XII NOTE PRÉLIMINAIRE
adaptait. « L'Église, disent-ils, a repris la plenipies de sa liberté d'action : l'État doit reprendre la sienne. On l'attaque : qu'il se défende. Il est inadmissible qu'il impose plus longtemps à ses écoles une attitude 1e se modération, de réserve et de déférence, quand d’autres les attaquent impunément avec la dernière violence. La lutte est engagée entre deux monopoles, celui de
l'Église et celui de l’État. C’est un de trop. Nous
sommes en pleine bataille. Battons-nous, et ne parlons ? pas d’apaisement. »
C'est à ces vues très simples — trop simples — : qu'avaient répondu par avance des documents jet reproduits.
Ils n’ont de valeur que par leurs dates, échelonnées sur plus de trente ans de vie publique. A travers la diversité des temps, on verra bien qu'ils aboutissent tous à la même solution. Et, pour ma part, je larépète aujourd'hui, telle que je l’écrivais avant le premier ministère de Jules Ferry.
Est-ce une concession à l'éternel adversaire. Est-ce un affaiblissement dans l’action militante du parti républicain? C’est simplement — le lecteur en sera témoin — la conception initiale du nouveau régime scolaire
On peut sans doute la déclarer périmée. Mais, du coup, c'est tout le régime que l’on remet en question.
Que prétendrait-on y substituer? A-t-on mieux à nous proposer que l’école laïque telle que l'ont faite les Ferry, les Paul Bert, les Goblet? C’est l'institution à la: . fois la plus hardie et la plus libérale : elle innove profondément, mais elle peut le faire parce que, en s’imposant à la raison de tous, elle ne blesse Îa conscience de personne. C’est une maison d'éducation commune qui a pour premier caractère de n'être pas, de ne pouvoir pas être une école de combat. Par définition, il faut qu'elle soit l’école mutuelle de la tolérance, sous peine de se démentir elle-même.
Elle n'est, elle ne peut être ni la servante ni Fen-