‹ La foi laïqueChapitre 59 sur 111 · Le Temps, 12 septembre · texte numérisé non relu

Le Temps, 12 septembre

fameux débats sur la loi du sacrilège, des paroles plus enflammées que les siennes. Le crime qu'il dénonce aujourd'hui, il a été consommé le jour où l'on a refusé d'inscrire dans la Constitution et dans la loi « les droits de Dieu ». D'illustres orateurs ont démontré alors que l'État français devenait définitivement « l'État athée », le mot revient sans cesse au milieu de leurs cris de douleur et d'indignation, Et ils avaient raison : l'État « n'avait plus de religion » du moment que la loi, qui punit Lous les attentats, ne punissait plus le pire de tous, l'attentat à la majesté divine. Il reniait l'antique conception

qui faisait reposer sur Dieu — el agir au nom de Dieu — l'atttorité publique sous toutes ses formes.

Pendant des siècles, les hommes avaient eu la Justice avec Dieu, celle qui, au début le faisait si tragiquement intervenir pour discerner entre le coupable el l'innocent. Un jour vintoù ils voulurent organiser la justice sans Dieu. Et ils obligèrent le juge à juger par des moyens humains, imparfaits il est vrai, mais supérieurs tout de même au « jugement de Dieu ».

Ils ont voulu ensuile organiser la science sans Dieu, el ils ont essayé d'expliquer tous les phénomènes par un enchaïnement naturel.de causes et d'effets, sans recourir à l'intervention divine.

Is ont voulu organiser l’administration, l'assislance, l'enseignement sans Dieu, ils ont essayé de faire régner l’ordre dans la famille et dans la cité, de secourir les malheureux, d'instruire les enfants, le out au nom de l'humanité, indépendamment des croyances religieuses.

Ainsi s'est constitué de toutes pièces l'État sans Dieu, par la progressive laïcisation de tous les ser-

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