‹ La foire aux artistesChapitre 10 sur 85 · ENSEMBLE · texte numérisé non relu

ENSEMBLE

Pour nous, joyeux vaudevillistes, Mêlant nos voix à tout ce bruit, Tantôt rentiers, tantôt artistes, Nous chantons le jour et la nuit.

siraudin, entrant. — Bravo, mes enfants, bravo ! Où sont les pipes ?

DELACOUR. — Voilà.

siraudin. — A propos, j'ai rencontré Edouard Martin, il est de la pièce.

delacour. — Mais, sacrebleu ! c'est abusif, nous voilà cinq à présent!

siraudin, avec sévérité. — Et quand nous serions six? quand nous serions vingt? la pièce en serait-elle meilleure? Prenez garde, Delacour; je vous le dis avec calme, sans colère, mais avec l'accent de l'honnête homme : vous faites fausse route, ma vieille !

delacour. — Pourquoi donc cela ?

siraudin. — Pourquoi? Je vais vous le dire :

Air connu.

T'en souviens-tu, qu'en dix-huit cent quarante, Un beau jeune homme arrivait de Bordeaux ? Il n*avait pas dix mille francs de rente, Mais il avait un pal' tôt sur le dos.

Il fut reçu gentiment par Guénée...

Chacun de nous l'aida de sa vertu.

Il fut joué ! c'était sa destinée !

Ah ! Delacour, dis-moi, t'en souviens-tu ?

delacour, essuyant une larme. — Allons, pas de bêtises... Tu sais bien que j'ai bon cœur...

siraudin. — Tu me promets de ne plus attaquer la collaboration?

delacour, levant une main au ciel. — Je le jure.

siraudin. — C'est bien ; n'en parlons plus.

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