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est parfaitement dans son droit quand il combat cette thèse. Votre regretté collaborateur, mon ami Henry Michel, qui en acceptait la première moitié (la morale indépendante de la religion), en avait combattu la seconde (l'indépendance quant à la métaphysique) avec sa pénétrante finesse.
Mais est-ce une raison pour présenter les libres penseurs en bloc comme les fanatiques d'une religion à rebours qui aurait tous les défauts des autres avec l’inconséquence en plus?
Entre M. Leroy-Beaulieu et nous, la différence est que lui, pour être tout à fait conséquent avec
son système — je suis sûr qu'il ne voudrait pas l'être — serait obligé de déclarer incapables d’être
honnêles gens tous ceux qui ne croient pas en Dieu. Encore faudrait-il, par simple probité intellectuelle, dire au juste à quel Dieu il faut croire.
Tandis que nous, au contraire, nous prétendons qu'on peul croire où ne pas croire au Dieu du catéchisme, à celui du bouddhisme, à celui de Kant ou de Hegel, de Renan ou de Vacherot, sans que la moralité réelle et profonde de l'individu en soit sérieusement affectée.
Metllez que nous nous trompions. Mais de bonne loi, que peut-il résulter de celle proclamation de l'autonomie de la morale? Une intolérance farouche el haineuse, une fureur de parti pris pour ou contre telle doctrine? Ou bien au contraire l'affirmation sereine qua renouvelée Séailles à tous les Congrès de la Libre Pensée : « I] faut qu'on puisse être athée sans passer pour un scélérat, el croire en Dieu sans être traité d'imbécile ».
Veuillez agréer, etc.
F, Buissox.