‹ La foi de nos pères, ou, Exposition complète de la doctrine chrétienne [microforme]Chapitre 55 sur 83 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

La confirmation est un sacrement qui, par l’imposition des mains de l’évêque, par l’onction et la prière, communique le Saint-Esprit aux personnes déjà baptisées, afin qu’elles puissent fermement professer leur foi et marcher généreusement dans la vie chrétienne. Ce sacrement est appelé confirmation parce qu’il confirme ou fortifie l’âme par la grâce divine. On l'appelle encore l'imposition des mains parce que l’évêque impose les mains sur ceux qu’il confirme. Il est encore connu sous le nom de chrêéme parce que le front du confirmé est oint avec le saint chrême en forme de croix.

Dans la sainte Ecriture il est souvent fait mention de ce sacrement. Au livre des Aci 3, il est écrit que ‘‘lorsque les apôtres, qui étaient à Jérusalem, eurent appris que la Samarie avait entendu la parole de Dieu, ils leur envoyèrent Pierre et Jean, qui, aussitôt après leur arrivée, prièrent pour eux afin qu'ils pussent recevoir le Saint-Esprit. Car il n’était encore descendu en aucun d'eux, et ils avaient été seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. Ils imposèrent alors les mains sur eux, et ceux-ci reçurent le Saint-Esprit (1).”’ On rapporte également que les disciples à Ephèse ‘‘furent bap-

(1) Actes, VIT, 14-17.

tisés au nom du Seigneur Jésus; et lorsque saint Paul leur eut imposé les mains, le Saint-Esprit étant descendu sur eux, ils parlèrent plusieurs langues et ils prophétisèrent (1)."'

Dans son épître aux Hébreux, saint Paul énumère la confirmation ou l'imposition des mains, avec le baptême et la pénitence, comme faisant partie des vérités fondamentales de la vie chrétienne (2). Dans l’épître aux Corinthiens il est écrit : ‘Celui qui nous a confirmés dans Jésus-Christ et qui nous a oints, c’est Dieu; il nous a marqués de son sceau, et il nous a donné le gage de l'Esprit dans nos cœurs (3).”’ Dieu nous a confirmés dans la foi ; il nous a oints d’une onction spirituelle par le signe qu’il a imprimé sur nos fronts.

Il nous a scellés d'ua caractère ine*açable imprimé dans nos âmes, ce qui est signifié par le signe de la croix formé sur nous. I] nous a donné le gage du Saint- Esprit dans nos cœurs, par le témoignage d’une bonne conscience, comme un avant-goût de la gloire future. L'’évêque forme l’onction extérieure, mais Dieu est celui ‘qui opère tout en tous’’ et sanctifie l'âme par ses secrètes opérations,

On ne saurait affirmer que l'imposition des mains et les grâces qui en découlent, telles qu'elles sont rappelées dans les Actes, ne dussent pas continuer après le temps des apôtres; car rien ne confirme une telle assertion. Mais cette fonction d'imposer les mains formait une partie régulière et commandée du ministère des apôtres, comme le devoir qu'ils exerçaient en prêchant, en baptisant, en ordonnant. Les successeurs des apôtres, au seizième siècle, avaient donc la même autorité et la même obligation de confirmer, comme ils l'avaient de prêcher, de baptiser et d’ordonner.

(1) Actes, x1x, 5, 6.

{2} Hébr., vi, 3, 2.

(3) Corint., 1, 21.

Ceux qui avaient été confirmés par les apôtres prouvaient au dehors les grâces qu'ils avaient reçues par les prophéties, le don des langues et la manifestation d'autres pouvoirs miraculeux, On pourrait nous demander pourquoi ces dons n’accompagnent plus aujourd'hui l'imposition des mains ? Il est facile de répondre à cette objection. Ces dons ne sont plus utiles, Les grâces que les disciples et les apôtres reçurent avaient pour but et pour fin leur sanctification personnelle. Le don des langues qui leur était accordé avait pour but, dans l'intention du Très-Haut, d'édifier et d'éclairer ceux qui en étaient les témoins, et de donner une sanction au ministère des apôtres.

Aujourd'hui, que l'Eglise est fermement établie et que l'autorité divine de son ministère est clairement reconnue, ces miracles ne sont plus nécessaires. Saint Grégoire met ce point dans tout son jour par une heureuse comparaison. ‘De même, dit-il, que l’arbre une fois planté est régulièrement arrosé par le jardinier, qui soulève la terre tout autour. afin que le soleil et l’humidité puissent nourrir ses racines, jusqu’à ce qu’elles aient profondément pénétré dans la terre, ainsi l'Eglise dans son enfance avait besoin d’être nourrie par le pouvoir miraculeux de Dieu.” Mais, maintenant qu'elle a jeté des racines dans le cœur des peuples, et qu’elle a étendu ses rameaux sur la terre, elle ne subit plus que l’action ordinaire de la Providence.

Sairt Augustin, écrit pcreillement sur le même sujet : ‘Aux oremiers jours de l'Eglise, l'Esprit saint descendait sur les croyants, et i:s parlaient les langues qu’ils n'avaient point apprises... Les miracles étaient accommodés aux temps.... S’attend-on aujourd’hui à ce que ceux auxquels on impose les mains parlent plusieurs langues? Lorsque nous imposons les mains sur ces enfants, chacun de vous s’attend-il à ce qu’ils parlent plu-

sieurs langues ?... Et si alors la présence du Saint- Esprit n'éclate pas par le témoignage des miracles, comment pourra-t-on prouver qu'on a reçu le Saint- Esprit? Qu'il interroge son cœur: s’il aime son frère, l'Esprit de Dieu habite en lui (1). En marchant sur les pas des apôtres, nous trouvons que les Pères de l'Eglise, dès les premiers jours, reconnaissent la confirmation comme d'institution divine et sacramentelle, et publient ses salutaires effets.

“La chair, dit Tertullien, est ointe, afin que l'âme soit consacrée; la chair est marquée, afin que l'âme soit fortifiée. La chair est couverte par l'imposition des mains, afin que l’âme soit éclairée de l'Esprit (2).”

Saint Cyprien, parlant des chrétiens baptisés dans la Samarie, dit: ‘‘Parce qu’ils ont reçu le baptême légitime, il ne manquait plus que le Saint-Esprit, c'est ce que firent Pierre et Jean; car il est dit qu'après avoir prié sur eux, et leur avoir imposé les mains, l'Esprit saint invoqué se répandit sur eux. C’est ce qui a lieu encore parmi nous, afin que ceux qui ont été baptisés dans l'Eglise, étant présentés aux évêques, reçoivent, par nos prières et l'imposition «2 nos mains, le Saint-Esprit, et soient rendus parfaits par le sceau du Seigneur (3).”

Saint Cyrille, de Jérusalem, compare le saint chrême de la confirmation à l'Eucharistie: ‘Vous avez été oints de l’huile étant rendus participants de Jésus-Christ. Considérez que vous ne le regardez plus comme une simple onction: car, de même que le pain de l’Eucharistie, après l’invocation du Saint-Esprit, n’est plus un simple pain, mais le corps du Christ, de même aussi cette sainte onction n’est plus une onction commune, après l’invocation, mais le don du Christ et du Saint- Esprit rendu efficac par sa divinité. Vous avez été oints

(1) Tract., vi, In epist. Joannis.

(2) De resurrectione carnis.

(3) Epist., Lxx111.

sur le front, afin que vous soyez délivrés de la honte que les premiers transgresseurs ont toujours éprouvée, et que vous puissiez contempler la gloire de Dieu avec une contenance assurée. ... Comme Jésus-Christ, après son baptême et après la descente du Saint-Esprit sur lui, prit son essor et triompha de ses adversaires, de même aussi, après le saint baptême et l’onction mystérieuse, revêtus de la plénitude du Saint-Esprit, élevezvous contre les puissances ennemies et soumettez-les en disant: ‘‘Je puis tout dans le Christ qui me fortifie (1).”

Saint Ambroise, commentant ces paroles de l’Apôtre : “Dieu nous a donné le gage de l'Esprit (11 Cor., 1, 22),”’ rapporte ce texte au sceau de la confirmation: “Souvenez-vous, dit-il, que vous avez reçu le sceau spirituel, l'esprit de sagesse et de force, l’esprit de science ei de piété, l'esprit de la divine crainte, Dieu le Père nous a marqués de son sceau; le Seigneur nous a confirmés et nous a donné le gage du Saint-Esprit dans nos cœurs, comme vous l’avezs appris par les leçons que vous avez lues dans l’Apôtre (2).

Saint Ambroise parle ici des sept dons du Saint-Esprit qui sont reçus à la confirmation, et tous les évêques de nos jours invoquent ces mêmes dons, sur ceux qu'ils vont confirmer.

‘Savez-vous, écrit saint Jérôme contre les lucifériens de son temps, que la pratique des Eglises est que l’imposition des mains soit faite sur les baptisés, et l'Esprit saint invoqué sur eux ? Où est-ce écrit ? me demanderez-vous. Dans les Actes des Apôtres ; et quand nous n’aurions pas en mains l’autorité de l’Ecriture, le consentement de tout l'univers aurait force de loi sur ce point (3).

(x) Cat., xxr, Myst. III de s. Chrismate.

(2) De myst., cvn, n° 42.

(3) Dialogue contre Lucifer.

‘Vous comprenez sans peine, dit saint Augustin, par cette onction le sacrement du chrême qui, néanmoins, dans la classe des sceaux visibles, est aussi sacré que le baptême lui-même (1).”’

Les Eglises orientales schismatiques reconnaissent la confirmation comme un sacrement, et en administrent le rite comme nous le faisons par l’imposition des mains et par l'application du chrême. Or, plusieurs de ces Eglises se sont séparées de l’Eglise catholique, depuis quatre ou cinq siècles. Ce fait venge éloquemment l’antiquité apostolique de la confirmation, et c’est une ample réfutation de ceux qui voudraient lui attribuer une origine plus récente.

Le protestantisme, qui a fait disparaître tant d’autres sacrements dans sa manie de destruction, n’a pas manqué d’abolir la confirmation.

L'Eglise épiscopale a cependant gardé le nom de la confirmation, et nous emprunte même une partie de nos prières et de nos cérémonies.

Afin de s'opposer à l’enseignement uniforme des catholiques aussi bien que des Eglises orientales, à la fois orthodoxes et schismatiques, elle déclare que la confirmation est un simple rite mais non un sacrement.

Pour se mettre en opposition avec la pratique de toute l'antiquité, elle mutile les rites en supprimant l’onction sacrée, Elle retient l’ombre sans la substance.

Elle lève toutefois les mains sur ceux qui doivent être confirmés; mais ce ne sont pas les mains ointes de Pierre ou de Jean, de Cyprien ou d’Augustin, auxquels il a été dit: ‘Que tout ce que vous aurez bénit soit béni; que tout ce que vous aurez sanctifié le soit aussi (2). Ils levzient leurs mains avec autorité, et elles étaient revêtues d’un pouvoir surnaturel.

(1) Le nu, contra lit. Petil.

(2) Pontifical Romain.

Les mains des évêques épiscopaux sont paralysées par l’acte de suicide des réformateurs, qui refusent positivement toute efficacité au rite qu’ils administrent.

2 Le LAS AO CIDRE pee SÉISMES

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