentait la foi de plusieurs milliers de prêtres, et de plusieurs millions de catholiques.
Saint Augustin, commentant cette décision, fait observer à bon droit que saint Cyprien et ses collègues ne portèrent pas un nouveau décret, mais maintinrent plus fermement la foi de l'Eglise. Et c'est le sentiment unanime de la tradition depuis les apôtres jusqu'à nos jours.
Il n’est pas moins ridicule qu'impie, de voir au seizième siècle, quelques fanatiques allemands élever leur faible voix, contre les voix retentissantes de la catholicité tout entière, pour décrier une pratique qui a été considérée universellement comme sacrée et essentielle !
Et en jugeant les enseignements de l’antiquité apostolique d’un côté, et de l’autre ceux des anabaptistes, il n’est pas difficile de déterminer de quel côté se trouve la vérité, car que devient l'Eglise chrétienne si elle a erré sur des points aussi importants que le baptême, pendant la première période de son existence ?
Le péché originel, comme l’a dit saint Paul, est universel. Tout enfant est donc, à sa naissance, coupable du péché de désobéissance commis par Adam. Or, l'Ecriture nous dit que rien de souillé ne peut entrer dans le royaume des cieux (1). Le baptême, qui purifie le péché originel, est donc aussi essentiel pour les enfants que pour les hommes faits, puisque tous doivent entrer dans le royaume des cieux.
J'ai #* que la régénération est nécessaire pour tous. Mais 1 est important de remarquer, que si un homme se reper: fortement de ses péchés, s’il aime Dieu de tout son cœur, s'il désire remplir tous les préceptes
(1) Apocalypse, xx1, 27.
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divins relatifs au baptême, mais qu'il n’ait pas le moyen de le recevoir, ou que de bonne foi il ignore son absolue nécessité, Dieu, dans ce cas, accepte la volonté pour l'acte, Que cet homme meure dans de semblables dispositions, il est sauvé par le baptême de désir. De même, si une personne non baptisée subit volontairement la mort pour Notre-Seigneur, sa mort est acceptée comme un équivalent bien supérieur au baptême, car elle meurt non seulement sanctifiée mais elle portera la couronne du martyre. Elle est baptisée dans son propre sang. — Mais n'est-ce pas une doctrine cruelle et sans entrailles que celle qui exclut du ciel un si grand nombre d’enfants innocents, qui n’ont jamais commis un seul péché actuel? Je réponds: Dieu n'a-t-il pas déclaré que le baptême est nécessaire pour tous? Et Dieu n'est-il pas la suprême sagesse, la suprême justice et la suprême miséricorde? Je suis sûr dès lors qu’il n’y a rien de cruel ou d’injuste dans ses décrets. Le devoir de la raison consiste à montrer que Dieu a parlé. Ce fait de la révélation une fois constaté, avec certitude, nos investigations doivent cesser, la foi et l’obéissance commencent ; au lieu de décrier d’une manière impie les décrets divins, écrions-nous avec l’Apôtre: ‘‘O profondeur des richesses, de la sagesse et de la science de Dieu! Combien sont incompréhensibles ses jugements, et ses voies inénarrables! Qui a connu la pensée du Seigneur? qui a été admis dans ses conseils (1) ?””
Laissez-moi vous rappeler que le ciel est un bien auquel personne d’entre nous n’a ni droit ni titre naturels; il nous a été promis par la pure libéralité de Dieu. Dieu peut rejeter ou adopter celui qui lui plaît et, sans injustice, il peut déterminer les conditions permettant de recevoir les dons qu’il nous offre. Si votre enfant est privé du ciel pour n’avoir pas reçu le baptême, Dieu n’est pas
(1) Rom., x1, 33-34.
injuste parce qu’il ne viole aucun droit conférant à votre enfant un titre inaliénable. Si votre enfant reçoit la grâce du baptême, offrez-lui-en de pieuses actions de grâces.
C’est le moment d'exposer en quelques mots ce que l'Eglise admet sur l’état futur des enfants qui meurent sans baptême. Quoique l'Eglise, soumise à la parole de Dieu, déclare que les enfants non baptisés sont exclus du royaume des cieux, il n’en faudrait pas conclure qu’ils sont destinés à prendre place avec les réprouvés. Jamais on n’a regardé comme condamnés au feu de l’enfer que ceux qui ont mérité la vengeance divine par leurs propres péchés.
Tout ce que l'Eglise affirme sur ce point, c’est que les enfants non régénérés sont privés de la vision béatifique, ou de la possession de Dieu qui constitue le bonheur essentiel des élus.
Or, entre le suprême bonheur du ciel et les tourments des réprouvés, il y a une distance immense.
Tous admettent que la condition des enfants morts sans baptême vaut mieux que la non-existence. Il est des écrivains catholiques remarquables qui vont jusqu’à affirmer que les enfants morts sans baptême, jouissent d’un certain degré de bonheur naturel fondé sur la connaissance naturelle et l'amour des perfections de Dieu.
Par ce qui a été dit, vous pouvez voir combien est répréhensible la conduite des parents catholiques qui négligent de faire baptiser leurs enfants le plus tôt possible, exposant de la sorte leurs âmes, ainsi que celles de leurs innocents rejetons, à un malheur éternel. Combien différente était la pratique des premiers chrétiens, qui, comme saint Augustin l’atteste, accouraient avec leurs nouveau-nés aux fonts baptismaux, afin qu’ils ne fussent pas privés de la grâce de la régénération.
Si un enfant est malade, on n’épargne aucune dépense pour lui sauver la vie. Le médecin est appelé, le re-
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mède donné; la mère passera des nuits sans sommeil pour surveiller les moindres mouvements de l'enfant, elle sacrifiera son repos, sa santé, elle fera plus, elle exposera même sa vie afin de sauver celle de l'enfant qu’elle a mis au monde. Et pourtant le bonheur surnaturel de l'enfant est trop souvent mis en péril sans remords, par suite du retard criminel que l’on met à demander le baptême, Mais si l’on doit condamner ceux qui négligent de faire baptiser leurs enfants, que faudra-t-il penser de ces hommes plus ou moins nombreux, professant même le christianisme et qui, nar principe, refusent le baptême aux petits enfants, jusqu'à ce que ceux-ci aient atteint l’âge de discrétion ? Que devons-nous penser de ceux qui préfèrent leur jugement à celui des Ecritures, des premiers Pères de l’Eglise et de la pratique universelle du christianisme ?
Nous pouvons sourire d’une opinion théologique
quelque nouvelle et erronée qu’elle soit, tant qu’elle n’entraîne pas de dangereuses conséquences. Mais quand elle porte sur une question de vie ou de mort, combien est terrible la responsabilité de ceux qui propagent de semblables doctrines! La conduite contradictoire tenue par l’Eglise catholique ou par les anabaptistes, à l'endroit des nouveau-nés, peut être comparée à celle de la vraie et de la fausse mère qui réclamaient l'enfant au tribunal de Salomon. Le roi s’écria : ‘‘Coupez l'enfant en deux, et donnez-en une moitié à la première et l’autre à la seconde.” La prétendue mère y consentit tout de suite: ‘‘Qu’il ne soit ni à vous ni à moi, dit-elle, oui, coupez-le.”’ Mais la femme dont l’enfant était vivant, dit au roi (car ses entrailles s'étaient émues en entendant son jugement) : ‘‘Je vous en supplie, donnez-lui l'enfant vivant, et ne le tuez pas.” Pendant que l’Eglise anabaptiste veut condamner les enfants à perdre la vie spirituelle, la vraie mère, l'Eglise catholique s'écrie : “Veillez sur l'enfant, pourvoyez à ce
que sa vie spirituelle soit conservée, tant qu'il est dans vos mains. Qu'il soit revêtu de la robe d’innocence mèême par un étranger, Qu'il soit nourri sur le sein d’une marâtre: jy consens. [1 vaut mieux qu’il vive sans moi que de périr sous mes yeux. Je serai toujours sa mère quoiqu'il ne me connaisse pas.”
Anabaptiste, mon frère, vous pensez que le baptême n'est pas nécessaire au salut de votre enfant. L'Eglise enseigne le contraire. Vous admettez que vous pouvez être dans l’erreur. Prenez le parti le plus sûr. Faites profiter votre enfant du doute. Baptisez-le...
Le kaptème efface le péché originel et les péchés actuels que les adultes pourraient avoir commis. L’évidente efficacité du baptême a été clairement montrée par le prophète Ezéchiel dans ces paroles: ‘‘Je jetterai sur vous une eau limpide et vous serez purifiés de toutes vos souillures (1).””
Quand les Juifs demandaient à saint Pierre ce qu’ils avaient à faire pour être sauvés, l’apôtre répondait : ‘“Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour la rémission de vos péchés (2).”’
Ananie dit à Saul après sa conversion: ‘‘Levez-vous, soyez baptisé et purifié de vos péchés (3). ‘Nous étions par nature enfants de colère, dit saint Paul ,mais par notre régénération ou par notre nouvelle naissance dans le baptême, nous devenons des chrétiens, enfants de Dieu. Car nous sommes tous les enfants de Dieu par la foi en Jésus-Christ. Tous ceux d’entre nous qui ont été baptisés dans le Christ, ont été incorporés en lui (4). Nous sommes adoptés dans la même famille avec Jésus-Christ. Ce qu’il est par nature, nous le sommes
(1) Ezéchiel, xxxvi, 25.
(2) Actes, 11, 38.
(3) Ibid., xxn, 16.
(4) Galates, 111, 26, 27.
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par la grâce, enfants de Dieu et par conséquent les frères du Christ, Bien plus, notre union avec Jésus est plus intime. Nous devenons les vrais membres de son corps mystique qui est son Eglise. et sa divine image est imprimée en notre âme.
Le baptême nous revêt également des habits de sainteté, à tel point que notre âme devient une demeure, une habitation convenable pour le Saint-Esprit. L’Apôtre, après avoir donné une épouvantable énumération des vices des païens, dit aux Corinthiens: ‘‘Ainsi étaient un grand nombre d’entre vous; mais vous êtes purifiés, vous êtes sanctifiés, vous êtes justifiés au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et par l'esprit de notre Dieu (1).”
Le baptême, enfin, nous donne des droits au ciel et nous rend cohéritiers de Jésus-Christ. ‘Nous aussi, dit saint Paul, nous étions jadis insensés, incréuules, dans l’erreur, esclaves de désirs et de plaisirs divers, vivant dans la malice et dans l’envie, haineux et pleins de colère les uns contre les autres, Mais quand la bonté et la tendresse de Dieu notre Saveur ont paru...., il nous a sauvés par les eaux de la rénovation et de la régénération du Saint-Esprit, qu’il a déversées sur nous en grande abondance, par Jésus-Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par sa grâce, nous devenions héritiers, ainsi qu’il a été promis, de la vie éternelle (2).”’
Nous voyons pleinement ici que la rémission du péché, l’adoption dans la famille de Dieu, la sanctification de l’âme et le gage de la vie éternelle sont attribués à la réception convenable du baptême; non toutefois que l’eau ou les paroles du ministre aient la vertu intrinsèque de guérir l’âme, mais parce que Jésus-Christ, dont la parole est créatrice, a daigné attacher au rite sacra-
(1) Corint., vi, 11.
(2) Tite, 11, 3-7.
mentel la merveilleuse efficacité de guérir l’âme, comme il avait accordé à la piscine de Bethsaïde, le pouvoir de guérir le corps (1).
Après tout ce qui a été dit, je vous demande candidement ce que vous devez penser de la décision rendue en 1872 par les évêques de l'Eglise épiscopale protestante, qui, dans leur réunion à Baltimore, déclarèrent que, par le mot régénération, nous ne devions pas comprendre un changement moral, Si le baptème ne produit pas un changement moral, il n’y a pas du tout de changement, car, à coup sûr, le baptême n'opère pas de changement physique dans l'âme.
N'est-ce pas changer que de passer du péché à la vertu; de devenir, d'enfant de colère, enfant de Dieu; de passer de la corruption à la sanctification ; de la condition d’héritier de mort à l'héritage du ciel? Si en tout cela nous ne voyons pas de changement moral, les mots ont alors perdu leur signification.
Différentes manières de baptiser: Les Anabaptistes se trompent en affirmant que le baptême par immersion est le seul mode valide. Le baptême peut être validement administré par l’un de ces trois movens, à savoir: par immersion, c'est-à-dire en plongeant le néophyte dans l’eau, par infusion en versant l’eau sur sa tête, par aspersion en la faisant tomber successivement et goutte à goutte. Notre divin Sauveur n'ayant prescrit aucun mode spécial pour conférer le sacrement, l'Eglise exerce son pouvoir discrétionnaire, en adoptant le mode qui lui paraît le plus convenable, eu égard aux circonstances de temps et de lieu. Pendant plusieurs siècles après l'établissement du christianisme le baptême était habituellement conféré par immersion ; mais, depuis le douzième siècle, la pratique de baptiser par infusion a prévalu dans l'Eglise catholique, comme of-
(1) S. Jean, v.
frant moins d’inconvénients que le baptême par immersion ou par aspersion, qui est aussi légitime que le baptême par immersion. Il est seulement nécessaire de faire observer que, bien que l'immersion ait été plus fréquemment en usage dans la primitive Eglise, le sacrement était, même alors, souvent administré par infusion et par aspersion.
Après le premier discours de saint Pierre ‘‘trois mille personnes furent baptisées (1).’’ 11 n’est pas probable que, pour un si grand nombre, le baptême ait été donné par inimersion en un jour, surtout quand nous considérons le temps employé à instruire les néophytes. En lisant le récit du baptême de saint Paul et du geôlier, nous sommes portés à croire, par l’impression qui reste de l’ensemble du récit, que tous les deux ont reçu le baptême par aspersion ou par infusion. L’historien ecclésiastique des premiers siècles rapporte un grand nombre d’exemples où le baptême a été administré aux malades dans leur lit, aux prisonniers dans leurs fers et aux voyageurs sur le vaisseau. Les Pères de l'Eglise n’ont jamais révoqué en doute la validité ou la légitimité d’un tel baptême. Or, il est presque impossible de croire que les r1éophytes aient pu, dans une semblable situation, recevoir le baptême par immersion.
Nous avons vu de plus, que le baptême a toujours été nécessaire pour le salut. 11 est donc raisonnable de croire que Notre-Seigneur a offert la plus grande facilité pour la réception d’ua sacrement si essentiel.
Mais si le baptême par immersion était seul valide, combien de malades ou de personnes délicates, combien de prisonniers ou de gens de mer, combien d’hommes vivant sous la zone glaciale, ou même sous la zone tempérée, pendant un hiver rigoureux, combien dis-je qui, tout en implorant la grâce de la régénération, se-
(1) Actes, 11, 41.
raient privés du caractère d’enfants de Dieu, ou ne le pourraient recevoir qu’au péril de leur vie! Assurément Dieu ne nous intime pas ordinairement ses ordres sous de si rigoureuses peines.
De plus, si l'immersion est la seule forme valide de conférer le baptême, que deviendront ces millions d’àmes qui, dans tous les âges et dans toutes les contrées, ont été régénérées "par l’infusion ou par l’aspersion de l’eau dans l'Eglise chrétienne ?
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