‹ La foi laïqueChapitre 9 sur 111 · L'INTUITION MORALE · texte numérisé non relu

L'INTUITION MORALE

fermes ; ici, défendez non votre droit, mais le droit des jeunes générations; préparez-nous, préparezleur un avenir de paix et de progrès : rapprocher les enfants, c'est presque réconcilier les pères, et c'est ce que la France vous demande.

Je conclus, Messieurs, par où j'ai commencé. Le domaine de l'instruction primaire embrasse tout ce qui est intuitif : il va au delà sur certains points, mais il ne peut rester en deçà. Permettez-moi de revendiquer pour l'enseignement du peuple, cette parole du poète latin que ces voûtes ont maintes fois entendues : « Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m'est étranger ». On a souvent appliqué cette maxime au grand enseignement universitaire; Je l’applique à l'enseignement primaire : lui aussi doit développer l'homme tout entier. Il n’a pas à sa disposition les longues années et la précieuse discipline des études classiques, mais il a du moins, et cela peut suffire, les instincts que la nature donne à tout homme, la lumière du bon sens, les forces natives el spontanées du cœur et de l'intelligence, enfin cette vive intuition du vrai, du beau, du bien dans tous les ordres, qui est, entre nous tous, le Utre de parenté le plus indéniable.

Si l'instruction primaire sait faire usage de ces ressorts naturels et puissants ; si elle est‘une éducation, et non pas seulement un apprentissage; si, prenant chacune de nos facultés intellectuelles et morales, elles nous les rend toutes meilleures, plus droites et plus fortes, il n'y a plus entre linstruction populaire et l'instruction classique différence de nature, mais seulement différence de degré. L'une s'arrête plus tôt que l’autre, mais toutes deux

CE A en A GC à

10 LA. FOI es

hommes. C'est par la, M ne que méme no humbles études primaires se rattachent à l'Université; c'est par là qu'elles en recueillent les vieilles et précieuses traditions, Sachez vous les approprier, soyez-en les dignes hériliers. EL ce que Bossuet et: Fénelon croyaient à peine possible pour l'éducation d'un prince, faites-le pour l'éducation d'un peuple. J'ai fini, Messieurs. Je n'ai voulu, au fond, que : vous recommander une chose bien simple, et, sur laquelle nous devons être d'accord. Dans tout votre enseignement, à toute heure, et jusque dans les heures de défaillance, dont on ne peut pas toujours se défendre, ayez foi dans la nature humaine. Ayez foi dans l'enfant, dans ses facullés, dans son bon vouloir, dans {ous ses bons instincts que vous avez à développer. EL puis, ayez foi dans cette forme particulière de la nature humaine, qui s'appelle le caractère et l'esprit français. Respectueux pour le passé, reconnaissants pour la longue suite d'ancêtres qui nous ont frayé la voie, curieux de ce qui se dit et de ce qui se fait de bon autour de nous, soyons avant tout et résolument les hommes! de notre temps et de notre pays. Quant à l'avenir, je n'ai qu'un mot à en dire : Confiance, Messieurs, oui, confiance dans les destinées de notre patrie, parce que c’est la France, et de notre gouvernement, parce que c’est la République!

ET ee RS

she SEE

Re Er La TÉL à de te

Se

Page 1