LA MAISON D'OR
eut la gloire d'enfermer dans son sein, c'est-à-dire dans sa cour, la lamazerie du père Dumas. Les bureaux du Mousquetaire se composaient d'une antichambre, d'un corridor et d'une cuisine. L'antichambre avait vue sur la cour; le corridor était éclairé par l'antichambre, et la cuisine par le corridor.
Le personnel était nombreux. Alexandre Dumas traîne
à sa suite une multitude de gens qui, plutôt que de l'abandonner, sont prêts à mourir à ses côtés — pourvu que ce soit de faim.
Cette manière passive de donner sa vie est assez conforme aux mœurs de notre époque. On ne se fait plus tuer pour les gens, mais on meurt encore à leur service...
L'ordonnateur de la copie avait nom Mages, — on n'a jamais pu connaître son prénom. Mages était sans contredit le plus honnête homme de la maison. Il avait été avocat, mais dégoûté dune carrière exercée par Théodore Bac, il s'était laissé séduire par les pompes du théâtre, et — comme dit Arsène Houssaye — il avait chaussé le cothurne.
Il faut croire que Mages avait des cors, car le cothurne lui parut bientôt trop étroit. Il jeta aux orties la cape de Don César et la couche de réglisse d'Othello ; et en attendant une position plus sociale, il faisait le journal du père Dumas, — ce qui prouve que Mages ji'était pas né sous une bonne étoile.
Singulier homme que cet