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Pour n'en citer que deux mémorables exemples,
plusieurs d’entre vous, sans doute, se sont déjà
rencontrés, icimême, lors des Expositions de 1867 et de 1878. Mais, quelque libtrale que fût la pensée qui avait provoqué ces réunions, elles ne peuvent être comparées à celle d'aujourd'hui.
Quelle différence, en effet, et comme vous devez sentir vous-mêmes tout ce qu'il y a de nouveau dans le mandat qui vous amène ici!
Vous venez celte fois, non pas sur un appel administratif, mais en vertu du choix de vos collègues, comme l'émanation des conférences cantonales de toute la France. Vous venez, non pour assister aux merveilles d'une Exposilion ou pour recevoir les leçons de professeurs d'élite : il n'y a en ce moment aucune de ces solennités, aucun de ces événements publics qui pourraient donner un à-propos ou un prétexte à ce déplacement de tout un personnel.
Vous venez simplement, après une année de travail, travailler encore, pendant quelques jours de congé, à la cause commune qui vous est chère. Vous venez, après de longues études préparatoires, après plusieurs mois de réflexion, de travaux écrits, d'échange d'idées dans vos conférences, mettre en commun ces idées, discuter ces propositions, manifester, enfin, sur les questions scolaires l'opinion publique du corps enseignant.
N'avais-je pas raison de dire que c'est là un mandat nouveau, et que c’est la première fois qu'on aura vu dans ce pays une assemblée d'instituteurs venus de tous les points de la France, uniquement pour délibérer?
Messieurs, la chose est si neuve qu'elle a pu sembler singulière.