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BRIAND : LA DÉFENSE DE L'ÉCOLE, PAR LA DÉFEN

DE L'OBLIGATION SCOLAIRE. 1! LR S s Sans monopole, sans violation de la neutral comment sera-t-il possible de défendre VE laïque? n Commençons par écarter les mauvais moyens les ripostes ab tralo aux fanfaronnades cute liques, les mesures d'exception, les lois de com bat ou les bouts de loi de circonstance répondant coup pour coup aux divers incidents de la lutte. > Ce n'est pas par des moyens de fortune, ni n des improvisalions passionnées qu'un grand pay défend une grande institution. Ce qu'il lui doit, c'est une législation organique dont la force résulte de sa sagesse même el qui, par l'équilibre rationnel

AE # no élé en son temps doive de’ Jules a de Goblet. C'est le succès même de cette e qui, après plus d’un quart de siècle, en rend evision nécessaire 7 le gros œuvre subsiste

Bo MONA même dé l'édifice.

Depuis le vote des grandes lois du 28 mars 1882 du 30 octobre 1886, des devoirs nouveaux nous nl apparus, des difficultés inattendues ont surgi, illusions généreuses ont été dissipées, d'heux exemples venus du dehors, nous ont révélé indispensables perfectionnements. Enfin, certaines nditions de la vie publique, qui semblent d’abord ns liaison avec l'école, ont eu sur elle un contreoup dont il faut tenir compte, par exemple la sépa- “raration de l'Église et de l'État; par exemple, la erté des associations de toutes sortes; par exemple | encore, la transformation du régime des adminis- trations publiques.

Il faut donc récrire en entier notre charte de l'instruction primaire obligatoire.

Nous ne songeons pas à esquisser ici les divers joints sur lesquels portera celte réfection de la loi olaire.

L'idée essentielle de la réforme, c’est de rappeler a conscience publique les droits de l'école comme nstitution nationale et le devoir pour l'État de l’enne lourer de la même protection effective que tous les autres services publics. Il faut donc édicter toutes EUR mesures nécessaires pour que, ni des parents,

par incurie ou par cupidité, ni des tiers quelconques,

obéissant à un mot d'ordre d' ue haineuse ; 2 des groupements politiques, la marche de la démocratie; ni fée ne ecclésiastiques, jaloux de faire prédominer let autorité sur celle du groupement par excellence, qui est la nation, ne puissent tenter impunéme de violer la loi, de l'éluder, de bafouer ses représen- Lants, d'empêcher par la force ou l'intrigue le populations de s'y soumettre. F2 Pour cela, il faut évidemment reconstituer toute la procédure, qui est tombée en désuétude à mesure É que les commissions scolaires municipales ont cessé, de fonctionner; il faut établir divers degrés de. juri-. diction (juge de paix, conseil détartotes tribu-. nal correctionnel), avec leur échelle de pénalités » proportionnées à la nature et à la gravité des délits. e Mais ce chapitre de la répression n’est qu'un des aspects de la réforme. Il y en a au moins deux autres, que nos devanciers avaient sagement envisagés : nous ne pouvons, pas plus qu'eux, les perdre de vue. É D'abord, la société n'a le de de sévir contre les délinquants que si elle leur a rendu possible de se conformer à la loi : le secours aux familles nécessiteuses, l’aide sociale et le subside scolaire à l’enfant sont, en démocratie, une partie intégrante de la loi d'instruction obligatoire. Nous avons misérablement laissé végéler lPadmirable institution qui remonte à Duruy, la Caisse des écoles : c'est une

faute à réparer au plus vite, et un des premiers moyens de défendre l'école laïque.

D'autre part, s'il faut protéger l'instituteur contre des calomnies parfois odieuses, il n'est pas moins nécessaire d'assurer aux familles toutes les facilités el tous les moyens de recours pour faire entendre

leurs observations et, s'il y a lieu, leurs réclamations. Tous les ministres de l'Instruction publique ont, après Jules Ferry, exprimé le désir de voir les parents collaborer à l'œuvre de l’instituteur. L'heure est venue d’instituer, sous une forme à déterminer, ce Conseil de l’école, où pères et mères prendront contact avec les maîtres de leurs enfants, chercheront avec eux les améliorations possibles, ne fût-ce, par exemple, que pour les changements d'horaires destinés à combiner la fréquentation scolaire avec les exigences des travaux de la saison ou de la contrée. Cette large invitation aux parents, ce loyal et cordial appel à leur active participation aux choses de l'école, est sans doute la meilleure manière d'empêcher leur enrégimentation dans ces prétendues « associations de pères de famille », où le père de famille n’a que le droit d'exécuter les ordres du prêtre, sans obtenir même la permission de lire le livre qu'on lui commande d’arracher des mains de son enfant.

Par ces indications, déjà trop longues, quoique si insuffisantes, on voit les avantages que présente une loi organique sur des lois fragmentaires. Supposez que l'on isole une quelconque de ses dispositions, une des mesures pénales par exemple, en l'édictant loute seule, à part, sans y Joindre celles qui, en d’autres chapitres de la loi, lui font contrepoids, qu'arrivera-t-11? La même prescription qui, mise à sa place dans un tout harmonique, se justifiait pleinement, soulèvera des tempêtes et choquera parfois les meilleurs amis de l'école.

C'est ce qui explique l'insuccès des divers textes partiels présentés à la Chambre depuis deux ans. Ils n'ont pu arriver jusqu'à la discussion publique.

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“que, sis court — de | légiférer sur lens d'un mécanisme que sur des rouages détachés.

Il faut dire que nous avions été avertis du dan Un ministre de l’Instruction publique avait indiq la vraie route, à laquelle il nous faut revenir. C\ | M. Briand qui, dès 1907, avait déposé un proje remaniement de la loi organique de l'obligatior Les incidents de l'affaire Morizot appelèrent aille l'attention : on crut sage de courir au plus pré et l'on ne fit rien, parce qu'on ne pouvait rien f

Il n’est pas lrop lard pour rentrer dans la rationnelle. 11 sera même possible de donner à l'avant- -projet de M. Briand une ampleur et une portée qui le feront encore mieux accueillir du Parlement : d'abord en faisant entrer dans la nouvelle loi organique l'obligation de l’enseignement co plémentaire des RE DEAN second cycle de li struction populaire, si admirablement installé e nos voisins de l'Est; ensuite en y ajoutant quelques dispositions demandées ‘par les Amicale d'instiluteurs tendant à mieux régler le contrôle. de: l'Élat sur les écoles privées. |

Troisième lettre.

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