FOI ET POLITIQUE
Aux politiques et aux sociologues bien disposés qui s'inquiètent des maux de la société et voudraient la guérir, il répète le même divin conseil : la religion, l'Eglise, Jésus- Christ :
“Pour suffire à la tâche, la société a besoin d’un élément divin qui est en elle ce que l’âme est dans le corps de l’homme : c’est la religion, flambeau des esprits, frein des passions, consolations des coeurs. Mais lorsque, en même temps, la religion manque, et toutes les erreurs, toutes les Convoitises, toutes les passions se soulèvent, que peut faire la société ? Appelâtelle à son secours les ressources du despotisme, il n’y en aurait pas pour une génération. S’abandonnâtelle à tous les délires de l’anarchie, elle ne ferait que revenir au despotion pour le quitter encore et pour y rentrer encore, et toujours par un chemin de sang. Rien ne peut remplacer dans les sociétés humaines les consolations, les récompenses, les contraintes infinies de la reli- HO. 0 7
‘ Dites à la société, ajoute-t-il en un autre endroit, qu’elle est dans Île faux et qu’elle y périra Dites-lui que c’est Jésus-Christ qui est Dieu et qu'il n’y a pas d'autre Dieu. Diteslui que c’est Jésus-Christ qui a donmé la loi du sa'ut et qu'il n’y en a pas dautre. Dites-lui que Jésus- Christ est le créateur, le distributeur et l’ordonnateur Ge la liberté, de l'égalité et de la fraternité ; qu'en dehors de Jésus-Christ ces mots cessent d'exprimer des choses vraies et ne sont plus que es passeports fallacieux de l’erreur sang'ante, les lettres de créance de la mort... La croix est toute la politique et la seule politique qui vaincra partout...
‘Il n'y a pas d'autre base de la civilisation que l'Evangile, pas d’autre architecte suprême de l’ordre s0ocial que le Vicaire de Jésus-Christ...
Le Christ est a solution de toutes les difficultés... Ma profession de foi même po'itique, c’est le Credo..
‘* Les hauteurs du monde social ne veulent plus du Christ et sous ieur direction depuis un siècle, une foule immense fait un effort immense pour le Chasser. C’est le temps de dire que le Christ est le légitime roi de la terre ct du cie, qu’il ny a de salut qu'en lui, qu'il faut accroître shon règne ou périr. Oui, doctes ; oui, princes ; oui, hommes d'Etat et honimes d’arnies ! plus d’autre alternative que de grandir et régner par la Croix ou de mourir sous lignoble glaive de ceux que vous n'aurez pas soumis à la croix. Les muiltitudes déshéritées du Christ par votre faute tomberont sur vous et vous châtieront et le châtiment sera la mort.’
Telle est, vue par ses sommets, ia politique ou la sociologie de Louis Veuillot. Elle ressemb'e par avance à cdle de Pie X, qui a dit: Notre politique, c’est la Croix.
C'est aussi à proyvos de questions polit'aues, envisagées de ce point de vue supérieur, du point de vue de la Croix, que Louis Veuillot a écrit en 1872, cette absolue profession d'obéissance au Souverain Pontife, assez souvent revroduite en ces derniers temps, et où on lit Ces phrases presque étonnantes, même écrites par lui :
‘© I1 est imnossible.
que l'Univers ne soit pas d’accord avec le Saint-S'ès:, sur tous les points. Qu'il s'agisse de la république, de l'empire, de la monarchie, de 1 Univers, nous oserions mettre le Saint-Siège au défit de ne pas nous trouver d'accord avec lui.
“Le Saint-Siège étant la seule autorité parfaitement «et de tout point
absolument,
légitime, qui existe aujourd'hui sur la terre, la seulle qui ne veuille et ne puisse enseigner l'erreur et commander le péché, est aussi la seule à qui toute obéissance soit pleinement due, la seule qui assure l’obéissance contre toute inquiétude, tout faux pas et tout regret. Obéissance préventive, obéissance passive, obéissance active. Envers le Saint-Siège, là où l’obéissance religieuse n’est pas exigée, l'obéissance politique est encore ce qu'il y a de plus sage.”