L'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE DES RELIGIONS
l'État, n'est-il pas évident que cette lacune doit être comblée? EL par qui le serait-elle, si ce n’est par un enseignement donné dans les Universités avec toutes les garanties de scrupuleuse impartialité que la science porte avec elle ?
Nous comprenons très bien que l'on commence par là. Il faut même, pour le moment, s'en tenir là. L'histoire des religions ne pourra entrer dans les programmes des Lycées, de l'École normale, de l'École primaire supérieure qu'à la condition d’être arrivée à l’état de science positive, solide, sereine el pour ainsi dire indiscutable.
Ce ne sont pas les railleries, les arguments de controverse, de passion antireligieuse qui doivent être portés à l'école. Enfants, adolescents, étudiants, savants, doivent aborder ce chapitre de lhistoire de la civilisation comme ils abordent tous les autres, avec le désir de comprendre le passé, de se mettre à la place des hommes d'autrefois, de revivre leurs émotions, leurs illusions, leurs terreurs, leurs espérances, les erreurs et les demi-vérités par où ils se sont lentement élevés au niveau d'une civilisation plus haute, d'une humanité plus humaine, c’està-dire plus éloignée de l'animalité, plus éclairée par une raison qui domine et réprime les instincts de la brule,
On dit dans les sacristies qu'apprendre ainsi l'histoire des religions, c'est apprendre à ne plus croire à aucune.
Disons plutôt que c'est apprendre à rechercher et à honorer la part de justice, de beauté, de progrès moral et intellectuel qui se trouve au fond de chacune d'elles, si on l’envisage à son rang et à son heure dans l’évolution de l'humanité.
For LAÏQUE. 15
ira
Ce qui sortira de cette étude, ce n'est pas la haine, ce n’est pas le mépris, ce n’est pas l’intolérance, c’est, au contraire, une large sympathie pour les efforts de l'âme humaine, une sorte d’admiralion non superslilieuse, mais respectueuse pour toutes les manifestations de la pensée et de la conscience sans cesse en marche vers un idéal sans cesse grandissant.