DINOCHEAU PEINT PAR LUI-MEME
Dinocheau aîné, surnommé globe, ne se montre que rarement parmi nous. Il s'est réservé le département du rez-de-chaussée.
C'est Edouard Dinocheau, notre Edouard! qui fait les honneurs du premier étage.
Edouard a du génie ; quand il s'agit de pousser à la consommation, il s'élève souvent à la hauteur de l'épopée.
Un soir de ces jours derniers, un client apporte la biographie et la charge de Monselet.
Edouard pousse des cris de joie, il trépigne, il gambade. Tout à coup, il saute sur une chaise.
Que va-t-il faire?
On se regarde, on s'interroge de l'œil.
Edouard plaque Monselet contre la glace, au moyen de quatre pains à cacheter ; puis, se tournant vers le public et avec un geste inspiré :
— Faut l'arroser, messieurs!
Hier, le nom diabolique d'eau de Seltz ne me revenant pas à l'esprit, je fus obligé de recourir à une périphrase :
— Edouard, donnez-moi de votre drogue à Yacide sulfurique.
Dinocheau sans sourciller :
— Une bouteille de Fleury?
— Malheureux ! s'écria Nadar, avec quoi peux-tu faire le Volnay, alors ?