‹ La foi de nos pères, ou, Exposition complète de la doctrine chrétienne [microforme]Chapitre 78 sur 83 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Les apôtres étaient revêtus du pouvoir de Jésus- Christ. Le prêtre, comme successeur des apôtres, a reçu également leur pouvoir, Nous apprécions tout de suite l'éminente dignité du caractère sacerdotal.

L'excellente dignité du prêtre ne se tire pas des mérites personnels dont il peut être orné, mais des sublimes fonctions qu’il est chargé d'accomplir. Pour l'œil charnel le prêtre est semblable aux autres hommes; mais aux yeux de la foi, il est élevé au-dessus des anges, parce qu'il exerce une autorité qui ne leur a pas été confiée.

Le prêtre est l'ambassadeur de Dieu spécialement chargé de venger son honneur et de proclamer sa gloire. “Nous sommes les ambassadeurs de Jésus-Christ, dit l'Apôtre, comme si Dieu exhortait par nous (1).

C'est un privilège très estimé par les citovens des Etats-Unis de représenter notre pays dans quelquesunes des cours d'Europe; quelle plus grande prérogative n'est-ce pas de représenter la cour du ciel parmi les nations de la terre! ‘Comme le Père m'a envové, dit Notre-Seigneur aux apôtres, à mon tour je vous envoie (2). ‘‘Allez donc, enseignez toutes les nations... leur apprenant à observer toutes les choses que je vous

(1) IE Corint., v, 20.

(2)ES.MJeah xx, ar.

ai recommandées. Et voilà que je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la consommation du monde (1)."”

La juridiction des ambassadeurs de la terre est limitée, mais l'autorité des ministres de Dieu s'étend sur toute la terre. ‘‘Allez dans tout l'univers, et prêchez l’Evangile, dit Jésus-Christ, à toute créature (2).

Notre-Seigneur n'a pas seulement donné le pouvoir à ses ministres de prêcher en son nom, mais il ordonne à leurs auditeurs de les écouter et de leur obéir. ‘‘Et quiconque ne vous recevra pas et n'écoutera pas vos discours, en sortant de cette maison ou de cette cité, secouez la poussière de vos pieds. En vérité je vous le dis, on sera moins sévère pour la terre de Sodome et de Gomorrhe au jour du Jugement, que pour cette cité (3).” ‘Celui qui vous écoute, m'écoute; celui qui vous méprise, me méprise; et celui qui me méprise, méprise Celui qui m'a envoyé (4).”

Dieu n'’exige pas seulement que son Evangile soit écouté avec respect, mais que la personne de ses apôtres soit honorée, Et de même qu’on ne peut faire une plus grande injure à une nation que d’insulter ses représentants dans une cour étrangère, de même on ne peut plus gravement injurier Notre-Seigneur que de violenter ses représentants, les prêtres de son Eglise. ‘Ne touchez pas ceux que j'ai oints et ne faites aucun mal à mes prophètes (5).”” Dieu tira vengeance des quarante-deux enfants qui se moquèrent d’Elisée, en envoyant contre eux des bêtes sauvages qui les mirent en pièces. La mort épouvantable de Marie Monk, la calomniatrice des prêtres et des vierges consacrées, qui termina ses jours en proie à une folle ivresse dans l’île

(1) S. Matth., xxvint, 19, 20.

(2) S. Marc, xvu, 15.

(3) S:"Matth., x, 14, 1:

(4) S: Luc, x, 16.

(5) Par., xvi, 22.

de Blackwell, prouve que nos institutions religieuses ne sont pas tournées impunément en ridicule. Quand un ambassadeur est accrédité auprès d’une cour étrangère par ce pays, il est honoré de la confiance du Président qui lui donne des instructions privées, De même Jésus honore ses ambassadeurs de son amitié et leur confie les secrets du Ciel: ‘‘Je ne vous appellerai plus serviteurs; car le serviteur ne sait pas ce que fait son maitre. Mais vous serez mes amis, parce que je vous ai manifesté tout ce que j'ai entendu de mon Père (1).”

Quel privilège que d’être le héraut de la loi de Dieu pour les nations de la terre: ‘‘Qu'’ils sont beaux sur les montagnes, les pieds de ceux qui annoncent de bonnes choses, et prêchent la paix; de ceux qui publient le bien, préchent le salut et disent à ion: Votre Dieu régnera (2) !”’ Qu'elle est enviabl ‘aveur de porter le rameau d'oiivier, symbole de la } :x, au monde enseveli sous les eaux du péché; d'être établi par le Ciel pour proclamer cet Evangile qui soutient les faibles, convertit les pécheurs, réconcilie les ennemis, console les affigés et procure à tous l'espérance du salut cternel!

Les prêtres ne sont pas seulement les ambassadeurs de Dieu, mais ils sont encore les dispensateurs de sa grâce et les aumôniers de sa miséricorde. ‘Que ies hommes, dit l’Apôtre, nous considèrent comme les ministres de Jésus-Christ et les dispensateurs des mystères de Dieu (3).”°

Comment peut-on appeler dispensateur des mystères de Dieu, celui dont les travaux se bornent à prêcher ? Il est vraiment dispensateur des saints mystères celui qui distribue aux fidèles les sacrements, les symboles mystérieux et la cause productrice de la grâce.

(1) S. Jean, xv, 15.

(2) Isaiïe, Lu, 7.

(3) 1 Corint., iv, 1.

Comme saint Jean Chrysostome le fait remarquer, ce n'est ni aux anges, ni aux archanges, mais aux prêtres de la nouvelle Loi, que Jésus-Christ a dit: ‘Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel.” À eux seuls il a donné le pouvoir de délier en disant: ‘Les péchés que vous pardonnerez seront pardonnés.”” A eux seuls il a donné le pouvoir de consacrer son corps et son sang et de les distribuer aux fidèles. [l a accordé aux prêtres de la nouvelle Loi de dispenser la grâce de la régénération dans le Baptême, Il leur a confié la solennelle mission de préparer le chrétien mourant à son dernier voyage pour l'éternité: ‘Un homme est-il malade parmi vous, appelez les prêtres de l'Eglise, afin qu'ils prient pour lui et qu'ils l’oignent de l'huile, au nom du Seigneur (1).”

Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, l'éternité au-dessus du temps, l'âme au-dessus du corps; autant

les prérogatives dont sont revêtus les ministres du Seigneur sont élevées au-dessus de celles des potentats terrestres, Un pr'nce de la terre peut jeter en prison ou en retirer, Son pouvoir se borne au corps. Il ne saurait pénétrer dans le sanctuaire de l’âme. Pour le ministre de Dieu, il peut tirer l'âme de la prison du péché, et la rendre à la liberté des enfants de Dieu.

Pour résumer en deux mots les titres du prêtre catholique, il est roi ne régnant pas sur des sujets rebelles, mais sur les cœurs et sur l'affection de son peuple.

Il est pasteur, parce qu’il conduit son troupeau dans les délicieux pâturages des sacrements, et met ses ouailles à l'abri des loups qui tendent des pièges à leurs âmes.

Il est père, parce qu'il rompt le pain de vie à ses enfants spirituels, pain qu’il a produit en Jésus-Christ par l'Evangile (2).

(1) S. Jacques, v, 14.

(2) 1 Corint., 1v, 15.

Il est juge ayant pour mission de porter des sentences de pardon sur les criminels qui s'accusent eux-mêmes. Il'est médecin, parce qu'il guérit les plaies dégoûtantes du péché.

Saint Jean, dans son Apocalypse, nous dépeint l’Eglise sous la figure d'une cité: ‘‘J'ai vu la cité sainte, la ‘ nouvelle Jérusalem descendant du ciel, venant de Dieu, parée comme une épouse ornée pour son mari (1).'’

Notre Sauveur est l'architecte et le fondateur de cette cité céleste, Les apôtres en sont les fondements, les fidèles les pierres vivantes, Les ministres sacrés du Seig'eur sont les ouvriers choisis pour ajuster et polir ces p res, afin qu'elles puissent réfléchir la beauté et la givire du soleil de justice qui illumine sans cesse cette cité. Les prêtres sont tenus d'orner l’intérieur de la Jérusalem céleste en enrichissant de vertus les âmes précieuses confiées à leur charge. ‘Dieu en a fait plusieurs apôtres, d'autres prophètes, d'autres évangélistes, d'autres pasteurs et docteurs pour la perfection des saints, pour l’œuvre du ministère, pour l'édification du corps de Jésus-Christ (2)°° qui est son Eglise. Quel honneur pour les prêtres de la nouvelle loi! Vraiment Dieu ‘‘n’a pas agi ainsi envers toutes les nations et il ne leur a pas manifesté ses jugements (3).'’

Avec quelle plus grande force ne pouvons-nous pas appliquer aux successeurs des apôtres les paroles que Dieu adressait aux prêtres de la loi ancienne : ‘Ecoutez, fils de Lévi, Est-ce donc pour vous une petite chose que le Dieu d'Israël vous ait séparés de tout le peuple, pour vous joindre à lui, afin que vous le serviez dans le àinistère du tabernacle, que vous vous teniez debout 4evant la réunion du peuple pour être ses ministres ?°?

(1) Apocalypse, xx1, 2.

(2) Eph., 1v, 11, 12.

(3) Psaume cxLvn, 20.

Notre Sauveur pose par trois fois avec affection cette question à Pierre; ‘‘Simon, m'’aimes-tu ?’”’ Et par trois fois Pierre lui répond: ‘‘Seigneur, vous savez que je vous aime.” Quelle preuve d'amour Jésus exige-t-il alors de Pierre? Lui dit-il: Si tu m'aimes, châtie ton corps par le jeûne et les macérations, prophétise, fais des miracles, donne ta vie pour moi? Point du tout,. mais ‘‘pais mes agneaux,’’ ‘‘pais mes brebis.” Tel devrait être le lien intime qui unit le dévouement de Pierre à son maître et l’affection du maître à son disciple.

Et notre Sauveur déclare que la récompense de ses disciples sera proportionnée à la dignité de leur ministère. ‘Voilà, dit Pierre, que nous avons tout quitté pour vous suivre. Qu’aurons-nous donc ?”” Et Jésus leur dit : ‘En vérité je vous le dis, vous qui m’avez suivi, dans la régénération de toutes choses, quand le Fils.de l’homme viendra s'asseoir sur le siège de sa majesté, vous vous asseoirez aussi sur douze sièges jugeant les douze tribus d’Israël.”’ Immédiatement après, il ajoute que les dignes successeurs des apôtres participeront à leur félicité: ‘‘Tous ceux qui auront laissé maison, frères, sœurs, père, mère, épouse, enfants ou terres pour l’amour de moi, recevront le centuple et posséderont la vie éternelle (1).”?

Jésus n’ignore pas qu’il en est plusieurs aujourd’hui qui nient le pouvoir spirituel du prêtre, comme si Dieu ne pouvait le communiquer aux hommes. Je conçois que les rationalistes et les athées refusent toute autorité surnaturelle aux ministres de Dieu. Ce que je ne comprends pas, c’est que des chrétiens pratiquants, qui acceptent le témoignage de l’Ecriture, partagent cette incrédulité.

Le Très-Haut n'a-t-il pas, dans un grand nombre d’exemples rapportés dans la sainte Ecriture, pris les hommes comme instruments de son pouvoir ?

(1) S. Matth., x1x, 27-29.

Moïse n’a-t-il pas ‘ait jaillir l’eau du rocher stérile? N'’a-t-il pas converti en sang les fleuve, d'Egypte?

Les prophètes n’ont-ils pas prédit les événements futurs? Le soleil ne s'est-il pas arrêté dans les cieux sur l’ordre de Josué? Le prophète Elisée n’a-t-il pas rendu les morts à la vie? Pourquoi croyons-nous tous ces prodiges? Parce que l’Ecriture les mentionne. La même parole de Dieu ne déclare-t-elle pas que les apôtres ont reçu le pouvoir de conférer le Saint-Esprit par l'imposition des mains, de pardonner les péchés, de consacrer le corps et le sang de Jésus-Christ? etc... Le Nouveau Testament n'est-il pas aussi digne de foi que l’Ancien? Jésus-Christ n’a-t-il pas solennellement promis d’être toujours avec les ministres de son Eglise, ‘‘jusqu’à la consommation du monde,’”’ leur donnant le pouvoir de réitérer ces miracles de miséricorde qui furent opérés par ses premiers disciples? Dieu peut-il être infidèle à ses promesses ?Est-il moins puissant et moins miséricordieux qu’il l’était aux jours des prophètes et des apôtres, et n’avons-nous pas autant besoin de l'Esprit saint que la primitive Eglise? Et si Dieu pouvait alors choisir des hommes pauvres pour en faire les ministres de sa miséricorde, pourquoi ne le pourrait-il pas aujourd’hui ?

Le prêtre peut-il s’estimer plus grand que les autres hommes, parce qu’il exerce une telle autorité? Loin de là, il doit s’humilier bien au-dessous des autres quand il songe à quelles faibles mains Dieu confie un si redoutable pouvoir. Il doit se rappeler ce que notre Sauveur dit aux soixante-douze discinles qui, revenant avec joie de leur première mission, lui disaient bien haut: ‘Seigneur, les démons eux-mêmes nous sont soumis en votre nom.”

Jésus comprima leur vaine gloire en disant : ‘‘J’ai vu Satan semblable au soleil tomber du haut des cieux. Voilà que je vous ai donné tout pouvoir... Ne vous

réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, mais plutôt de ce que vos noms sont inscrits dans le ciel (1). Le prêtre n'ignore pas que ‘‘le plus sévère jugement sera porté contre ceux qui gouvernent (2)’' et que ‘‘ le jugement commencera par la maison de Dieu (3).” Les paroles de l’Apôtre sont présentes à son esprit: ‘“‘Qu'avez-vous que vous n'ayez reçu? Et si vous l'avez reçu, pourquoi vous en réjouissez-vous comme si vous ne l'aviez pas: reçu (4) ?”

Un vaisseau qui est chargé de liqueurs précieuses, peut-il se vanter pour cela d’être supérieur à celui qui ne porte que de l’eau? Le prêtre sait fort bien que les pouvoirs qu'il a reçus de Dieu lui sont donnés non pour satisfaire sa vanité, mais pour enrichir les cœurs des fidèles ; et quoiqu'il soit l'instrument dont Dieu se sert pour montrer aux autres la voie du ciel, il sera réprouvé s'il n’est le premier orné de vertus personnelles ; comme ces prêtres malheureux qui envoyèrent les mages à Bethléem sans v aller eux-mêmes.

‘J'ai planté, dit l’Apôtre, Apollon a arrosé, mais Dieu a donné l’accroissement. Par conséquent celui qui a planté n’est rien, ni celui qui a arrosé, mais Dieu qui a fait croître (5). Nous n’accomplissons que les cérémonies extérieures: Dieu seul administre la grâce.

Les obligations des ministres de Dieu sont proportionnées à leur éminente dignité.

Le prêtre doit être d’un profond savoir et d’une piété solide : “Les lèvres du prêtre garderont la science et les peuples demanderont la loi à sa bouche (6).”’

Comme médecin de l'âme, il doit en connaître les dif-

CPS MEUS ER TS 120; (2) Sagesse, vi, 6.

(3) S:%Pierre, IV, F7:

(4) I Corint., 1v, 7.

(SR Corint, 167 (6) Malachie, 11, 7.

férentes plaies, et savoir quels remèdes il faut appliquer dans les cas particuliers. Si la société rend, à bon droit, le médecin inhabile responsable des fatales conséquences de son inexpérience, assurément Dieu exigera un compte plus rigoureux encore du médecin spirituel qui, par ignorance criminelle, prescrit des remèdes nuisibles aux âmes des malheureux qui sont confiés à sa charge.

Comme juge des âmes, il importe de savoir quand estce qu'il faut lier ou délier, différer ou prononcer la sentence d’absolution. S'il n'y a rien de plus désastreux pour la république qu'un juge incompétent, dont les décisions, quoique renferr: ant la vie et la mort, sont portées au hasard et non selon les exigences du cas; de même rien ne nuit davantage à la communauté chrétienne que le prêtre ignorant don: es décisions injustes mettent en danger le salut des âmes,

Les avocats de nos cours de justice se regardent comme obligés en conscience et par honneur d'étudier le cas de leur client, et de le défendre devant le jury avec toute l’éloquence qu’ils pourront déployer, Cependant les conséquences ne peuvent entraîner qu'un court emprisonnement ou une amende limitée,

Le prêtre, comme Moïse, se tient devant Dieu, afin d'intercéder pour son peuple, et il se tient devant le peuple lui-même pour défendre la cause de Dieu, Car il ne monte pas seulement tous les jours à l'autel dans le dessein de plaider pour le peuple et pour s'écrier avec le prophète : ‘’Epargnez, Seigneur, épargnez votre peuple, et ne livrez pas à l’opprobre votre héritage :'’ mais tous les dimanches il monte en chaire pour réclar:er les droits de Dieu sur ses sujets ; et assurément si tout avuxcat est obligé d'étudier la cause de son client avant de le défendre, quelque légère qu'en soit l'issue, combien plus impérieuse n'est pas pour le prêtre l'obligation de bien étudier la cause dont il a pris la défense, quand il songe

qu’une âme immortelle est en jeu, et qu’il lui faut plaider devant les hommes, parfois les pires ennemis de leurs âmes ? Il doit convaincre le peuple de l’obligation où il est de suivre la voie étroite, que par inclination il abhorre, d'abandonner au contraire la voie large vers laquelle il est entraîné par son amour-propre et par toutes ses passions. La persuasion dans ce cas exige un tact bien rare, non moins que de l’éloquence et du savoir.

Le ministre de la religion a le devoir de défendre les âmes non seulement contre la corruption du cœur, mais encore contre les erreurs doctrinales qui sc . ‘pandent tous les jours dans toutes les directions, et que de faux docteurs prêchent paisiblement, fournissant à leurs auditeurs des arguments très plausibles exprimés dans le langage le plus attrayant. Pour réfuter ces erreurs, il faut souvent une habileté consommée, et une profonde connaissance de l’histoire et de l’Ecriture sainte.

Il n’est pas étonnant que l'Eglise tienne à ce que son clergé soit instruit. Voilà pourquoi nos étudiants ecclésiastiques sont habituellement obligés de consacrer de dix à quatorze années à l’étude approfondie des langues anciennes et modernes, de l’histoire, de la philosophie, et à la grande science de la théologie et de l’Ecriture sainte avant d’être appliqués au saint ministère.

Ïl est vrai que pour faire droit aux demandes sans cesse croissantes de prêtres dans les Etats-Unis, nos évêques ont été jusqu'ici bien des fois contraints d’abréger le cours des études de leurs candidats au ministère. Maintenant que l'Eglise est plus généralement organi- 5e, que les séminaires se sont multipliés parmi nous, ils sont en mesure heureusement de fournir à leurs jeunes lévites le cours complet d’une éducation littéraire «t théologique.

Si le prêtre a besoin d’être éminent par son savoir, il doit encore être nlus remarquable par ses vertus; car il

est appelé à prêcher beaucoup plus par l’exemple que par le précepte. Si, dans la loi ancienne, Dieu faisait ces remontrances à ses prêtres: ‘‘Sanctifiez-vous, vous qui portez les vases du Seigneur (1),’”’ combien plus étroitement la sainteté de vie est prescrite au prêtre du Testament nouveau! Il ne touche pas seulement les vases sacrés, mais il boit le sang précieux du Seigneur.

Par sa pureté, dit saint Jean Chrysostome, elle doit l'emporter sur le rayon de soleil, la main qui divise cette chair, la bouche qui est remplie du feu spirituel, la langue qui est teinte par le sang redoutable d’un Dieu.

Afin d’entretenir en nous l'esprit de piété personnelle, nous sommes certainement avertis par l'Eglise d’être des hommes de prière. Le prêtre doit être comme ces anges que Jacob vit dans une vision, monter au ciel et en descendre sur une échelle mvstique, On s'attend à ce qu'il y monte par la prière et en descende par la prédication. 11 monte au ciel pour recevoir les lumières de Dieu ; il en descend, pour les communiquer à ses auditeurs. Il y monte pour puise- à la fontaine de la grâce; il en descend pour répandre des eaux vives sur les fidèles, afin que leurs cœurs puissent se rafraîchir. Il monte pour allumer son flambeau à la fournaise toujours brûlante du divin amour, et il descend pour communiquer la flamme aux âmes de son peuple.

L'Eglise pense que la prière est si indispensable à son clergé, qu’en dehors des exercices libres de piété que la dévotion privée peut leur suggérer, elle exige de ses prêtres qu’ils consacrent au moins une heure tous les jours à la récitation de l'office divin, qui se compose de psaumes et d’autres parties de l’Ecriture sainte, d’homélies tirées des premiers Pères, et de prières d’une force et d’une onction merveilleuses.

(1) Isaïe, Lu, 11.

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