‹ La foi laïqueChapitre 104 sur 111 · Ÿ CR · texte numérisé non relu

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lequel on comptait pour émouvoir les populatio

avec l'idée de voir tous les services publics organis par la nation elle-même, sans l'intervention de Die LE et de ses représentants allitrés. :

Mais si le parti clérical est écrasé dans l ensemble du pays — les élections en font foi — il a conserv quelques citadelles où, avec l'appui intéressé de la 5 réaction monarchique, il continue, contre «€ laïque », ce que Pelletan appelait « la guerre a \ couteau ». En Vendée, en Bretagne, dans quelques …

cilé des traits de aline lan jusqu'à A sauve gerie. Sous le triple effort de la ‘prédication furieuse des missionnaires, des menaces du clergé et de la if pression des grands propriélaires, on à réussi, avec la connivénce de municipalités réactionnaires, à faire régner une sorte de terreur blanche en matièr d'éducalion. Dans cerlains cas on a vu, le jour même où s'ouvrait une école paroissiale, se vider par ordre en un clin d'œil l’école communale en. be

pleine prospérité.

Si limité que soit le fait — il a été attesté par 4 plusieurs ministres à la tribune — nous ne saurions ÿ en prendre notre parti. n'est pas admissible qu sie 3 reste dans ce pays des régions mises en quelque sorte hors la loi par la {vrannie cléricale ou patronale. De tels excès, même à titre local, sont un def |

MR il faut faire tte ces taches es de la carte de France. | Faut-il parler de la campagne de. l'épiscopat ntre l'école laïque, à propos ou sous prétexte des riliques soulevées par les manuels scolaires? L'iniiative prise par les Amicales d'instituteurs a été la eilleure des réponses. EL nous n'avons plus à chercher si la cause eût gagné ou perdu à être prise en main par le gouvernement. Quoi qu'il en : Soit, , c'est un grand fait dans notre histoire admix nistralive que cette défense collective d'un service DT public non par l'État, mais par des associations de fonctionnaires.

Quant aux moyens de défendre l’école laïque, ne détail en est chose secondaire. L'important est de }. nous mettre d'accord sur les principes. Car aujourd'hui nous sommes en présence de deux politiques, entre lesquelles il faut opter.

Celle qui fait le plus de bruit en ce moment et qui a séduit un certain nombre de bons esprits peut se résumer ainsi :

‘4 « L'Église, plus forte que jamais depuis la séparation, parce qu'elle est plus libre, concentre sur “F2 ses œuvres Scolaires et sociales une telle somme d'énergies el de dévoñments disciplinés qu elle ss reconquerra pied à pied le terrain perdu. D'ici peu

l'école libre, lisez cléricale, tiendra tête à l'école publique presque partoul; nous arriverons, plus - vite qu'on ne le croit, à l’état de la Belgique où les deux forces se balancent, ce qui est l’'ajournement . indéfini du triomphe de la laïcité.

« Voulons-nous sérieusement conjurer la défaite qui nous menace? Il n'y a qu'un moyen : que l'État s'empare du monopole de l’enseignement, qu'il ne

permette plus d'autres écoles que les siennes et AE les siènnes il fasse régner non plus la « « ne

veiller et à réprimer fade les pat ts l'Église; qu'il lui interdise sous des peines sév toute attaque de l'école publique, toute ingéren dans nos livres et nos programmes, ainsi que tout fondation d'écoles déguisées, ouvroirs, patronage dE associations de tir, de gymnastique, de préparation militaire, et autres « œuvres de jeunesse » si habi-… lement diversifiées, par lesquelles la propagande cléricale fait infiniment plus de ravages que par les Ress classes où AA tie à ie el écrire.

l'école et Nauitteus »

C'est la « manière forte ». Est-ce la bonne? e

Pour ma part, j'y vois non seulement une illusion grossière, mais l'abandon et le reniement de ce qu'il y a de meilleur dans l'œuvre scolaire de la République. : À

Investir l'État du monopole de l'enseignement, | sans parler des énormes difficultés matérielles et morales où se briserait celle tentalive, c'est revenir æ 4 à une conceplion de l'école infiniment moins démo- 5 cralique, moins raisonnable et moins humaine que celle de nos lois actuelles. D'après ces lois, F instruc- - c lion est un objet d'intérêt public; la nation s ‘en déclare responsable; elle fixe elle-même le minimum des connaissances et des directions morales, intel. lectuelles, civiques, dues à tous les enfants püuisqu'elles seront indispensables à tous les hommes:

elle rend ce minimum légalement obligatoire; enfin elle l'offre à tous gratuitement et libéralement dans des établissements créés et entretenus par elle. Après quoi, elle laisse toute liberté aux familles pour y ajouter tels compléments, tels développe- ments qu'elles croiront pouvoir tirer de leurs conits religieuses, philosophiques, sociologiques. Aux instiluteurs choisis par elles à cet effet, la nation demande d’abord de justifier des aptitudes me et de présenter les garanties exigées du personnel de l'école publique, ensuite d'exercer leur profes- sion dans les conditions fixées par la loi, sous le

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contrôle de l'État chargé dela faire respecter. Se peut-il concevoir une plus heureuse concilia- L tion des droits et des devoirs de l'État avec ceux des parents, avec ceux des ciloyens qui prétendent à l'honneur d'enseigner?

A ce régime d'équité, d'émulation el de progrès nous ne voulons pas laisser substiluer une restauration brutale, ou hypocrite, du régime napoléonien. Nous ,accepterions moins encore dans l'école publique la suppression de la neutralité. Nous conservons littéralement les instructions de Jules Ferry que rappelait naguère très exactement un de ses ” successeurs, M. Poincaré, et qui se résument — | car il faut préciser — dans cette phrase tant de fois … citée:

« Si parfois vous étiez embarrassé pour savoir jusqu'où

il vous est permis d'aller dans votre enseignement moral,

… voici une règle pratique à laquelle vous pourrez vous tenir. Au moment de proposer aux élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait, de bonne foi, reluser son assentiment à ce qu'il vous enten-

js RAP dat dire. Si oui, Sbéténes-vous de‘le dite Si. nc hardiment, car ce que vous allez communiquer à ce. n'est pas votre propre sagesse, c'est la sagesse du humain, c'est une de ces idées d'ordre universel sieurs siècles de RM ont fait entrer dans le

plutôt que de vous exposer à la franchir : vous ne tou he jamais avec trop de NAS à cette chose délicate et la conscience de l'enfant. »

En restant fidèles à ces deux principes — monopole, et pas de violation de la neutrali comment sera-t-il possible de « défendre » l laïque, tout d'abord par voie législative? Ces que j'examinerai dans ma prochaine lettre.

Deuxième Lettre. = 1} FAUT REVENIR AU PROJET

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