‹ La foi de nos pères, ou, Exposition complète de la doctrine chrétienne [microforme]Chapitre 77 sur 83 · EXTRÊME-ONCTION · texte numérisé non relu

EXTRÊME-ONCTION

L’Extrême-Onction est un sacrement dans lequel les malades, après avoir été oints de l’huile sainte et sanc-

tifiés par les prières du prêtre, reçoivent un secours spirituel et même la santé du corps quand cela est utile à leur salut. Cette onction est appelée extrême parce qu’elle est ordinairement l2 dernière de toutes celles que fait l'Eglise.

L’apôtre saint Jacques parle clairement de ce sacrement et en marque l'efficacité dans les paroles suivantes : “Quelqu'un est-il malade parmi vous ? Qu'il fasse venir les prêtres de l’Eglise, qui prieront sur lui, l’oindront de l'huile au nom du Seigneur, et la parole dela f le guérira, le Seigneur le relèvera ; et s’il est dans k :chés, ils lui seront pardonnés (1).”

Plusieurs des anciens Pères font allusion à ce sacrement. Origène, au troisième siècle, écrit: ‘Il v a rémission des fautes par la pénitence, quand le pécheur ne rougit pas de les déclarer au prêtre du Seigneur et de chercher un remède... où l’on remplit également ce que

(1) S. Jacques, v, 14, 15.

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l'apôtre saint Jacques dit: ‘‘Si quelqu'un est malade parmi vous, appelez les prêtres du Seigneur, pour qu’ils lui imposent les mains et l'oignent de l'huile au nom du Seigneur (1).

Saint Chrysostome (au quatrième siècle) dit: ‘‘Les prêtres n’ont pas seulement le pouvoir de nous régénérer, mais encore de pardonner les péchés commis dans la suite; car il est dit: ’’quelqu’un est-il malade parmi vous, appelez les prêtres de l'Eglise afin qu’ils prient sur lui, l’oignant de l'huile au nom du Seigneur (2).”’

Le pape Innocent I‘, au cinquième siècle, dans une lettre à un évêque nommé Décentius, cite les paroles de saint Jacques et ajoute: ‘‘Il faut, sans nul doute, entendre ces paroles des fidèles qui sont malades, et doivent être oints de l'huile sainte, laquelle, après avoir été préparée par l'évêque, doit être employée non seulement pour les prêtres, mais pour tous les chrétiens (3).”

Le sacramentaire ou ancien rituel romain, revu par le pape saint Grégoire au sixième siècle, prescrit la bénédiction de l’huile par l’évêque et les prières qu'on doit réciter pendant l’onction des malades.

Le vénérable Bède d'Angleterre, qui vivait au huitième siècle, rapportant les paroles de saint Jacques, écrit : ‘‘La coutume de l’Eglise exige que les prêtres oignent les malades avec l’huile consacrée et qu’on les sanctifie par la prière qui l’accompagne (4).”’

L'Eglise grecque, qui rompit avec l’Eglise catholique romaine au neuvième siècle, dit dans sa profession de foi: Le septième sacrement c'est l’Extrême-Onction, prescrite par Jésus-Christ, car après qu'il eut commencé à envoyer ses disciples deux à deux (Saint Marc, vi, 7-13), ils faisaient des onctions sur beaucoup et les gué-

(1) Homélie, 11, in Levit.

(2) Lib. mm, de sacerdot.

(3) Epist., xxv, ad Decentium.

(4) Comment. in locum.

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rissaient, Depui; l'Eglise a conservé cette onction par un pieux usage comme nous l’apprenons par l’épiître de saint Jacques: Quelqu'un est-il malade parmi vous, etc. Les fruits particuliers de ce sacrement, comme saint Jacques le proclame, sont la rémission des péchés, la santé de l’âme et parfois celle du corps. Mais quoiqu'elle ne produise pas toujours ce dernier résultat, elle remet du moi..s l’âme dans un meilleur état par le pardon des péchés. C’est à la lettre l’enseignement catholique sur ce sujet. Toutes les autres Eglises orientales dont plusieurs sont séparées de l’Eglise depuis le cinquième siècle, énumèrent pareillement l’Extrême-Onction parmi leurs sacrements,

Une telle uniformité de doctrine proclamée pendant tant de siècles, par des Eglises si séparées, ne peut avoir pour origine que les apôtres.

L'éminent protestant Leibnitz fait ce candide aveu: “Il n’y a pas lieu à de longues discussions en ce qui concerne l’onction des malades. Elle a pour fondement les paroles de l’Ecriture interprétées par l’Eglise, en qui les pieux catholiques ont la plus entière confiance. Je ne vois pas ce que l’on peut trouver de répréhensible dans cette pratique que l'Eglise accepte.”’

Bien que les protestants fassent profession d’être conduits par la sainte Ecriture, ils méprisent complètement le conseil de saint Jacques. Luther agit avec plus de vigueur encore. Trouvant que l’injonction de l’apôtre était trop claire pour être éludée à l’aide de paroles subtiles, il rejeta l’épître tout entière, qu’il appelait par mépris une ‘‘lettre de paille (1).”

I nous est pénible de penser que nos frères séparés rejettent ce consolant instrument de la grâce, quoiqu'ils soient pressés de l’accepter par un apôtre de Jésus- Christ; car à coup sûr une médecine qui diminue les terreurs de la mort, relève le chrétien mourant, fortifie

(1) Lib. de captiv. Babyl.

l'âme pour le dernier combat, et la purifie pour le passage du temps à l'éternité, devrait être reçue, pratiquée avec reconnaissance et empressement, surtout quand elle a été prescrite par un médecin inspiré et envoyé par ‘ Dieu lui-même.

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