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L'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE DES RELIGIONS

de l'École des Hautes-Études:; M. Leclerc de Pulligny, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées.

Verra-t-on dans cette démarche une préoccupaüon ou une arrière-pensée de sectaires? Le jour n'est-il pas venu enfin de doter notre pays d’un enseignement qui existe ailleurs et qui à fait ses preuves, l'Histoire générale et comparée des religions.

, À l'appui de celte demande, M. Maurice Vernes donnait ces intéressantes et décisives explications :

« Quelle place, disait-il, sera faite un jour à l’enseignement de la psychologie, de l'histoire et de la philosophie religieuses? L'importance croissante que reconnaissent aux recherches de cet ordre les pays étrangers, Allemagne, Hollande, Angleterre, États-Unis d'Amérique, permet de le présager. La France ne saurait, sous peine d'infériorité, négliger des indications aussi significatives.

« Notre pays possède, depuis 1879, une chaire d'histoire générale de religions au Collège de France. En 1886, a été instituée à la Sorbonne une nouvelle section de l'École des Hautes-Études, dite des Sciences religieuses, où une vingtaine de professeurs étudient, d'après les documents originaux, les religions des peuples non civilisés, de FExtrème- Orient, de l’ancien Mexique, de l'Inde, de l'Égypte, de l'Assyrie-Babylonie, d'Israël el des Sémites, le Judaïsme postbiblique, lislamisme, les religions de la Grèce et de Rome el des populations primitives de l'Europe, la littérature primitive du christianisme, l'histoire de l'Église chrétienne, l'archéologie et le christianisme byzantins, l'histoire des dogmes chrétiens, l'histoire du droit canon. Enfin, en 1906, a été organisé, à la Facullé des lettres de

l'Université de Paris, un enseignement portant sur la Bible hébraïque et l'histoire d'Israël, sur les origines chrétiennes, sur le développement des doctrines et des institutions ecclésiastiques.

« Un même esprit de sévère science et d’'exacte recherche domine ces divers enseignements, d’où toutes préoccupations d'apologétique, — c'est-à-dire de plaidoyer en faveur d'une Église ou confession particulière, — ou de polémique, c'est-à-dire d'atlaque contre la doctrine ou les rites d'une communion distincte, — sont rigoureusement écartées. Tous les faits de cet ordre sont éludiés selon les exigences de la méthode critique appliquée aux documents du passé, à seule fin, selon la belle et pacifique déclaration d'Ernest Renan, de découvrir l'exacte nuance de ce qui esl. »

Mais plus est précieux cet enseignement de science pure el de haute culture générale, plus il est déplorable de songer que, sauf à Paris, nos futurs agrégés d'histoire, de philosophie, de lettres auront pu faire les plus brillantes, les plus complèles études, même dans nos premiers centres universitaires, sans savoir un mot des religions ni de l'ancien monde, ni du monde moderne, ni de l'Inde ou de la Perse antique, ni des peuples chré- Liens de nos jours : catholiques, protestants, grecs.

Il faut bien convenir que ce libre et haut enseignement ne pouvait guère être abordé sans déplaire à l'Eglise tant qu'elle était une institution légale protégée par le Concordat, tant que la critique et la discussion, pouvaient être considérées comme une alleinte aux prérogalives des cultes reconnus.

Mais après la séparalion el par suite même de la laïcité intégrale qui est, désormais, le caractère de

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