‹ La foire aux artistesChapitre 51 sur 85 · JOURNAL D'ALEXANDRE DUMAS · texte numérisé non relu

JOURNAL D'ALEXANDRE DUMAS

n ce temps-là, Alexandre Dumas père n'était pas encore Alexandre Dumas seul. Comment et pourquoi l'idée lui vint d'avoir un journal à lui, c'est ce que nous ne pouvons expliquer qu'à moitié. Le désir d'être désagréable à Jules Janin ne pouvait être le seul mobile du grand homme.

La satisfaction d'assouvir de vieilles rancunes, le besoin de se rajeunir par une publicité militante, l'espoir de peser sur les directeurs de théâtre dont l'enthousiasme à son endroit lui paraissait très-refroidi, telles sont, croyons-

nous, les premières raisons qui se présentèrent à l'esprit du gigantesque Dumas. Hâtons-nous d'ajouter qu'il espérait aussi et surtout — gagner beaucoup d'argent avec un journal qui devait chaque jour le servir tout nu au public. — Mon Dieu, oui, tout nu et sans cresson.

Le nombre des combinaisons qu'on essaya, avant de faire paraître le premier numéro du Mousquetaire, est incalculable. Il n'a d'égal que le nombre des tentatives qui plus tard furent faites pour le vendre. Un jour, c'était l'éditeur Jaccottet, une autre fois le libraire Cadot, puis Boulé, puis Delavier qui avaient fait des offres. Pas un banquier, pas un libraire, pas un homme susceptible d'acheter un journal pour son utilité personnelle ou pour ses menus plaisirs, qui n'ait été nommé dans les bureaux affamés du Mousquetaire, — pas un, depuis Millaud jusqu'à Privât d'Anglemont, depuis Mirés et Solar jusqu'à Guichardet.

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