‹ La foi laïqueChapitre 91 sur 111 · Le Rappel, 14 février · texte numérisé non relu

Le Rappel, 14 février

sial quelconque, plus souvent autographié qu'imprimé, lance un « fait divers » où, sans désigner personne, on raconte un nouveau trait de perséculion locale, encore une violation de la neutralité, encore un méfait de quelque « Aliboron » {car la lourde injure de M. Barrès a fait fortune au delà du gré de l’auteur, et c’est sa punition). Cette « information » anonyme passe inaperçue : on en jase dans les villages où l’on a reconnu lallusion. Quelque temps après, elle est reproduite dans /a Croix de la région ou dans le Peuple du dimanche. Et, au bout de quelques semaines ou de quelques mois, elle prend place dans un de ces relevés de la lutte scolaire que publie cinq ou six fois par an le grave Bullelin de la Sociélé générale d'éducalion.

À ce moment, il est trop tard pour protester : la prescription est acquise. Le fait aussi passe pour acquis. Le voilà classé, enregistré, authentique. Il fail son tour de France. Il va grossir le riche fonds où l'éloquence sacrée puise ses arguments. On n'hésitera pas à en faire usage dans les polémiques, en chaire, à la Lribune. Ainsi naissent les légendes qui fixent bien dans l'esprit des populations l'image saisissante de « l'école du Diable ».

— Qu'y faire?

— Toul simplement couper les ailes à ce vilain oiseau dès son premier vol. Ou mieux, l'écraser dans l'œuf, Prendre exactement le contre-pied de ce que nous faisons jusqu'ici. Au lieu de se taire, parler. Ne plus laisser le champ libre à la calomnie. Se donner la peine de lui barrer le chemin.

C'est impossible.

- Voyons un peu.

Une feuille locale annonce, et un peu après de

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